Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé que son opération de grande envergure menée dans la nuit contre des cibles militaires en Iran, débutée jeudi à 21 h 30 (heure locale), s’est achevée vendredi à 5 h 10. Selon le communiqué du CENTCOM, des dizaines de cibles militaires — notamment des systèmes de défense aérienne, des infrastructures logistiques militaires et des installations radar côtières — ont été frappées et détruites.
Dommages causés à des ponts routiers et au moins sept morts
Parallèlement, l’agence de presse officielle Fars a rapporté que plusieurs ponts routiers de la province d’Hormozgan avaient été endommagés par les frappes américaines. Selon ce rapport, le pont de Gariveh (sur l’axe Bandar Abbas–Khamir–Lar), le pont situé sur la voie de retour de cet axe après le village de Latidan, deux ponts sur l’axe Kahourestan–Lar, un pont inachevé sur la route Bandar Khamir–Keshar–Bandar Abbas ainsi que le pont du village de Marou (dans le comté de Khamir) ont subi des dommages partiels ou totaux. Les médias iraniens ont également fait état d’au moins sept morts et de plusieurs blessés à la suite de ces attaques.
Attaques de missiles et de drones du régime iranien contre des bases américaines
En réponse aux frappes américaines, l’armée du régime iranien a annoncé le lancement d’attaques par drones et missiles contre des bases américaines dans la région. Les forces iraniennes ont déclaré avoir visé la base aérienne de Sakhir, à Bahreïn, à l’aide de drones, affirmant avoir touché des hangars abritant des hélicoptères américains ainsi que des avions de patrouille maritime et de reconnaissance P-8. Citant l’armée et le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), les médias iraniens ont également rapporté des attaques de missiles et de drones contre des bases américaines au Koweït, affirmant que des dommages avaient été infligés à des équipements de la 142e brigade d’artillerie et à des systèmes de missiles HIMARS. De son côté, l’armée koweïtienne a indiqué que ses systèmes de défense aérienne interceptaient activement les attaques iraniennes par drones et missiles.
Le Qatar signale l’interception de missiles iraniens
Au cours de la matinée de vendredi, plusieurs explosions ont été entendues à Doha, la capitale du Qatar, incitant le gouvernement qatari à émettre une alerte d’urgence demandant aux habitants de se réfugier dans des lieux sûrs. Quelques heures plus tard, le gouvernement qatari a annoncé que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté et neutralisé une attaque de missiles iraniens, précisant que les explosions avaient été provoquées par l’opération d’interception. Les autorités qataries ont également indiqué qu’un enfant avait été blessé par des éclats résultant de cette opération de défense aérienne.
CENTCOM : le blocus maritime contre l’Iran se poursuit
Le CENTCOM a également diffusé des images montrant des Marines américains à bord d’un pétrolier battant pavillon iranien dans le golfe d’Oman. Selon le communiqué, les forces américaines sont montées à bord du navire pour procéder à une inspection et une vérification. Le commandement a par ailleurs signalé que trois navires commerciaux tentant de forcer le blocus maritime avaient été interceptés à ce jour ; deux ont modifié leur trajectoire, tandis qu’un troisième a été empêché de poursuivre sa route après avoir refusé de coopérer. Le CENTCOM a souligné que le détroit d’Ormuz restait ouvert à la navigation internationale, mais que les navires violant le blocus maritime imposé à l’Iran s’exposeraient à une intervention des forces américaines.
L’Agence internationale de l’énergie met en garde contre les conséquences de la crise dans le détroit d’Ormuz
Parallèlement, Fatih Birol, directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), a mis en garde contre les conséquences de la persistance des tensions dans le détroit d’Ormuz. Évoquant la forte baisse du trafic de pétroliers dans ce passage stratégique, il a déclaré que si les restrictions perduraient et que la crise s’intensifiait dans les semaines à venir, la sécurité énergétique mondiale serait gravement menacée. Selon M. Birol, la réduction des exportations de pétrole en provenance de la région a déjà entraîné une nouvelle hausse des prix de l’énergie, et la poursuite de cette tendance pourrait avoir des répercussions considérables sur l’économie mondiale.

