La campagne « des mardis contre les exécutions » entame sa 113e semaine avec une détermination sans faille. Les prisonniers politiques poursuivent leur grève de la faim dans 56 prisons à travers le pays. Dans leur dernier communiqué, les grévistes ont adressé leurs plus chaleureuses félicitations au peuple iranien à l’occasion de Norouz et de l’Aïd el-Fitr. Ils ont rendu un hommage particulier aux familles des martyrs du soulèvement de janvier et à toutes les personnes pendues au cours de l’année écoulée par le régime oppressif des mollahs. Les membres de la campagne ont exprimé leur profond espoir que la nouvelle année aboutisse à la libération du pays et à l’avènement d’un Iran entièrement libéré des chambres de torture et des exécutions arbitraires.
La campagne «
» en Iran entre dans sa 110e semaine.Les prisonniers ont dénoncé les violations flagrantes des droits humains perpétrées par le régime iranien, responsable de l’exécution brutale de plus de 2 650 citoyens à travers le pays au cours des douze derniers mois. Ils ont notamment pointé du doigt le crime odieux commis à la veille de Norouz, lorsque les autorités ont exécuté injustement trois jeunes courageux du soulèvement : Mehdi Ghasemi, Saeed Davoudi et Saleh Mohammadi, dans la ville de Qom. La campagne a souligné que ces pratiques criminelles visent uniquement à semer la terreur au sein de la population, dans une tentative désespérée d’étouffer la résistance intérieure.
Les détenus grévistes ont lancé un appel humanitaire urgent aux Nations Unies et à la communauté internationale, exigeant une réelle pression sur le régime iranien pour qu’il mette fin à cette machine à tuer et protège les droits fondamentaux des prisonniers. Leur déclaration met en garde contre le sort incertain qui attend les manifestants récemment arrêtés et jetés en prison ces derniers mois. Ces personnes subissent les formes de torture les plus brutales, dissimulées aux yeux du monde, et aggravées par une coupure totale d’internet, ce qui les met en danger de mort imminente. La campagne a réitéré sa revendication principale : la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.
Les prisonniers ont également attiré l’attention sur la dégradation de leur situation et la multiplication des menaces qui pèsent sur leur vie dans un climat de guerre et de tensions régionales, aggravées par le refus délibéré de soins médicaux et les graves pénuries alimentaires utilisées comme outil de répression supplémentaire. La déclaration fait référence à la récente tragédie de la prison de Chabahar, où les gardiens ont riposté à balles réelles contre des prisonniers qui protestaient contre la famine et le manque de vivres, faisant des dizaines de victimes. Les grévistes ont précisé que le black-out délibéré du régime en matière de communication était la cause directe du retard de publication des déclarations de la campagne ces deux dernières semaines, révélant une tentative désespérée de les isoler du monde extérieur.
Cette campagne, qui se poursuit, incarne la forme la plus aboutie de résistance interne et une ténacité légendaire, alors que les prisonniers défient hardiment leurs bourreaux, le ventre vide, dans un vaste réseau d’établissements pénitentiaires. Les participants qui poursuivent courageusement cette grève sont détenus dans les prisons suivantes : prison d’Evin (quartiers des femmes et des hommes), prison de Ghezel Hesar (unités 2, 3 et 4), prison centrale de Karaj, prison de Fardis Karaj, prison du Grand Téhéran, prison de Qarchak, prison de Khorin Varamin, prison de Choubindar Qazvin, prison d’Ahar, prison d’Arak, prison de Langaroud Qom, prison de Khorramabad, prison de Borujerd, prison de Yasuj, prison d’Asadabad Ispahan, prison de Dastgerd Ispahan, prison de Sheiban Ahvaz, prison de Sepidar Ahvaz (quartiers des femmes et des hommes), prison de Nezam Shiraz, prison d’Adelabad Shiraz (quartiers des femmes et des hommes), prison de Firouzabad Fars, prison de Dehdasht, prison de Zahedan (quartiers des femmes et des hommes), prison de Borazjan, prison de Ramhormoz, prison de Behbahan, prison de Bam, prison de Yazd (quartiers des femmes et des hommes). Les prisons de Kahnouj, Tabas, Birjand (sections hommes et femmes), Mashhad, Gorgan, Sabzevar, Gonbad-e Kavus, Qaemshahr, Rasht (sections hommes et femmes), Rudsar, Haviq Talesh, Azbaram Lahijan, Dieselabad Kermanshah, Ardabil, Tabriz, Urmia, Salmas, Khoy, Naqadeh, Miandoab, Mahabad, Bukan, Saqqez, Baneh, Marivan, Sanandaj, Kamyaran et Ilam témoignent de leur courage depuis les barreaux. Ce courage prouve au monde entier que la volonté de résistance est plus forte que toutes les chaînes et que le peuple iranien poursuivra sa lutte intérieure jusqu’à la chute totale de la dictature.

