Les réactions virulentes et menaçantes des responsables du régime iranien montrent que l’inscription du CGRI, puissante force militaro-sécuritaire du régime, sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne a profondément irrité ce dernier.
Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire iranien, a qualifié d’« hostile » la décision de l’Union européenne de désigner le CGRI comme organisation terroriste et a averti qu’elle « ne resterait pas sans réponse ».
Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères du régime iranien, a également écrit sur X que « l’Europe attise les tensions ».
Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, a annoncé le jeudi 29 janvier, à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles, que le CGRI avait été officiellement inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne.
L’Union européenne a donc classé le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) au même titre que des groupes comme Daech, Al-Qaïda et le Hamas. La question principale est désormais de savoir pourquoi cette décision a été prise en même temps que les menaces de Donald Trump contre le régime iranien, et si cette coïncidence est fortuite.
L’Europe, qui auparavant – notamment durant le premier mandat de Trump – ne s’était pas pleinement alignée sur la Maison-Blanche, se tourne désormais vers une coopération avec la politique de « pression maximale » des États-Unis à l’égard de l’Iran.
Les préoccupations sécuritaires de l’Europe, notamment la menace des missiles et le rôle du régime iranien dans la guerre en Ukraine, via la livraison de drones à la Russie, figurent parmi les principaux facteurs expliquant le durcissement de la position de Bruxelles et la désignation du CGRI comme organisation terroriste.
Si les tensions s’intensifient et que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) est qualifié de groupe terroriste au même titre que l’EI ou Al-Qaïda, les États-Unis auront davantage de latitude pour agir contre l’Iran, et le ralliement de l’Europe pourrait même ouvrir la voie à la formation d’une coalition antiterroriste conjointe contre le CGRI.
En Iran, le CGRI représente une force économique majeure, et l’intensification des pressions extérieures visant à paralyser l’économie du pays pourrait engendrer une hausse des tensions et des conflits internes au sein du pouvoir.
L’objectif ultime de ces pressions est de contraindre le régime iranien à la soumission, mais Ali Khamenei, le guide suprême, n’est ni disposé à reculer ni à capituler, et privilégie avant tout la préservation de son image et de sa position personnelle aux intérêts généraux du système.
L’expérience a également démontré que le régime iranien ne comprend que le langage de la force ; toutefois, la solution pour l’Iran ne réside ni dans une guerre à l’étranger ni dans un accord avec ce régime.
Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a souligné à maintes reprises que la solution ultime réside dans le peuple et sa résistance organisée, qui peuvent apporter la réponse définitive au régime iranien.
Le Conseil national de la Résistance a demandé pour la première fois la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste dans les années 1980, mais à cette époque, une telle liste n’existait pas sous cette forme.
« Identifier les réseaux d’infiltration du CGRI au niveau international »
L’inscription du CGRI sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne n’est pas une mesure symbolique ; elle instaure un changement fondamental dans le cadre juridique applicable à cette entité et à ses réseaux affiliés et démontre que le CGRI représente non seulement une menace pour le peuple iranien, mais aussi un danger direct pour la sécurité de l’Europe.
Jusqu’à présent, les actions de l’Union européenne se limitaient principalement à des sanctions relatives aux droits de l’homme, telles que des interdictions de voyager ou des gels d’avoirs, mais ces mesures ne permettaient pas de poursuivre pénalement les réseaux liés au CGRI.
Désormais, toute personne, entité ou réseau coopérant avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), ainsi que toute activité économique, financière, médiatique ou logistique qui lui est associée, pourra faire l’objet de poursuites pénales directes, au même titre que des groupes tels que Daech ou le Hamas.
« La prochaine étape pourrait être la fermeture des ambassades iraniennes. »
Le Parlement européen a souligné que tout diplomate abusant de son immunité diplomatique pour des actes de violence ou de propagande extrémiste doit se voir retirer son immunité et être expulsé. On s’attend à un renforcement du contrôle des centres suspects et à l’expulsion des diplomates liés aux institutions de sécurité.
La désignation du CGRI comme organisation terroriste ne constitue pas une fin en soi, mais le point de départ d’une nouvelle voie juridique et politique susceptible d’aboutir à la poursuite des réseaux financiers et de façade du CGRI, à la fermeture des entités affiliées et à la prévention de l’exploitation des structures européennes par les agents du régime iranien.

