IranNucléaireL'AIEA en Iran pour mieux comprendre le programme nucléaire

L’AIEA en Iran pour mieux comprendre le programme nucléaire

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AFP, Vienne, 25 juin – Des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) iront en juillet en Iran, à l’invitation de Téhéran, pour tenter de comprendre l’historique du programme nucléaire des Iraniens, et donc de mieux savoir s’il cache des buts militaires.

mission répond à une invitation du négociateur en chef iranien Ali Larijani, qui a fait dimanche soir une seconde visite surprise à Vienne en 48 heures pour voir le directeur de l’AIEA Mohamed ElBaradei, a indiqué une porte-parole de l’agence onusienne, Melissa Fleming.

«M. Larijani a invité l’AIEA à envoyer une équipe à Téhéran pour développer un plan d’action afin de résoudre les questions en suspens liées au programme nucléaire passé de l’Iran», a-t-elle dit.

«L’AIEA entend envoyer une équipe le plus tôt possible», a-t-elle précisé.

Ali Larijani s’était engagé vendredi soir, après de premiers entretiens avec M. ElBaradei, à définir dans les deux mois un plan de travail avec l’AIEA, laquelle réclame de pouvoir vérifier sur place si le programme nucléaire iranien n’a pas d’objectifs militaires.

Il a revu entre-temps le chef de la diplomatie de l’Union européenne Javier Solana samedi soir à Lisbonne.

M. Solana a qualifié de «très constructive» sa réunion avec le responsable iranien, et a annoncé «une nouvelle rencontre dans trois semaines».

Ces discussions ont pour objectif de relancer des négociations internationales avec Téhéran.
La mission des inspecteurs vise à «se mettre d’accord sur les modalités concrètes de ce plan d’action (de deux mois) et du début de sa mise en oeuvre», a indiqué un diplomate proche de l’AIEA à l’AFP.

D’après lui, ce sont «les questions en suspens autour du programme nucléaire passé qui sont à l’origine des exigences du conseil des gouverneurs (de l’AIEA) et du Conseil de sécurité de l’ONU que l’Iran suspende l’enrichissement de l’uranium».

Téhéran affirme vouloir seulement de l’énergie civile, mais les Occidentaux lui prêtent la volonté de se doter de l’arme nucléaire.

Outre des appels à une meilleure coopération avec ses inspecteurs pour l’accès aux installations, l’AIEA s’est notamment inquiété de plusieurs mystères en Iran.

Il s’agit notamment de la découverte sur des équipements de traces de contamination anciennes avec de l’uranium hautement enrichi (UHE), du sort de plans de centrifugeuses P2 sophistiquées de deuxième génération pour enrichir l’uranium, ou de plans pour mouler des hémisphères d’uranium métallique ayant des applications militaires.

L’Iran, signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), a été placé sous surveillance de l’agence de Vienne début 2003 après la révélation d’activités clandestines suspectes.
La mission, probablement en juillet, sera menée par Olli Heinonen, directeur adjoint de l’AIEA et responsable des mesures de sauvegarde, selon une source à Vienne.

Ces tractations interviennent alors que les grandes puissances envisagent l’adoption d’une nouvelle résolution de l’ONU contre l’Iran, renforçant les sanctions déjà en vigueur.
Cependant, Téhéran se montre toujours déterminé à poursuivre l’enrichissement de l’uranium, contrairement à ce que réclame l’ONU.

Selon un diplomate de haut rang proche de l’AIEA, l’Iran, qui exploitait plus de 1300 centrifugeuses P1 à la mi-mai dans son centre de Natanz, pourrait en avoir installé 3000 d’ici la fin juillet.

Une telle installation permettrait, à condition de fonctionner dans des conditions optimales, d’obtenir suffisamment d’UHE pour une bombe nucléaire dans un délai maximal d’un an.

«Vraisemblablement, si M. ElBaradei pouvait faire état d’un ton positif dans son prochain rapport, s’il pouvait dire « nous faisons des progrès » sur ces questions, alors le climat s’améliorerait pour la reprise de la négociation», a estimé un diplomate à Vienne.

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