L’université de technologie Sharif se retrouve une fois de plus au cœur de mesures disciplinaires et d’exclusions d’étudiants. Selon un rapport publié, le comité disciplinaire de l’université a prononcé des décisions préliminaires d’exclusion à l’encontre de trois autres étudiants. Avec ces décisions, le nombre d’étudiants visés par une mesure d’exclusion à l’université Sharif atteint désormais dix. D’après les informations diffusées par les médias d’État, ce nombre pourrait continuer d’augmenter.
Ariana Kouchaki (étudiante en génie industriel, promotion 2021), Ali Alirezaei (étudiant en sciences mathématiques, promotion 2023) et Arash Hatami (étudiant en physique, promotion 2023) sont les trois étudiants récemment visés par ces sanctions disciplinaires.
Selon les informations publiées, Ariana Kouchaki et Arash Hatami ont chacun écopé d’une interdiction d’étudier dans toutes les universités du pays pour une durée d’un an. Le comité disciplinaire a également imposé à Ali Alirezaei une interdiction d’études à l’échelle nationale pour une durée de cinq ans.
Ces décisions sont encore au stade préliminaire et peuvent faire l’objet d’un recours juridique. Toutefois, une mesure d’exclusion peut avoir de lourdes conséquences sur le parcours universitaire et la future carrière d’un étudiant. C’est pourquoi le droit à la défense et la garantie d’une procédure d’examen équitable revêtent une importance capitale dans ce type d’affaires.
Exclusions d’étudiants et extension des mesures disciplinaires
Avant ces dernières décisions, sept autres étudiants de l’université Sharif avaient déjà fait l’objet de mesures d’exclusion. Parmi ces cas, la décision concernant Reza Dalman est devenue définitive. Selon les informations disponibles, les autres décisions sont encore au stade préliminaire.
L’agence de presse étatique Mehr a également rapporté, le 16 août, qu’un autre étudiant de l’université Sharif avait reçu une notification d’exclusion. Ces informations indiquent que les mesures disciplinaires visant les étudiants ne se limitent pas à un cas isolé ou à une période spécifique. Dans un rapport publié le 20 juin, l’agence de presse étatique Fars a lié ces décisions d’exclusion à des affaires impliquant des rassemblements, des slogans, des publications sur les réseaux sociaux et des accusations telles que l’atteinte à la sécurité nationale.
Ce même rapport citait les noms de Sepanta Saeidi, Hossein Shadman, Masiha Bagheri, Fatemeh Khakpour, Fariborz Kohanzad et Parnian Khodabakhshi. Certaines de ces décisions impliquent non seulement l’exclusion, mais aussi une interdiction pluriannuelle de poursuivre ses études.
Selon les informations rapportées par l’agence Fars, les cas de trois de ces étudiants étaient principalement liés à des activités et à des contenus publiés sur les réseaux sociaux. Les cas des autres étaient associés à une participation à des rassemblements et au soulèvement de janvier. Dans un cas précis, la commission de discipline a prononcé une suspension de deux semestres à l’encontre d’un étudiant qui, selon Fars, portait une arme blanche sur le campus. La nature de cette accusation diffère de celle des cas impliquant des activités de contestation et la publication de contenus.
Le droit à l’éducation face à des sanctions sévères
Les exclusions répétées d’étudiants suscitent également des inquiétudes quant à la sécurité dans le milieu éducatif et à la liberté d’expression au sein des universités. Dans un tel contexte, la transparence concernant les accusations, les éléments de preuve et les procédures d’examen des dossiers revêt une importance accrue.
Dans leur ensemble, ces cas témoignent de la poursuite des mesures disciplinaires à l’encontre des étudiants de l’université Sharif. Sur le plan juridique, le principe fondamental dans chaque affaire demeure le droit à la défense et à un examen équitable du dossier. Sur le plan social, l’université ne saurait être dissociée de la société.
En définitive, l’exclusion d’étudiants en raison d’activités liées à la contestation, lorsqu’elle est prononcée sans processus d’examen transparent ni garanties quant au droit à la défense, cesse d’être une simple décision d’ordre éducatif. De telles mesures peuvent devenir le symbole de la répression, du rétrécissement de l’espace universitaire et du fossé grandissant entre les étudiants et les instances de pouvoir.

