Selon Mizan, l’agence de presse officielle du pouvoir judiciaire iranien, Amirhossein Hatami, arrêté lors des manifestations de janvier 2026, a été exécuté aux premières heures du jeudi 2 avril. L’exécution a eu lieu après son placement à l’isolement à la prison de Ghezel Hesar, alors que plusieurs autres prisonniers politiques avaient déjà été exécutés.
Amirhossein Hatami, ainsi que plusieurs autres prisonniers politiques, avait été placé à l’isolement à la prison de Ghezel Hesar aux premières heures du mardi 31 mars. Mohammd Amin Biglari, Shahin Vahedparast, Abolfazl Salehi Siavoshani et Ali Fahim figuraient parmi les détenus transférés à l’isolement en même temps que Hatami.
Ce transfert est intervenu après l’exécution de quatre prisonniers politiques – Babak Alipour, Pouya Ghabadi, Akbar Daneshvarkar et Mohammad Taghavi – et a exacerbé les craintes d’exécutions supplémentaires. Finalement, aux premières heures du jeudi 2 avril, la peine de mort d’Amirhossein Hatami a été exécutée.
Documents du dossier et aveux extorqués
Transfert de cinq prisonniers politiques à l’isolement à Ghezel Hesar ; risque d’exécutions dans un contexte de guerre et de répression persistante
Selon certaines informations, les documents cités dans l’affaire Amirhossein Hatami étaient entachés de graves ambiguïtés, et certaines parties du dossier avaient été constituées sur la base d’aveux obtenus sous la contrainte lors d’interrogatoires. D’après des sources bien informées, ces aveux ont été extorqués alors que l’accusé était sous la pression, ce qui soulève des doutes quant à leur crédibilité. Sur la base de ces informations, les documents présentés au tribunal étaient également viciés, et certaines preuves ont été contestées.
Ce jeune manifestant rebelle, tout en accusant les dirigeants du régime d’avoir tué des manifestants devant le tribunal, avait déclaré : « J’ai attaqué la base des Bassidj pour me procurer des armes et pouvoir vous combattre. »
Procédure judiciaire et prononcé de la sentence
Selon les informations publiées, le procès d’Amirhossein Hatami s’est déroulé très rapidement, les différentes étapes judiciaires étant très rapprochées. Certains rapports ont qualifié la procédure de précipitée et d’irrégularité.
L’exécution d’Amirhossein Hatami a eu lieu alors que le pays était en guerre et sous bombardements. Plusieurs autres prisonniers politiques avaient déjà été exécutés dans la même prison.
Diana Al-Tahawi, directrice régionale adjointe d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a déclaré, en réaction à ces exécutions, que les autorités devaient immédiatement mettre un terme à tout projet d’exécution. Elle a cité plusieurs prisonniers nommément, dont Amirhossein Hatami, et a averti qu’ils risquaient d’être exécutés.
La déclaration soulignait que la poursuite des exécutions alors que des personnes sont prises au piège de la guerre et des bombardements démontre que la peine de mort est encore utilisée comme instrument de répression contre les opposants.
La concomitance de la guerre et de l’application des condamnations à mort a conduit certains observateurs à considérer cette situation comme un signe de répression intérieure persistante en temps de guerre.

