Les critiques des syndicats et des organisations professionnelles s’intensifient face à la proposition d’une augmentation de 20 % des salaires des fonctionnaires et retraités dans le projet de loi de finances de l’année prochaine. Cette hausse est jugée dérisoire et insultante, et le gouvernement cherche ainsi à financer le budget en ponctionnant les revenus et les moyens de subsistance de la population.
Dans le budget 2026, le principal fardeau du financement est transféré de l’État à la société civile. Le gouvernement entend en réalité compenser son déficit budgétaire en accentuant la pression sur la population, et notamment sur les salariés.
Alors que l’augmentation des salaires des fonctionnaires est estimée à environ 20 %, tandis que le taux d’inflation réel du pays avoisine les 50 %, la conséquence est sans appel : une forte baisse du pouvoir d’achat, une dégradation des conditions de vie et un appauvrissement accru d’une large partie des 55 millions de personnes qui, selon les chiffres officiels, vivent sous le seuil de pauvreté.
Le Conseil des retraités iraniens, organisme de défense des droits des retraités, a publié un communiqué le jeudi 25 décembre, intitulé « Budget 2026 : un budget fondé sur la recherche de rentes et la répression », dans lequel il affirme que « le gouvernement actuel, à l’instar des précédents, face aux conditions de vie difficiles de la population, a généreusement augmenté les budgets d’institutions improductives, inutiles, répressives et inefficaces, déconnectées de la réalité quotidienne, ce qui ne fait qu’aggraver la pauvreté et la misère.»
Dans ce même communiqué, le Conseil décrit les conséquences du budget 2026 pour la population et les salariés – qualifié de « budget d’austérité et de résistance » par les médias iraniens – comme « la perpétuation de la pauvreté et l’aggravation de la misère ».
Le communiqué indique : « Bien que les budgets des organisations et institutions militaires, sécuritaires, judiciaires, de propagande religieuse et médiatiques aient été considérablement et généreusement augmentés, toutes les analyses d’experts démontrent qu’au cours des dernières décennies, l’inflation en Iran, face aux déficits budgétaires, a toujours été déclenchée par des chocs sur les prix des produits de première nécessité, et le budget 2026 ne fait pas exception. »
Le Conseil des retraités a également critiqué le gouvernement de Massoud Pezeshkian, l’actuel président du régime iranien, pour avoir « prévu de financer la majeure partie de ses dépenses budgétaires pour l’année prochaine par des hausses d’impôts, une dévaluation des salaires et une ponction sur le pouvoir d’achat des citoyens. »
Le salaire minimum des retraités et des bénéficiaires de pensions a été fixé à 14 millions 40 000 tomans, soit 140 millions 400 000 rials (environ 104 dollars), et celui des fonctionnaires à 15 millions 600 000 tomans, soit 156 millions de rials (environ 116 dollars) ; des montants qui, dans un contexte de forte inflation et de hausse rapide du coût de la vie, sont pratiquement insuffisants pour couvrir les besoins essentiels.
Le projet de loi de finances 2026 alloue des sommes astronomiques à des institutions sans lien direct avec l’économie ou le quotidien des citoyens.
La situation financière des retraités est si catastrophique que certains sont contraints de vendre leurs biens pour financer leurs médicaments et leurs soins médicaux.
Le 23 décembre dernier, le Syndicat des travailleurs libres d’Iran avait déjà alerté sur le risque d’une inflation galopante, d’une pauvreté et d’une misère inimaginables l’année prochaine, appelant à des grèves et des manifestations nationales pour mettre fin à ce chaos.
L’Association des enseignants iraniens a également critiqué la décision du gouvernement d’augmenter de 20 % les salaires des employés et des salariés dans le budget de l’année prochaine, soulignant que cette hausse, alors que le taux d’inflation réel est bien supérieur, constitue une mesure manifestement injuste et contraire aux lois promulguées par le régime.
Selon le projet de loi de finances présenté au Parlement, le budget total alloué à la Radio-Télévision de la République islamique d’Iran (IRIB), organisme public de radiodiffusion et de télévision, a été porté à 35 500 milliards de tomans, soit 355 000 milliards de rials (environ 263 millions de dollars). Ce budget, en hausse de plus de 20 %, atteint 35 500 milliards de tomans, tandis que celui de cet organe de propagande du régime iranien s’élevait cette année à environ 29 000 milliards de tomans, soit 290 000 milliards de rials (environ 215 millions de dollars).

Par ailleurs, selon Tejarat News, un site d’information spécialisé dans les questions économiques, le budget de l’année prochaine alloué aux institutions culturelles, de propagande et terroristes du régime iranien – telles que le Centre des services des séminaires, le Conseil suprême des séminaires, l’Université internationale Al-Mustafa et le Conseil de planification des séminaires du Khorasan – a atteint environ 27 000 milliards de tomans, soit 270 000 milliards de rials (environ 200 millions de dollars).
Un journaliste a écrit sur la plateforme de médias sociaux X que, tandis que les salaires des employés et des retraités n’ont augmenté que de 144 % au cours des cinq dernières années, le budget de l’Organisation de la propagande islamique, un organe de propagande religieuse d’État, a explosé de 975 %, ce qui signifie que la fonction de cette organisation est d’organiser les marches et les manifestations du régime.
À l’inverse, le gouvernement perçoit des impôts auprès de secteurs transparents, traçables et dépourvus de pouvoir de négociation politique : les salariés et la classe moyenne.

