Dans un contexte de crise économique qui s’aggrave en Iran et de pression croissante sur les moyens de subsistance des ménages, le Centre de statistiques du régime iranien a annoncé que le taux d’inflation en glissement annuel (d’un mois à l’autre par rapport à l’année précédente) a atteint 87,9 % en juillet 2026, tandis que l’inflation annuelle moyenne s’est élevée à 66 %.
L’inflation en glissement annuel mesure l’évolution des prix d’un mois donné par rapport au même mois de l’année précédente, alors que l’inflation annuelle compare la moyenne des prix des 12 derniers mois à celle de la période de 12 mois précédente.
En conséquence, les ménages iraniens ont déboursé en moyenne près de 88 % de plus en juillet 2026 qu’en juillet 2025 pour acquérir le même panier de biens et de services.
Le taux d’inflation annuel indique également que les prix moyens des biens et services au cours de l’année s’achevant en juillet 2026 étaient supérieurs de 66 % à ceux de la période correspondante précédente.
L’indice des prix à la consommation (IPC) a atteint 676,9 points en juillet, soit une hausse de 3,1 % par rapport au mois de juin.
En juillet 2026, les ménages ruraux ont subi une pression inflationniste plus forte que la moyenne nationale. L’inflation en glissement annuel dans les zones rurales a atteint 106,9 %, tandis que l’inflation mensuelle s’est établie à 3,4 %.
Ces derniers mois, l’accélération de l’inflation et la forte hausse des prix des produits de première nécessité ont exercé une pression économique considérable sur les ménages et créé de graves difficultés pour les moyens de subsistance d’une large partie de la population.
Le 27 juillet, le site d’information iranien Eghtesad News a rapporté qu’avec l’intensification de la crise économique, le paiement échelonné est devenu de plus en plus courant sur le marché de la santé en Iran ; des services tels que les soins dentaires et même les médicaments sont désormais proposés avec des facilités de paiement, une tendance qui reflète la dégradation continue de la capacité financière des ménages.
Hausse des prix des produits alimentaires et des services
Selon le Centre de statistiques d’Iran, l’inflation mensuelle pour les ménages s’est établie à 3,1 % en juillet 2026. Ce taux était de 2,5 % pour la catégorie « alimentation, boissons et tabac » et de 3,6 % pour la catégorie « biens et services non alimentaires ». Un examen plus approfondi de l’évolution des prix révèle que les légumes et les légumineuses ont enregistré la plus forte hausse mensuelle, soit 8,3 %.
Viennent ensuite les « produits alimentaires non classés » (6,9 %), le pain et les céréales (5,9 %), les meubles, l’équipement ménager et l’entretien courant du logement (5,7 %), ainsi que le thé, le café et le cacao (5,5 %).
La catégorie des « produits alimentaires non classés » regroupe des articles ne relevant pas des principaux groupes alimentaires tels que la viande, les produits laitiers, les fruits, les légumes ou le pain ; elle se compose essentiellement d’épices, de sauces, d’assaisonnements et d’additifs alimentaires.
L’inflation mensuelle a également atteint 5,3 % pour les soins de santé, 5 % pour les transports et les services liés aux véhicules, 4,8 % tant pour l’habillement et les chaussures que pour les fruits et fruits à coque, 4,6 % pour les loisirs et la culture, 4,3 % pour le sucre, les douceurs et la confiserie, et 3,3 % pour les produits laitiers, le fromage et les œufs.
En revanche, la viande rouge et blanche a été la seule catégorie majeure à enregistrer une baisse de prix en juillet, affichant un taux d’inflation mensuel de -4,7 %.
Le 15 juillet, le site d’information public EcoIran a rapporté que plus de sept millions de personnes en Iran vivent dans des habitats informels, soulignant que la hausse de l’inflation et la crise du logement ont alimenté l’expansion de ces zones d’habitat précaire à travers le pays.
L’écart d’inflation entre les déciles de revenus se creuse
Le Centre de statistiques d’Iran a indiqué que l’inflation annuelle variait selon les déciles de revenus, allant de 63,9 % pour le dixième décile (les ménages aux revenus les plus élevés) à 73,5 % pour le deuxième décile.
En conséquence, l’écart d’inflation entre les déciles de revenus a atteint 9,6 points de pourcentage en juillet, soit une hausse de 1,2 point par rapport aux 8,4 points enregistrés le mois précédent.
Cette disparité montre que les ménages à faibles revenus continuent de supporter un fardeau plus lourd face à la hausse du coût de la vie que les groupes aux revenus plus élevés, et que l’écart d’inflation entre les différentes catégories de revenus s’accentue.
Ces dernières semaines, dans un contexte de tensions régionales croissantes et d’incertitude quant à l’avenir des négociations entre Téhéran et Washington, le marché des changes iranien a connu une tendance à la hausse. Les fortes fluctuations des taux de change compromettent la stabilité économique et privent les entreprises ainsi que les ménages de la possibilité de planifier et d’anticiper les conditions futures.
Cette incertitude peut freiner l’investissement et la production et, en accentuant les pressions inflationnistes, accroître encore le coût de la vie et affecter les moyens de subsistance des citoyens.

