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L’Iran n’a pas suspendu l’enrichissement, affirme l’AIEA dans un rapport à l’Onu

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AFP, Vienne, 28 avril – L’Iran n’a pas suspendu l’enrichissement d’uranium à la date butoir du 28 avril fixée par l’Onu, a affirmé l’AIEA dans un rapport remis vendredi au Conseil de sécurité, lançant le compte à rebours pour d’éventuelles sanctions internationales.

Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) précise qu’en mars, l’Iran a relié « en cascade » 164 centrifugeuses pour enrichir l’uranium et que deux autres cascades étaient en voie de construction sur le site de Natanz, près de Téhéran.

Des échantillons prélevés le 13 avril par l’agence de sûreté nucléaire des Nations unies « tendent à confirmer le niveau d’enrichissement d’uranium (3,6%) déclaré par l’Iran », ajoute le document dont l’AFP a obtenu une copie.

Dans son rapport, le directeur général de l’AIEA, Mohamed ElBaradei, a parallèlement conclu que la République islamique ne coopérait pas entièrement avec les inspecteurs de l’AIEA pour déterminer si son programme nucléaire était pacifique ou à vocation militaire.

« Des lacunes subsistent dans la connaissance de l’agence sur l’étendue et la nature du programme de centrifugeuses de l’Iran », poursuit le document.

A Téhéran, le président ultraconservateur iranien Mahmoud Ahmadinejad a immédiatement réagi et menacé de « changer totalement sa manière de coopérer » en rompant avec l’AIEA tandis qu’à Washington, le président américain George W. Bush a assuré qu’il souhaitait « résoudre le problème iranien par la voie diplomatique et de façon pacifique », tout en qualifiant les ambitions nucléaires de Téhéran de « dangereuses ».

Même tonalité à Paris où le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a jugé que « la porte de la négociation n’était pas close » même si la teneur du rapport était « préoccupante » pour la communauté internationale.

Bien que jugeant « inacceptable » que l’Iran n’ait pas mis à profit le délai de 30 jours, qui lui était imparti par l’Onu pour « donner un signe » de sa volonté de reculer sur le dossier nucléaire, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier a lui aussi estimé que la solution à la crise « ne pouvait être que diplomatique ».

A Londres, le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a déclaré que son pays allait demander au Conseil de sécurité « d’exercer une pression accrue sur l’Iran, pour que la communauté internationale ait l’assurance que son programme nucléaire ne représente pas une menace pour la paix ».

Plus en retrait, la Russie a indiqué par la voix d’un vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Kisliak, qu’elle allait « étudier attentivement » le rapport avant de se déterminer.

Le 29 mars, le Conseil de sécurité avait « souligné (…) qu’il était particulièrement important » que l’Iran suspende complètement et durablement « toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement » de l’uranium et que l’AIEA devait pouvoir le vérifier.

Les exigences du Conseil de sécurité n’avaient pas été assorties de menaces de sanctions mais les Etats-Unis avaient fait savoir qu’ils chercheraient à en obtenir, avec l’appui de la France et du Royaume-Uni, si l’Iran ne cédait pas.

Toutefois la Russie et la Chine, les deux autres membres permanents du Conseil de sécurité avec droit de veto, et par ailleurs importants partenaires commerciaux de la République islamique, sont opposées à des sanctions, jugées contre-productives.

Dans son rapport, l’AIEA n’a pas non plus exclu que la République islamique ait pu recevoir du plutonium de l’étranger. Le plutonium est utilisé dans la fabrication de bombes atomiques.

« L’agence ne peut pas exclure cette possibilité, en dépit des explications fournies par l’Iran que le plutonium analysé par l’agence a été dérivé de sources autres que celles déclarées par l’Iran », à savoir d’expériences réalisées dans le pays, selon le document.

L’AIEA indique par ailleurs que Téhéran a proposé de fournir un calendrier de coopération avec les inspecteurs de l’agence si celle-ci, plutôt que le Conseil de sécurité, surveille son application.

« Attendons de voir ce que les Iraniens auront à dire lorsqu’ils auront lu le rapport », a commenté à ce sujet un responsable de haut rang proche de l’agence onusienne.

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