La lutte intestine entre les factions dirigeantes du régime iranien est entrée dans une nouvelle phase. À l’heure où la crise économique, le mécontentement social et l’isolement international soumettent le régime à une forte pression, la lutte pour le pouvoir entre ses différentes factions apparaît plus visible que jamais. L’inculpation d’Abbas Abdi et de Sadegh Zibakalam par le parquet de Téhéran constitue un nouvel exemple de cette profonde fracture au sein même de la structure du régime.
L’agence de presse Mizan, affiliée au système judiciaire du régime iranien, a annoncé que des charges avaient été retenues contre ces deux personnalités proches du pouvoir, en raison d’un article rédigé par Abbas Abdi et publié dans le quotidien *Etemad*, ainsi que d’une interview accordée par Sadegh Zibakalam à l’agence de presse ANA. Cette initiative ne se limite pas aux seuls individus : le parquet a également ouvert des dossiers à l’encontre des organes de presse ayant publié ces contenus. Cela démontre que les luttes intestines entre les factions du régime ont désormais dépassé le stade des simples différends dissimulés.
Luttes intestines entre les factions du régime : guerre et crise en toile de fond
Dans son article, Abbas Abdi a évoqué le rôle des factions de la ligne dure. Il a écrit : « Certaines forces proches du pouvoir, dénuées de toute compréhension réelle de la situation du pays, font pression pour le maintien de politiques génératrices de tensions. Le peuple n’est plus disposé à payer le prix des décisions d’une minorité rentière. »
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Par ailleurs, dans une interview accordée à ANA — une agence de presse d’État affiliée à l’Université islamique Azad —, Sadegh Zibakalam a signalé l’existence de pressions organisées lors des rassemblements orchestrés par le régime. Il a qualifié certains de ces rassemblements de tentatives visant à pousser le régime vers des politiques extrémistes. Zibakalam a également déclaré à l’agence d’État ANA : « Votre réquisitoire contre l’Amérique est toujours unilatéral ; cela signifie que vous ne regardez que les actes odieux commis par les Américains… Vous affirmez que les Américains ont abattu l’Airbus, mais vous ne demandez jamais pourquoi cet Airbus a été abattu. » Ces propos ont suscité la colère des factions de la ligne dure et ont, une fois de plus, braqué les projecteurs des médias sur les luttes intestines opposant les différentes factions du régime.
L’escalade de ces conflits n’est pas sans lien avec les impasses politiques et économiques auxquelles est confronté le régime iranien. À mesure que les crises s’aggravent, les factions au pouvoir se dressent les unes contre les autres afin de préserver leur propre part d’influence. Au cours des dernières années, les figures du régime n’ont cessé de se dénoncer mutuellement. Désormais, toutefois, la gravité de la crise a atteint un point tel que même les fidèles de longue date du régime ne jouissent plus d’aucune sécurité politique.
Une fracture qui se creuse chaque jour
Les luttes intestines entre les factions du régime ne constituent pas une simple querelle politique. Ces conflits témoignent de la déliquescence structurelle d’un régime qui, depuis des décennies, s’est bâti sur la répression, la censure et l’élimination des opposants. Aujourd’hui, ce même mécanisme d’élimination a fini par engloutir également les forces internes au régime lui-même.
Aujourd’hui, les luttes intestines entre les factions du régime sont devenues l’un des signes les plus manifestes de la crise qui frappe le pouvoir du Guide suprême. Un régime qui, durant des années, a assuré sa survie par la répression de la société se trouve désormais plongé dans une guerre intestine entre factions rivales ; un conflit qui, jour après jour, met au jour des fractures de plus en plus profondes au sein de la structure en décomposition du régime des mollahs oppresseurs.

