Les autorités iraniennes ont intensifié la répression à l’encontre de personnes accusées d’entretenir des liens avec l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK), prononçant de lourdes peines de prison, proférant des menaces de mort et multipliant le recours à la peine capitale contre les prisonniers politiques.
Selon des informations communiquées par le secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), cinq prisonniers politiques actuellement détenus dans le quartier 37 de la prison de Ghezel Hesar sont privés de conditions de détention élémentaires tout en subissant une pression judiciaire croissante. Plusieurs de ces détenus avaient été transférés de la prison de Fashafouyeh vers celle de Ghezel Hesar en avril 2026.
Parmi eux figurent deux jeunes parents accusés d’appartenance à l’OMPI. Abolfazl Rahbar, un peintre en bâtiment de 23 ans, et son cousin Omid Rahbar, un ouvrier de 24 ans, ont été arrêtés en janvier 2026. Ils ont récemment été informés verbalement de leur condamnation à des peines de prison respectives de 20 et 26 ans.
Deux autres détenus de la même section feraient l’objet de menaces d’exécution explicites. Vahid Azizi, ingénieur en génie civil et en hydrogéologie titulaire d’un doctorat, âgé de 42 ans, a été arrêté le 6 janvier 2026 lors des manifestations nationales et a depuis été menacé de la peine de mort. Mostafa Imani, écrivain et designer de 39 ans originaire de Karaj et titulaire d’un master en art, a été arrêté le 29 mars 2026 pour des accusations liées à des contacts présumés avec l’OMPI et à son appartenance à cette organisation. Le parquet l’aurait averti qu’il risquait l’exécution.
Le cinquième prisonnier, Farshid Dolatyari, un chauffeur de 41 ans, est en détention depuis novembre 2025. Selon le rapport, il subit une pression constante alors que sa situation juridique demeure incertaine. En décembre 2025, l’agence de presse Mehr, affiliée au ministère du Renseignement, avait publié sa photographie sans le nommer, affirmant qu’il avait stocké des armes.
Ces cas s’inscrivent dans un contexte d’escalade générale du recours aux exécutions à l’encontre des opposants politiques. Le 22 juillet, les autorités ont exécuté Mehdi Khanaki, un diplômé en droit de 26 ans et membre de l’OMPI, après des mois de torture et un procès ne respectant pas les garanties d’une procédure régulière. M. Khanaki avait été arrêté en février 2026 après avoir participé aux manifestations nationales.
Le rapport indique qu’environ 2 400 personnes ont été exécutées au cours de l’année écoulée, dont dix membres de l’OMPI. Il affirme également que les autorités ont refusé de restituer à leurs familles les corps de certains prisonniers exécutés.
Le pouvoir judiciaire a par ailleurs accru le recours à la peine capitale à l’encontre de proches de dissidents politiques. Amir Hassan Akbari-Monfared, étudiant en comptabilité de 22 ans, a été condamné à mort pour « rébellion ». Cette condamnation était liée à ses liens familiaux avec un membre défunt de l’OMPI. Sa famille avait déjà perdu quatre proches lors d’exécutions dans les années 1980.
Dans une autre affaire, Arghavan Fallahi, 25 ans et sympathisante de l’OMPI, a été condamnée à mort le 1er juillet 2026, après ce que le rapport décrit comme des mois de torture physique et psychologique.
D’autres cas ont été signalés à la prison de Lakan, à Rasht, où plusieurs sympathisants de l’OMPI ont été condamnés à mort à l’issue de brèves audiences par visioconférence, tenues sans représentation juridique. Parmi les personnes citées figurent Zahra Tabari, ingénieure électricienne de 68 ans ; Yaghoub Derakhshan, 51 ans, qui aurait fait l’objet d’un nouveau procès ; et Amin Farahavar, poète de 38 ans, privé de soins médicaux pour une hémorragie interne avant d’être condamné à mort pour « inimitié envers Dieu ».
Le CNRI a appelé le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU et le Rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran à intervenir. L’organisation a exhorté les instances internationales à faire pression pour obtenir l’annulation des condamnations à mort signalées et à dépêcher une mission d’enquête indépendante pour inspecter les prisons, notamment celles de Ghezel Hesar et d’Evin, en raison des inquiétudes concernant le traitement et la sécurité des prisonniers politiques.

