Le rapport annuel de Reporters sans frontières (RSF) révèle que l’Iran, avec vingt et un journalistes emprisonnés et un disparu, figure parmi les pays comptant le plus grand nombre de journalistes incarcérés.
Après la Chine, la Russie et le Myanmar – qui arrivent en tête de liste des pays comptant le plus de journalistes emprisonnés –, on trouve ensuite le Bélarus, le Vietnam, l’Azerbaïdjan, l’Iran, l’Égypte, Israël et l’Arabie saoudite.
Thibaut Bruttin, directeur général de Reporters sans frontières, a déclaré mardi 9 décembre que les crimes commis contre les journalistes sont dus à l’impunité des gouvernements.
Il a ajouté que l’incapacité des organisations internationales à garantir la protection des journalistes dans les conflits armés résulte d’un déclin global du courage des gouvernements à mettre en œuvre les politiques de protection publique nécessaires.
Le nouveau rapport de RSF comprend des sections distinctes consacrées aux journalistes travaillant dans des zones de guerre, notamment en Russie, en Ukraine, au Soudan et en Syrie.
L’organisation alerte sur le fait que ces environnements sont devenus de plus en plus meurtriers.
Selon le rapport, environ 43 % des journalistes tués au cours des douze derniers mois ont perdu la vie à Gaza sous les balles des forces armées israéliennes.
Le rapport souligne qu’en Ukraine, l’armée russe continue de cibler les journalistes, qu’ils soient étrangers ou ukrainiens.
Le Soudan est également décrit comme l’une des zones de guerre les plus meurtrières pour les professionnels des médias.
Journalistes exilés
RSF classe l’Iran parmi les dix pays comptant le plus grand nombre de journalistes exilés. L’Afghanistan, la Russie, le Soudan, le Bélarus, le Myanmar, le Salvador et le Kirghizistan figurent également sur cette liste, l’Iran se classant quatrième.
Le rapport indique que sur plus de quarante médias soutenus par le bureau d’assistance de RSF au cours des douze derniers mois, dix-neuf appartiennent à des rédactions originaires d’Afghanistan, de Russie, du Soudan, d’Iran, du Bélarus, du Myanmar, du Salvador et du Kirghizistan, qui continuent toutes d’opérer en exil.
Plus de la moitié des journalistes ayant sollicité l’aide d’urgence de RSF en 2025 provenaient de quarante-quatre pays différents et ont été contraints de fuir leur pays.
RSF a appelé à des sanctions ciblées contre les responsables et les institutions chargées de surveiller, de réprimer et d’arrêter les journalistes.
Situation des journalistes en Iran
Suite aux manifestations nationales de 2022 en Iran – connues internationalement sous le nom de soulèvement de Mahsa Amini – la répression des médias s’est considérablement intensifiée.
La répression sociale et l’imposition de restrictions drastiques aux journalistes – en particulier après la guerre de douze jours – persistent, sans aucun signe d’apaisement ni d’ouverture de l’espace médiatique.
Des experts de l’ONU ont exhorté le régime iranien à mettre fin à la répression post-cessez-le-feu et ont averti que l’après-guerre ne devait pas servir de prétexte pour faire taire la dissidence et intensifier la répression.
Au cours de l’année écoulée, suite à des événements tels que l’explosion du port de Rajaei, la guerre de douze jours et l’activation du mécanisme de révocation automatique des sanctions contre le régime iranien, de nombreux journalistes ont été interrogés par divers organismes de sécurité — notamment le ministère du Renseignement et l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique — au sujet de contenus publiés sur les réseaux sociaux.

