La détention prolongée de la famille et la dissimulation du corps révèlent de nouvelles formes de pression et de dissimulation d’informations organisées à l’encontre des proches de Babak Alipour.
Plusieurs semaines après l’arrestation de membres de la famille de Babak Alipour, membre de l’OMPI exécuté par le régime, des informations indiquent que trois de ses proches sont toujours détenus. Babak Alipour a été exécuté le 31 mars, et sa famille a non seulement été privée d’une dernière visite, mais son corps ne lui a pas non plus été restitué après l’exécution.
Selon les informations publiées, Ommolbanin Dehghan (sa mère), Roozbeh Alipour (son frère) et Maryam Alipour (sa sœur) sont détenus depuis le 26 janvier. Ils ont été arrêtés à Téhéran par les forces de sécurité alors qu’ils revenaient d’une visite à Babak Alipour.
Selon des sources proches de la famille, la seule communication officielle durant cette période a été un SMS envoyé par la 5e chambre du service d’enquête du parquet d’Evin à Roozbeh Alipour, l’informant qu’une plainte avait été déposée contre lui pour attroupement et collusion. Cependant, aucune information claire n’a été publiée concernant le statut juridique ou les charges retenues contre sa mère et sa sœur.
Le prisonnier politique Babak Alipour exécuté :
➡️sa mère, sa sœur et son frère sont toujours pris en otages par le régime#Iran pic.twitter.com/eHavSPyV7h
— CNRI Femmes (@CNRIfemmes) April 5, 2026
D’après les informations disponibles, Ommolbanin Dehghan et Maryam Alipour sont détenues à la prison de Qarchak à Varamin, tandis que Roozbeh Alipour est interrogé au quartier 209 de la prison d’Evin. La prison de Qarchak a déjà été critiquée par des organisations de défense des droits humains pour ses mauvaises conditions de détention.
Ommolbanin Dehghan, la mère de ce détenu, âgée de 63 ans, est une militante du mouvement « Non aux exécutions le mardi », une campagne de protestation contre la peine de mort menée avec la participation de familles de prisonniers et de militants de la société civile. Roozbeh Alipour avait déjà été condamné à deux ans de prison pour outrage au Guide suprême du régime iranien et libéré après avoir purgé sa peine, avant d’être de nouveau arrêté fin janvier.
Parallèlement, la famille de Babak Alipour s’est vue refuser le droit à une dernière visite avant son exécution, et même après celle-ci, sa dépouille ne leur a pas été remise pour les funérailles. Ce problème, également constaté dans d’autres cas de prisonniers politiques, est considéré comme un facteur aggravant la pression psychologique sur les familles.
Le martyr Babak Alipour, membre de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), avait été jugé conjointement avec cinq autres membres de l’OMPI – Vahid Bani Amerian, Mohammad Taghavi, Pouya Ghabadi, Abolhassan Montazer et Akbar Daneshvarkar – et condamné à mort. Tous ces membres de l’OMPI ont été exécutés les 30 et 31 mars, ainsi que le 4 avril.
La rapidité de l’exécution de ces peines et l’absence de communication transparente quant à leur date ont suscité des inquiétudes quant au bon déroulement de la procédure judiciaire et au respect des droits des accusés. Dans certains cas, des familles ont déclaré n’avoir pas été informées des dates d’exécution et avoir été brutalement confrontées à la réalité du décès de leurs proches.

