Intelligence ReportsTerrorismeLe régime iranien reconstitue le cercle de sécurité autour...

Le régime iranien reconstitue le cercle de sécurité autour de Mojtaba Khamenei avec une nouvelle figure sécuritaire

-

Le retour de Hossein Taeb au sein des structures de sécurité du régime iranien, à un moment où les rapports de force au sommet de l’État ont évolué, a attiré l’attention des observateurs politiques et sécuritaires. Taeb est une figure de longue date de l’appareil de renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI). Au cours des quatre dernières décennies, il a été impliqué dans certains des dossiers sécuritaires les plus marquants du régime iranien.

Sa position au sein du réseau de sécurité proche du bureau d’Ali Khamenei, ses liens de longue date avec Mojtaba Khamenei et son expérience dans la gestion d’institutions sécuritaires soulèvent une question : Téhéran est-il en train de reconstituer un ancien cercle de sécurité autour d’un nouveau centre de pouvoir ?

Hossein Taeb et l’histoire d’un réseau de sécurité
Hossein Taeb est une figure dont la carrière remonte à la guerre Iran-Irak. Ses liens avec le CGRI, la force paramilitaire des Bassidji et les institutions de renseignement se sont noués durant ces années avant de s’étendre par la suite. Taeb a pris le commandement des Bassidji avant d’occuper le poste de chef adjoint du renseignement du CGRI. Il a ensuite dirigé l’Organisation du renseignement du CGRI, devenue par la suite l’une des institutions sécuritaires répressives les plus importantes du régime iranien.

L’Organisation du renseignement du CGRI a joué un rôle majeur dans des dossiers d’ordre politique, sécuritaire et social. La confrontation avec les opposants politiques, les militants de la société civile et les manifestants a également marqué l’action de cette institution ces dernières années. Le nom de Taeb est régulièrement revenu lors de diverses vagues de contestation. Ses opposants et ses détracteurs le considèrent comme l’un des principaux architectes de la politique sécuritaire du régime iranien.

Mahmoud Ahmadinejad, ancien président du régime iranien, avait lui aussi exprimé son opposition à la nomination de Taeb à la tête du renseignement du CGRI, déclarant : « Je m’étais opposé à ce que M. Taeb prenne la tête du renseignement du CGRI lorsque j’étais président. J’avais dit qu’il manquait d’équilibre ; tout le monde le sait. Tout le monde sait ce qu’il a fait. Son travail consiste essentiellement à fabriquer des dossiers de toutes pièces. »

Pourquoi le retour de Taeb est significatif
Hossein Taeb avait été écarté de la tête de l’Organisation du renseignement du CGRI en 2022. Ce changement faisait suite à une série de revers sécuritaires et à des informations faisant état d’infiltrations au sein des structures de renseignement. Son retour, dans ce nouveau contexte, revêt une signification différente. En tant que figure chevronnée de l’appareil sécuritaire, il dispose d’un vaste réseau de relations au sein de la structure du pouvoir. Un tel individu peut s’avérer particulièrement précieux pour tout centre de pouvoir confronté à une crise sécuritaire.

L’enjeu principal réside dans la place qu’occupe Hossein Taeb au sein du réseau de pouvoir. Il a passé des années à œuvrer dans les structures de renseignement et a noué des liens avec certaines composantes du CGRI (Corps des gardiens de la révolution islamique), du Bassidj et du bureau du Guide suprême.

La relation entre Taeb et Mojtaba Khamenei
Divers rapports et témoignages ont été publiés concernant la relation entre Hossein Taeb et Mojtaba Khamenei. Une partie de cette relation trouve son origine dans leur engagement commun au sein de la structure du CGRI. Ces dernières années, le nom de Taeb est également apparu, aux côtés d’autres figures de la sécurité, dans les discussions relatives à la future direction du régime iranien.

Un calcul sécuritaire au sommet du pouvoir
D’un point de vue politique et sécuritaire, tout changement majeur au sommet d’un système politique s’accompagne généralement d’une restructuration des institutions de sécurité. Un nouveau centre de pouvoir cherche à placer des personnes de confiance à des postes sensibles. Dans de telles circonstances, l’expérience, la loyauté et les réseaux de relations revêtent une importance capitale. Or, Hossein Taeb réunit ces trois atouts à un degré significatif.

Par conséquent, si son retour s’inscrit dans une tendance plus large, il peut être perçu comme le signe d’efforts visant à résorber les fractures sécuritaires et à renforcer la cohésion au sein du cercle dirigeant. Toutefois, un point essentiel demeure : le pouvoir sécuritaire ne saurait, à lui seul, résoudre une crise de légitimité. Si un appareil de sécurité peut réprimer les contestations pendant un certain temps, il est incapable d’éliminer le mécontentement social.

Le régime iranien reconstitue le cercle de sécurité autour de Mojtaba Khamenei avec une nouvelle figure sécuritaireEn fin de compte, le retour de Taeb pourrait représenter bien plus que la simple réapparition d’un individu ; il pourrait signaler l’importance croissante des réseaux sécuritaires dans la lutte pour l’avenir du pouvoir au sein du régime iranien.

7,062FansJ'aime
1,196SuiveursSuivre
0AbonnésS'abonner

Dernières nouvelles

Attaque de drones du régime iranien contre le bureau du Premier ministre de la région du Kurdistan d’Irak

Masrour Barzani, Premier ministre de la région du Kurdistan d'Irak, a annoncé que son bureau privé et la résidence...

Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz quasi paralysé après des attaques contre des pétroliers

Reuters, citant des données de la société de suivi maritime Kpler, a rapporté que le trafic de navires commerciaux...

Exécution de Shahram Sadeghi, manifestant arrêté lors du soulèvement de janvier en Iran

Le pouvoir judiciaire du régime iranien a annoncé, dans la matinée du dimanche 16 août, l'exécution de Shahram Sadeghi....

Crise des services de santé en Iran : une pénurie de 100 000 infirmiers

La pénurie de 100 000 infirmiers au sein du système de santé iranien est devenue l'une des crises les...

Le quotidien espagnol El Debate : En Iran, une résistance organisée persiste face à la répression du régime en temps de guerre

Dans un rapport analytique publié par le quotidien espagnol *El Debate*, Firouz Mahvi, directeur politique du bureau de Bruxelles...

Un prisonnier politique privé de soins à la prison du Grand Téhéran

L'état de santé physique de Hamid Haj-Jafar Kashani, un prisonnier politique détenu à la prison du Grand Téhéran, suscite...

Doit lire

vous pourriez aussi aimer EN RELATION
Recommandé pour vous