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Iran /Divisions: de nombreux ayatollahs de Qom ont rejoint les rangs de l’opposition

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ImageIran Focus : Depuis plus de 30 ans, l’Iran est dirigé sur la base du principe du « Velayat-e-Faghi » ou la jurisprudence du guide religieux, formulé par Rouhollah Khomeiny. Khomeiny a promu ce principe dès le début de la révolution de 1979 et a tenu pendant dix ans le titre de Vali-e-Faghi ou Guide suprême. Sa théorie lui a cependant fait défaut en 1988 quand il a dû destituer son successeur désigné, le grand ayatollah Montazeri qui avait protesté contre le nombre excessif d’exécutions politiques.

L’hodjatoleslam Abdullah Nouri, un confident de Khomeiny, ex-ministre de l’Intérieur et ex-représentant du Guide suprême dans les forces armées, a écrit par la suite dans ses mémoires sur la frustration de Khomeiny quand aux revers de sa théorie du pouvoir absolu.

Après la mort de Khomeiny en 1989, Ali Khamenei, un religieux de rang moyen, avec le titre hodjatoleslam, a été nommé nouveau guide suprême pour répondre aux exigences immédiates de l’Etat.

Aucun des grands ayatollahs n’a accepté Khamenei comme Marja ou une source d’émulation. C’est ainsi que dix ans après, lorsqu’il a été présenté comme « Marja de tous les musulmans chiites hors d’Iran », il a été ridiculisé par ses pairs et la population. Dans une tentative désespérée pour consolider une position de plus en plus vulnérable, Khamenei a donné des pouvoirs extraordinaires au Corps des gardiens de la révolution.

Le soulèvement national qui a suivi l’élection présidentielle de juin dernier a sérieusement entamé l’aura du Vali-e-Faghih, avec un nombre croissant de responsables qui se sont mis à contester l’autorité du Guide suprême.

Mohammad-Javad Larijani, un ténor du judiciaire et l’un des idéologues de la faction dirigeante, écrivait le 20 avril dans le quotidien conservateur Ressalat : « A mon avis, il y a deux facteurs évidents sur lesquels misent les Monafeghine (terme péjoratif utilisé pour désigner la principale formation de l’opposition, les Moudjahidine du Peuple) et les ennemis de l’Islam : l’un concerne [la brèche dans] les relations entre les dignitaires religieux et le gouvernement et l’autre concerne les soi-disant manifestations populaires qui ont surtout à voir avec l’économie ».

La ville sainte de Qom, au sud de la capitale, abrite de nombreux ayatollahs, dont la plupart se sont opposés à la politique du chef suprême. Pour sa part, Khamenei a utilisé sa poigne de fer et les Gardiens de la révolution pour écraser toute opposition. Suite aux manifestations déclenchées en juin dernier et les fissures qui sont apparues au sommet du régime, plusieurs membres importants du clergé ont commencé à exprimer plus ouvertement leur opposition, incitant Larijani à mettre en garde contre le fossé grandissant posant un plus grave danger que les dix mois de protestations.
 
D’autres idéologues du sérail ont également exprimé leur inquiétude en faisant valoir que la brèche au sein de l’establishment ne pouvait être colmatée avec des méthodes musclées comme celles déployées dans la rue.

La véritable crise s’est abattue sur le sommet du régime, et ils s’en lamentent. Parmi ceux qui désormais critiquent ouvertement Ali Khamenei, il y a l’ancien président du Majlis Mehdi Karroubi, l’ancien président et actuel chef du Conseil de discernement de l’Etat Ali-Akbar Hachemi Rafsandjani, l’ancien président Mohammad Khatami, l’ancien Premier ministre Mir-Hossein Moussavi ; presque tous les proches de Khomeiny, y compris ses petits-fils Hassan et Hossein et sa petite-fille Zahra Eshraqi, ainsi que les parents des plus proches collaborateurs de Khomeiny, comme le fils de l’ayatollah Beheshti, Alireza Beheshti, actuellement emprisonné, l’Ayatollah Ali Mohammad Dastgheib, un membre de l’Assemblée des experts et chef de la prière du vendredi de Chiraz, et les enfants de l’ayatollah  Ashrafi-Isfahani, représentant personnel de Khomeiny et imam du vendredi de la ville Kermanchah, et l’ayatollah Ali Qoddousi, procureur général au début des années 1980.

En plus de certains des partisans les plus en vue de Khomeiny qui sont fermement opposés à Ali Khamenei, de nombreux ayatollahs de Qom ont rejoint les rangs de l’opposition. Il y a trois groupes distincts :

Les dignitaires religieux qui ne reconnaissent pas le principe du Velayat-e-Faqih en général :

Le Grand Ayatollah Hossein Vahid Khorrasani ;
Le Grand Ayatollah Seyyed Sadeq Shirazi ;
Le Grand Ayatollah Seyyed Sadeq Rowhani.

Les dignitaires religieux qui acceptent le principe du Velayat-e-Faqih, mais qui s’opposent à Khamenei :

L’ayatollah Abdolkarim Moussavi Ardebili, un ancien chef du judiciaire et proche confident de Khomeiny ;
L’ayatollah Sanei Youssif, procureur général sous Khomeiny;
L’ayatollah Ebrahim Amini, ancien imam du vendredi à Qom et membre de l’Assemblée des experts;
L’ayatollah Reza Ostadi, ex-membre du Conseil de des Gardiens de la Constitution et de l’Assemblée des experts;
ainsi que des religieux qui assistent aux sessions du Conseil des oulémas de Qom.

Les clercs qui appuient Khamenei et Ahmadinejad:

L’ayatollah Mohammad Taghi Mesbah Yazdi;
L’ayatollah Mohammad Yazdi, un ancien chef du judiciaire et membre actuel du Conseil des gardiens de la constitution;
L’ayatollah Ahmad Jannati, chef du Conseil des gardiens de la constitution;
L’ayatollah Hossein Nouri Hamedani

 

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