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Iran: mise en garde contre toute manifestation de l’opposition le 11 février

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AFP: Les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime en Iran, a lancé mercredi un avertissement sévère à l’opposition contre toute tentative de manifestation le 11 février.

De son côté, le chef du pouvoir judiciaire, Sadegh Larijani, a affirmé que les principaux chefs de l’opposition réformatrice après la présidentielle controversée de 2009 n’avaient pas été arrêtées pour ne pas « en faire des saints ». Il s’agit un choix politique du guide Ali Khamenei, selon lui.

Les opposants Mir Hossein Moussavi (ex-Premier ministre) et Mehdi Karoubi (ex-chef du Parlement) ont demandé l’autorisation d’organiser le 14 février une manifestation de solidarité avec les Egyptiens, après les célébrations pour marquer le 11 février le 32e anniversaire la révolution islamique iranienne.

« Les séditieux doivent savoir que nous les considérons comme des anti-révolutionnaires et des espions et que nous nous opposerons avec force à leurs menées », a déclaré à l’agence officielle Irna le commandant des Gardiens de la révolution (Pasdaran) pour Téhéran, le général Hossein Hamedani.

« Sédition » est le nom donné à l’opposition par le pouvoir.

« C’est une action politique qui vise à diviser la nation », a déclaré le procureur général iranien, Gholam Hossein Mohseni Ejeie, laissant entendre que la demande de MM. Moussavi et Karoubi serait, comme chaque fois depuis 18 mois, rejetée par le pouvoir.

L’opposition réformatrice a renoncé depuis un an à manifester sans autorisation afin d’éviter d’exposer plus longtemps ses sympathisants et dirigeants à une répression qui a fait des dizaines de morts et des milliers d’arrestations, dont beaucoup ont débouché sur des condamnations sévères.

Le courant ultra-conservateur du pouvoir n’a cessé de réclamer depuis 2009 que MM. Moussavi et Karoubi soient traduits en justice. Leur entourage a été décimé par les arrestations et les condamnations à des peines parfois sévères, mais ils n’ont jamais été arrêtés, le pouvoir se bornant à les soumettre à de multiples pression et intimidations.

« Dans le cas des leaders de la sédition, la décision ne dépend pas que de moi », a expliqué l’ayatollah Larijani, qui se situe, comme son frère Ali Larijani président du Parlement, dans le clan des « durs » du régime.

« Les intérêts du régime sont évalués par le guide suprême et cela dépasse le pouvoir judiciaire », a-t-il ajouté. « Si nous avions directement affronté les dirigeants de la sédition, nous en aurions fait des saints. Nous agissons dans l’intérêt du régime, et nous prendrons des mesures au moment approprié ».

MM. Moussavi et Karoubi ont contesté la régularité de la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, qui a déclenché plusieurs mois de manifestations populaires dans tout le pays.

L’ayatollah Khamenei a pris fait et cause pour le président Ahmadinejad, et violemment dénoncé ses opposants, accusés de faire le jeu des « ennemis » de l’Iran en divisant le régime.

 

 

 

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