Dans un nouveau rapport, Amnesty International a annoncé que les autorités iraniennes ont exécuté plus de mille personnes au cours des neuf premiers mois de 2025. Ce chiffre représente le nombre le plus élevé d’exécutions en une année au cours des quinze dernières années.
Cette organisation internationale a appelé à « l’arrêt immédiat de toutes les exécutions, à l’annulation des peines de mort et à l’instauration d’une suspension officielle de la peine capitale en vue de son abolition totale », exhortant les autres gouvernements à presser Téhéran d’arrêter les exécutions prévues.
Le rapport souligne qu’depuis les manifestations de 2022, les autorités iraniennes ont de plus en plus recours aux exécutions pour réprimer la dissidence et les manifestations.
L’organisation Iran Human Rights avait précédemment indiqué avoir recensé mille exécutions en Iran au cours des neuf premiers mois de l’année.
Ces statistiques montrent que le nombre d’exécutions a atteint son niveau le plus élevé depuis trente ans et est sur le point de battre un nouveau record.
Amnesty International a également écrit dans son rapport qu’en 2025, parallèlement aux frappes militaires israéliennes contre le régime iranien et à la montée des tensions régionales, les exécutions pour « motifs de sécurité » se sont intensifiées en Iran.
L’organisation a averti que les victimes de cette tendance comprennent des dissidents politiques, des minorités ethniques (notamment des Afghans, des Baloutches et des Kurdes), des manifestants et des prisonniers condamnés pour trafic de drogue.
Le rapport cite le cas de l’exécution de Babak Shahbazi en septembre dernier et accuse les tribunaux révolutionnaires de « mener des procès inéquitables et de prononcer des peines sévères sans respecter les droits des accusés ».
Amnesty International a également noté que deux femmes kurdes, Pakhshan Azizi et Verisheh Moradi, risquent d’être exécutées, tandis que le nombre d’Afghans exécutés en Iran a augmenté de façon alarmante ces deux dernières années.
Le rapport souligne également la recrudescence des exécutions liées à la drogue, en violation des normes internationales.
Iran Human Rights a indiqué dans son rapport que 50 % des personnes exécutées au cours des neuf premiers mois de l’année avaient été condamnées à mort pour « trafic de drogue » et 43 % pour « meurtre prémédité ». Amnesty International a également souligné qu’après les récentes tensions entre le régime iranien et Israël, des responsables, tels que Gholamhossein Mohseni Ejei, le chef du pouvoir judiciaire iranien, ont appelé à accélérer les procès et à exécuter les personnes accusées de collaboration avec des « États hostiles ». Parallèlement, le parlement a adopté un projet de loi visant à élargir le champ d’application de la peine de mort.
Amnesty International a conclu en soulignant que la peine de mort, en toutes circonstances, constitue une violation flagrante du droit à la vie et un châtiment cruel et inhumain, et a exhorté la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre fin immédiatement à cette pratique.
Ces derniers mois, l’augmentation des exécutions et la prononciation et la confirmation de peines de mort pour des prisonniers politiques en Iran ont suscité une vague de protestations tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
À l’heure actuelle, outre les prisonniers ordinaires pendus quotidiennement dans les prisons iraniennes, environ 70 détenus à travers le pays risquent d’être exécutés ou de voir leur peine de mort confirmée pour des motifs politiques, tandis que plus de 100 autres risquent d’être condamnés à mort pour des motifs similaires.

