IranNucléairePourquoi Paris a décidé de hausser le ton

Pourquoi Paris a décidé de hausser le ton

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François Fillon a parlé hier d’une tension « à son extrême » avec l’Iran.

Le Figaro, 18 septembre – Par Alain Barluet – Même si Bernard Kouchner est coutumier des formules à l’emporte-pièce, sa petite phrase sur une « guerre » possible avec l’Iran, dimanche, n’a sans doute pas été prononcée par hasard. La crise du nucléaire iranien impose de « se préparer au pire », a dit le ministre des Affaires étrangères au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, qui a tempéré ensuite son propos en ajoutant qu’« on se prépare en essayant d’abord de mettre au point des plans qui sont l’apanage des états-majors, et ce n’est pas pour demain ».

Inédites dans la bouche d’un chef de la diplomatie, ces déclarations martiales traduisent le durcissement des positions françaises sur le dossier iranien depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Une évolution marquée à la fois par un changement de style et par une inflexion de fond.

Sur la forme, l’accent est désormais mis sur une dramatisation délibérée des enjeux de la crise avec l’Iran. Un message destiné à l’opinion publique ainsi qu’à nos partenaires européens, appelés à infliger des sanctions à Téhéran. Le langage tenu par Bernard Kouchner entre en résonance avec celui de Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, fin août. Le chef de l’État avait évoqué la nécessité d’« échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l’Iran ». La perspective d’un Iran doté de l’arme nucléaire est « inacceptable », a dit le président de la République ; ce serait « un vrai danger pour l’ensemble du monde », lui a fait écho son ministre.

NOUVEAU DELAI

Certes, « nous devons négocier jusqu’au bout », a réaffirmé Bernard Kouchner. Mais Paris s’inquiète des conséquences de l’accord conclu en août entre l’AIEA et l’Iran, donnant à ce dernier jusqu’à novembre pour répondre à une série de questions sur son programme nucléaire. Un délai négocié de haute lutte par Mohammed ElBaradei, le patron de l’agence de Vienne, mais dont les puissances occidentales craignent qu’il ne permette une nouvelle fois à Téhéran de gagner du temps et qu’il ne retarde d’autant de nouvelles sanctions à l’ONU.

D’où l’inflexion sur le fond de la diplomatie française. Les entreprises sont appelées à ne plus investir en Iran. Surtout, des sanctions hors ONU sont désormais envisagées, ce à quoi Jacques Chirac se refusait.

Dimanche, le patron du Quai d’Orsay a souhaité que l’Union européenne prépare des sanctions, projet auquel Paris s’efforce de rallier les Vingt-Six. Les Pays-Bas ont confirmé leur accord. « Nous essayons de convaincre les Allemands », déclarait Nicolas Sarkozy, vendredi soir, dans l’avion qui le ramenait de Budapest. Le tour de vis français vis-à-vis de l’Iran n’est pas sans risques. Hier, Téhéran a critiqué les déclarations de Bernard Kouchner et annoncé qu’il voulait reconsidérer un projet gazier avec Total à South Pars, dans le Golfe

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