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La migration des médecins : un signal d’alarme pour le système de santé iranien

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Alors que médecins et infirmiers émigrent à l’étranger, la crise des ressources humaines au sein du système de santé iranien est entrée dans une nouvelle phase. Les conclusions d’un rapport de recherche, annoncées le 30 mai par le porte-parole de l’Association iranienne de psychiatrie sur le média d’État *Khabar Fouri*, révèlent qu’une grande proportion de médecins résidents ont l’intention de quitter le pays, et que beaucoup regrettent d’avoir choisi leur parcours de spécialisation. Ces chiffres sont publiés dans un contexte marqué, ces dernières années, par de nombreux signalements concernant l’émigration de médecins, d’infirmiers et d’autres professionnels de la santé.

La migration des médecins : le premier choix pour de nombreux résidents
Amirhossein Jalali Nadoushan, porte-parole de l’Association iranienne de psychiatrie, a déclaré le 30 mai que, selon les résultats d’une enquête multicentrique menée auprès de quatre universités de médecine à travers le pays, 81,5 % des 254 médecins résidents interrogés ont exprimé le désir d’émigrer.

Selon cette étude, 79,5 % des participants ont affirmé que s’ils avaient connu les conditions réelles de la formation en résidence avant d’intégrer leurs programmes de spécialisation, ils auraient préféré émigrer plutôt que de devenir résidents. Ces chiffres indiquent que le mécontentement à l’égard des conditions éducatives et professionnelles, au sein d’une partie des jeunes professionnels de la santé, a atteint un niveau sans précédent.

M. Jalali Nadoushan a souligné qu’environ 28 % des participants nourrissaient des projets d’émigration allant de modérés à sérieux. Néanmoins, il a qualifié le niveau de migration des médecins de « hautement significatif ».

L’érosion de l’espoir chez les médecins résidents
Le porte-parole de l’Association iranienne de psychiatrie estime que le décalage entre le désir d’émigrer et les projets concrets de départ reflète un problème plus profond. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas uniquement d’une question de migration médicale, mais aussi d’une perte d’espoir quant aux perspectives professionnelles et d’un manque de confiance dans la possibilité d’améliorer les conditions de travail à l’intérieur du pays.

Selon la même étude, 81,1 % des résidents ont déclaré n’avoir que peu, voire aucun espoir de voir la situation actuelle s’améliorer. Les experts de la santé considèrent ce chiffre comme un signe potentiel d’une crise plus large des ressources humaines au sein du système de santé.

M. Jalali Nadoushan a averti que si cette tendance se poursuivait, elle pourrait affecter directement la qualité des services de santé, l’accès du public aux médecins spécialistes et le niveau d’épuisement professionnel (burn-out) parmi les travailleurs de la santé dans les années à venir.

Charge de travail excessive et politiques controversées
L’une des questions les plus importantes soulevées dans le rapport concerne les conditions de travail des médecins résidents. M. Nadoushan a également critiqué certaines politiques relatives à la formation médicale, affirmant que certaines décisions prises ces dernières années n’ont pas seulement échoué à résoudre les problèmes existants, mais ont aggravé la crise, contribuant finalement à l’exode des médecins.

Selon lui, à un moment où certains spécialistes quittent le pays ou désertent le secteur de la santé, l’augmentation des capacités de formation sans l’apport des ressources nécessaires risquerait de compromettre la qualité de l’enseignement médical.

Augmentation des effectifs et inquiétudes quant à la qualité de la formation
Dans une autre partie de son intervention, Jalali Nadoushan a déclaré : « La formation médicale exige des infrastructures spécialisées, des équipements hospitaliers et du matériel pédagogique adéquat ; accroître les capacités sans fournir ces ressources peut avoir des conséquences considérables sur le système de santé. » Il a mis en garde contre le fait que les décisions prises dans ce domaine n’ont pas seulement échoué à atténuer les crises actuelles, mais ont également engendré de nouveaux problèmes, notamment l’émigration des médecins.

L’exode des médecins et des infirmiers : une crise qui dépasse les statistiques
En conclusion, le porte-parole de l’Association iranienne de psychiatrie a évoqué le départ continu d’infirmiers et de professionnels de la santé hors du pays. Selon lui, un grand nombre d’infirmiers iraniens qualifiés ont été recrutés ces dernières années par des pays européens et nord-américains. Il a souligné que, lorsque des médecins émigrent, il n’est pas aisé de remplacer ces professionnels formés durant de longues années au sein même du système de santé national. Ces individus possèdent une expérience, une expertise et une compréhension du contexte social qu’il faudra un temps considérable pour transmettre aux générations futures.

Les statistiques révélant un intérêt généralisé des médecins résidents pour l’émigration ne se résument pas à de simples chiffres ou résultats de sondages. Elles témoignent d’une crise plus profonde : celle où certains des professionnels les plus jeunes et les plus hautement qualifiés du pays cherchent leur avenir au-delà des frontières de l’Iran. Lorsque plus de 80 % des médecins résidents sont désillusionnés par les conditions actuelles et que nombre d’entre eux privilégient l’émigration à la poursuite de leur carrière dans le pays, le problème dépasse la simple pénurie de médecins ou les difficultés pédagogiques ; il reflète une érosion de la confiance en l’avenir.

Le mécontentement s’est étendu à tous les segments de la société.
La migration des médecins : un signal d'alarme pour le système de santé iranienParallèlement, la multiplication des mouvements de protestation sociaux et syndicaux au sein de divers groupes — notamment les travailleurs, les enseignants, les retraités, les infirmiers et les médecins — suggère que le mécontentement à l’égard des conditions actuelles ne se limite à aucun segment particulier de la société. De nombreux observateurs estiment qu’un changement fondamental en Iran ne proviendra ni de promesses réitérées ni de réformes infructueuses, mais plutôt de l’organisation sociale, de l’extension de la résistance et du rôle joué par les forces aspirant au changement.

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