Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), met en garde depuis des années contre l’enrichissement massif d’uranium pratiqué par l’Iran à des concentrations proches du seuil nécessaire à la fabrication d’une arme nucléaire.
Dans une déclaration accordée au quotidien suisse Le Temps le mercredi 22 octobre, M. Grossi a indiqué que le régime iranien possède toujours de l’uranium enrichi, dont environ 400 kilogrammes enrichis à 60 %, une concentration légèrement inférieure au niveau requis pour la fabrication d’armes nucléaires. Il a ajouté que si cette tendance se poursuit, l’Iran disposera de suffisamment de matière pour fabriquer une dizaine de bombes nucléaires.
Réaction d’Araqchi aux propos de Grossi
Abbas Araqchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, a immédiatement réagi aux propos de Grossi, déclarant : « J’ignore s’il a tenu ces propos par souci de transparence ou par menace, mais ceux qui profèrent de telles menaces doivent savoir que répéter une expérience qui s’est soldée par un échec ne peut mener qu’à un nouvel échec.»
Dans son interview, Grossi a également affirmé qu’en cas d’échec de la diplomatie, la force serait de nouveau employée. Ses déclarations n’ont pas été sans réponse de la part des responsables du régime iranien. Ebrahim Azizi, président de la Commission nationale de sécurité, a répliqué : « Si Grossi avait respecté les principes professionnels et techniques, la guerre n’aurait pas éclaté.»
Azizi a qualifié Grossi d’« agent » de la guerre de douze jours entre l’Iran et Israël et a ajouté : « Il se préoccupe désormais de la diplomatie.»
Les déclarations de Grossi concernant l’uranium enrichi iranien sont intervenues après que l’Iran a suspendu sa coopération avec les inspecteurs de l’AIEA. Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a déclaré que si l’AIEA souhaite mener des inspections, elle doit soumettre une demande formelle pour examen.
Suite à ces événements, l’Institut pour la science et la sécurité internationale (ISIS), basé à Washington, a publié de nouvelles images satellites indiquant que des travaux de reconstruction ont commencé sur l’ancien site de l’installation « Taleqan-2 », détruite lors d’une frappe israélienne.
Ces données suggèrent que le programme nucléaire iranien a atteint un stade critique et dangereux.
Si le régime iranien persiste dans sa voie vers l’arme nucléaire et parvient à porter le niveau d’enrichissement à 90 %, la production d’une arme nucléaire deviendra possible.
À ce jour, l’AIEA ignore si les 400 kilogrammes d’uranium enrichi ont été enfouis après le bombardement ou déplacés ailleurs. Le régime iranien craint que ces informations ne soient transmises aux États-Unis et à Israël afin que ces sites précis soient ciblés lors de prochaines frappes.
Le régime iranien se trouve actuellement à la croisée des chemins, entre « capitulation » et « résistance », et tente de résister autant que possible dans l’espoir de trouver une issue à cette crise sans sa chute.
Il convient de noter que le monde ignorait l’existence du programme nucléaire iranien. En 2003, le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), principal groupe d’opposition du pays, a fourni ces informations aux organisations internationales afin d’empêcher le régime de se doter de l’arme atomique.
Si le régime iranien dispose de suffisamment de temps, il peut réactiver son programme nucléaire, auparavant détruit ou mis en sommeil.
Selon les experts, pour convertir ces 400 kilogrammes en uranium enrichi à 90 %, le régime iranien devrait posséder secrètement plusieurs milliers de centrifugeuses – et il a démontré en être capable.
Reconstruire les sites nucléaires et rétablir la capacité de production de plusieurs milliers de centrifugeuses est possible, mais prend du temps, car nombre d’entre elles ont été détruites ou rendues inutilisables et doivent être reconstruites et réinstallées.
On ignore le sort des 400 kilogrammes d’uranium enrichi. Le régime iranien pourrait chercher à poursuivre son programme nucléaire, mettant ainsi en danger la vie du peuple iranien. Selon des experts nationaux, ce programme a déjà coûté environ 2 000 milliards de dollars, directement ou indirectement (en raison des sanctions internationales). Toutefois, le régime iranien, pour qui la survie dépend de la possession de l’arme nucléaire, n’abandonnera pas ce projet.

