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Iran : Amnesty International condamne la force excessive pour réprimer les manifestations

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Amnesty International a condamné la force excessive à laquelle les forces de sécurité iraniennes ont recouru ce lundi 7 décembre 2009, frappant et arrêtant un très grand nombre de protestataires lors de manifestations étudiantes.
 
Dans un certain nombre de cas, des membres des forces de sécurité, notamment des bassidji (miliciens volontaires), ont utilisé des matraques et du gaz lacrymogène pour disperser des sympathisants de l’opposition, après que des responsables eurent annoncé que toutes les manifestations seraient considérées comme illégales et réprimées par la force.

À la fin de la journée, on ignorait le nombre de manifestants arrêtés.

« Depuis l’élection contestée [du mois de juin], les autorités interdisent systématiquement la tenue de manifestations pacifiques, puis recourent hâtivement à la force contre des personnes qui choisissent de passer outre pour exercer leur droit à la liberté d’expression et de rassemblement, a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Toutes les personnes qui ont été arrêtées uniquement pour avoir participé aux manifestations de ce jour doivent être libérées immédiatement et sans condition. En continuant à traiter les opposants pacifiques comme des criminels, les autorités iraniennes violent la Constitution iranienne. »

Les autres personnes appréhendées, si elles ne sont pas inculpées d’une infraction dûment reconnue par la loi et jugées équitablement dans les meilleurs délais, doivent également être remises en liberté.

Des milliers de sympathisants de l’opposition et d’étudiants s’étaient réunis à Téhéran et dans d’autres villes un peu partout dans le pays pour commémorer l’anniversaire de la mort de trois étudiants tués par les forces de sécurité en 1953. Ces dernières années, cette date anniversaire, pour les étudiants, est devenue l’occasion d’organiser des manifestations sur les campus pour demander aux autorités d’adopter des réformes et de respecter davantage les droits humains. 

Un témoin a indiqué à Amnesty International que des étudiants de l’Université Shahid Beheshti avaient défilé le long des murs de la prison d’Evin, dans le nord de Téhéran, en chantant : « les prisonniers politiques doivent être libérés » et « les étudiants mourront, nous n’accepterons pas l’oppression ». 

Un autre a déclaré à l’organisation que le centre de la ville d’Ispahan, de même que l’université située dans la partie sud de cette ville, était plein de bassidji et de membres des forces de sécurité en civil chargés d’écraser toute manifestation.

Au cours de la journée, Amnesty International a reçu des informations faisant état d’affrontements entre des agents de la force publique en civil soupçonnés d’être des bassidji et des étudiants un peu partout dans le pays, notamment dans les universités de Mazandaran et de Sari, dans le nord de l’Iran. Dès le matin, les forces de sécurité à Sari auraient interdit aux étudiants d’assister à leurs cours à l’université.
 
Selon certaines sources, la police a utilisé des balles en plastique à l’université d’Amir Kabir, à Téhéran, pour empêcher les étudiants qui se trouvaient à l’intérieur du campus de rejoindre les manifestants à l’extérieur. 

Ces dernières semaines, des étudiants soupçonnés d’avoir participé à l’organisation de manifestations avaient reçu des menaces et les forces de l’ordre avaient arrêté un grand nombre d’entre eux pour tenter de réduire l’opposition au silence.

Les manifestants ont aussi été confrontés à d’autres mesures répressives restreignant leur liberté d’expression, les autorités ayant bloqué l’utilisation d’internet et des téléphones mobiles.

Parmi les nouvelles dispositions répressives adoptées figure l’interdiction faite aux médias étrangers de couvrir les manifestations.

Samedi 5 décembre, les forces de sécurité ont arrêté pas moins de 29 femmes qui participaient à une manifestation silencieuse à Téhéran. Elles appartenaient aux Mères en deuil, un groupe de femmes composé notamment de mères de jeunes morts lors des violences post-électorales qui se rassemblent chaque semaine pour demander qu’un terme soit mis aux violations des droits humains commises depuis l’élection et que justice soit rendue à ces jeunes.
7 décembre 2009

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