Lundi 6 avril au matin, alors que les exécutions de prisonniers politiques se poursuivent ces derniers jours, le régime iranien a perpétré un nouveau crime : l’exécution du prisonnier politique Ali Fahim.
Selon l’agence de presse Mizan, affiliée au pouvoir judiciaire, cet acte criminel a été justifié par l’accusation de participation à une opération visant à attaquer un site militaire interdit, dans le but de s’emparer de l’arsenal et de voler des armes.
Le pouvoir judiciaire, reprenant sa version officielle, a affirmé que lors des manifestations de janvier, les manifestants avaient utilisé des armes à feu et des engins incendiaires, causant la mort de membres des forces du régime et des dégâts matériels.
L’exécution d’Ali Fahim intervient après celle de trois autres prisonniers – Amirhossein Hatami, Mohammadamin Biglari et Shahin Vahedparast – condamnés à mort et exécutés pour les mêmes chefs d’accusation par des tribunaux présidés par le tristement célèbre juge Abolghasem Salavati. Un processus qui, loin de témoigner de la justice, reflète la vindicte du pouvoir en place.
Ali Fahim, arrêté le soir du 8 janvier, a également fait l’objet d’une confiscation de ses biens, en plus de son exécution. Cependant, aucun détail n’a été divulgué concernant son interrogatoire, son accès à un avocat ou sa défense.
Dans la même affaire, Abolfazl Salehi Siavashani demeure sous le coup d’une condamnation à mort ; il est le dernier condamné à mort parmi les cinq personnes incarcérées.
Face à la vague d’exécutions qui se poursuit à un rythme alarmant, les instances internationales ont multiplié les mises en garde. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a exigé l’arrêt immédiat de toutes les exécutions, et les organisations de défense des droits humains ont exhorté la communauté internationale à exercer une pression efficace pour mettre fin à ce cycle sanglant.
Outre ces quatre jeunes prisonniers exécutés, six membres de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI/MEK) – à savoir Mohammad Taghavi, Akbar Daneshvarkar, Pouya Ghabadi, Babak Alipour, Vahid Bani Amerian et Abolhassan Montazer – ont également été exécutés entre le 30 mars et le 4 avril. Ces exécutions criminelles ont lieu alors que le pays est en état de guerre et que la vie de la population, en particulier des prisonniers, est menacée par les bombardements.

