En Iran, sous le régime des mollahs, les crises sont interconnectées comme les maillons d’une chaîne, formant une hyper-crise globale qui engloutit le pays. Un bref aperçu des gros titres mis en avant par les médias d’État suffit à le constater.
Le poids le plus lourd de cette crise croissante — qui n’a connu aucun répit au cours de la dernière décennie — réside dans l’hyper-crise économique. Il ne faut pas perdre de vue une réalité constante : la crise économique est toujours la conséquence directe de la crise politique. Cette dernière repose sur la tromperie, le mensonge, le vol et les promesses vaines qui caractérisent le régime actuel ; un régime dont le gouvernement a recours à une hausse des salaires de 60 % tout en augmentant le prix du pain de 140 %.
Dans ce contexte, le journal d’État *Tose’e Irani* a publié un rapport le 30 juin 2026, mettant en lumière l’inefficacité de ces politiques :
« Le salaire minimum pour l’année en cours a été fixé à 16 625 550 tomans (environ 91 dollars), alors que le coût du panier de subsistance de base pour les travailleurs a été estimé à environ 45 millions de tomans (environ 257 dollars) lors de la réunion du Conseil suprême du travail du 14 mars 2026. Par conséquent, le salaire minimum approuvé ne couvre qu’environ 37 % du coût de ce panier de subsistance… De nombreuses familles de travailleurs dépendent du pain, du fromage, des œufs et des tomates pour satisfaire leurs besoins alimentaires minimaux… Les dernières données de la Banque centrale indiquent que le prix du pain a enregistré un taux d’inflation supérieur à 140 % en mai 2026, affichant ainsi la hausse la plus élevée parmi tous les produits de première nécessité. »
Indicateurs d’effondrement et d’érosion du pouvoir d’achat
Les données publiées par ce journal officiel offrent une image claire de l’ampleur de la crise des conditions de vie en Iran. Cette crise ne se limite plus à une baisse du pouvoir d’achat ; elle constitue désormais une menace directe pour les éléments les plus fondamentaux de la survie humaine. Lorsque le salaire minimum ne couvre que 37 % du coût du panier de subsistance, cela signifie que la grande majorité des travailleurs entament leur quotidien avec un déficit financier permanent et chronique, un manque qui ne peut être compensé qu’en sacrifiant les besoins essentiels à la survie. Par conséquent, le pain — qui, durant des décennies, représentait le dernier recours alimentaire des foyers à faibles revenus — est devenu un produit de luxe difficile à se procurer. L’aveu officiel selon lequel « de nombreuses familles ouvrières ont réduit leur alimentation au pain, au fromage, aux œufs et aux tomates » prouve que les tables de millions de citoyens étaient déjà réduites au strict minimum avant cette vague de hausse. Aujourd’hui, alors que l’inflation du prix du pain dépasse les 140 %, ce minimum lui-même risque de disparaître totalement.
Cette situation catastrophique est le fruit de politiques économiques et politiques chroniques, fondées sur l’inefficacité, une corruption structurelle organisée et le détournement des ressources alimentaires du peuple. Les augmentations de salaire de façade — qui coïncident avec une envolée vertigineuse des prix des denrées alimentaires essentielles, bien supérieure à ce taux d’inflation — ne sont qu’une tentative désespérée de masquer l’effondrement réel et retentissant du pouvoir d’achat. Ainsi, l’inflation galopante du prix du pain marque un tournant dans l’effondrement de la sécurité alimentaire et l’aggravation de la pauvreté, tout en creusant le fossé immense entre les promesses officielles du régime et la dure réalité vécue par des millions de familles iraniennes.
Perspectives d’avenir
Lorsque la population est privée de pain, le vide ainsi créé est comblé par deux forces en apparence contradictoires, mais qui convergent vers une même issue : d’une part, une multiplication en chaîne des crises liées à la corruption, à la criminalité et à l’effondrement social ; d’autre part, l’explosion de la colère et un soulèvement inévitable. Les conséquences du coût élevé du pain et du déséquilibre flagrant entre les salaires et l’inflation des produits de base conduiront inéluctablement à ces deux phénomènes conjugués.
Le régime des mollahs n’a aucune perspective d’échapper à ce sort, à moins que son cadre structurel ne soit totalement renversé, permettant ainsi l’émergence, sur ses décombres, d’un nouveau système respectueux des droits humains. C’est précisément ce sombre avenir pour le régime iranien que ses propres médias officiels redoutent, comme en témoigne la mise en garde publique adressée aux autorités par le secrétaire exécutif de la « Maison des travailleurs » (Khaneh Kargar) de l’est de Téhéran :
« Si une famille est contrainte de réduire sa consommation quotidienne de pain, cela aura des répercussions considérables, affectant directement la stabilité et la paix sociales, et troublant la tranquillité publique. »

