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Les prix des véhicules iraniens bondissent de 50 % en moins d’un an

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La suspension de la cotation d’Iran Khodro (constructeur automobile iranien public) en bourse, coïncidant avec une hausse moyenne de 50 % des prix des voitures neuves, a exacerbé les tensions entre les constructeurs et le gouvernement concernant le contrôle des prix et a plongé un marché déjà stagnant dans une nouvelle période de turbulences.

L’analyse de l’évolution des prix des véhicules neufs entre mars 2025 et février 2026 révèle que la tendance haussière observée durant cette période a entraîné une augmentation d’environ 50 % du prix d’une part importante des voitures produites localement. Cette hausse, dans un contexte de stagnation du marché, soulève de sérieuses questions quant à sa justification économique et ses conséquences sociales.

Face à cette situation, le ministère de l’Industrie, des Mines et du Commerce a finalement ordonné la suspension de l’application des derniers tarifs annoncés pour les produits Iran Khodro. Jamshid Imani, directeur général adjoint d’Iran Khodro, a averti lors d’une émission d’information le samedi 31 janvier 2026 que si les nouveaux prix n’étaient pas approuvés, la production de l’entreprise serait interrompue. Ces propos témoignent clairement d’un fossé grandissant entre les décideurs politiques et les producteurs.

Selon certains experts, ces tensions et cette incertitude politique pourraient entraîner une nouvelle hausse des prix des voitures de fabrication nationale sur le marché libre. Ce phénomène s’est déjà produit lors de fortes fluctuations du dollar, faisant grimper le prix de certains modèles Iran Khodro et SAIPA de milieu de gamme à plus de 10 milliards de rials (environ 6 250 dollars).

Une hausse de 50 % des prix des voitures nationales dans un marché stagnant

Cette tendance à la hausse ne se limite pas à Iran Khodro. SAIPA, autre grand constructeur automobile public iranien, a également augmenté les prix de ses produits à plusieurs reprises au cours des onze derniers mois.

Il semblerait qu’une augmentation moyenne de 50 % n’ait pas suffi à satisfaire les dirigeants des deux plus grands constructeurs automobiles du pays. Parallèlement, les prix des produits de Modiran Khodro ont également connu des hausses significatives, sous l’effet des difficultés rencontrées par Iran Khodro et SAIPA.

Compenser les pertes accumulées : hausses de prix ou impasse politique ?

Les constructeurs automobiles nationaux invoquent systématiquement la hausse des coûts de production – notamment le prix plus élevé des pièces importées en raison des fluctuations monétaires – comme principale raison de leurs demandes d’augmentation de prix. Les dirigeants de ces entreprises estiment que la libéralisation des prix et la levée du contrôle des prix par le gouvernement sont les seuls moyens de sortir Iran Khodro et SAIPA de la crise financière et de l’accumulation des pertes.

À l’inverse, les experts soulignent que le cœur de la crise réside non seulement dans les coûts de production, mais aussi dans la structure monopolistique du marché et la persistance des pertes accumulées. Selon eux, si le gouvernement libéralisait de manière décisive les importations automobiles, même temporairement, les niveaux de prix actuels – compte tenu de la qualité et du service après-vente des produits nationaux, jugés par les critiques insuffisants pour satisfaire pleinement les consommateurs – ne seraient pas viables, et les hausses excessives dans un contexte de stagnation cesseraient.

La flambée des cours sur les marchés des changes et de l’or a également alimenté la stagnation actuelle du marché automobile. Une perception moins axée sur l’investissement dans l’automobile par rapport aux années précédentes, une préférence croissante des consommateurs pour les véhicules d’occasion et le transfert d’une partie des liquidités du marché automobile vers les marchés des changes et de l’or ont accentué les inquiétudes des constructeurs automobiles face à l’augmentation des pertes.

Cependant, persister dans une politique d’augmentation continue des prix officiels – au lieu de tenter d’attirer les clients par des ajustements de prix et des améliorations de la qualité – apparaît moins comme une solution que comme un entêtement à un modèle de gestion des pertes inefficace, susceptible d’aggraver la stagnation et d’éroder davantage la confiance du public dans l’industrie automobile.

Parallèlement, certains analystes estiment que la décision du gouvernement de libéraliser les importations automobiles, conjuguée à la suppression des taux de change préférentiels, a exposé les constructeurs automobiles à des pertes encore plus importantes. Dans cette perspective, le maintien des prix d’ingénierie à travers des hausses officielles répétées peut être perçu comme une réponse conflictuelle aux politiques gouvernementales – une réponse qui a déjà contribué à une volatilité accrue du marché.

Les prix des véhicules iraniens bondissent de 50 % en moins d'un anLes fluctuations de prix, dans un contexte de forte baisse de la demande, ont mis en lumière le rôle des réseaux de courtiers et l’alignement d’une partie du marché informel avec les dirigeants des constructeurs automobiles ; cette situation non seulement compromet la stabilité du marché, mais creuse également le fossé entre producteurs, décideurs politiques et consommateurs.

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