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La mort d’un chef des taliban lors de la frappe d’un drone américain a attiré les attentions sur l’alliance existante entre le régime iranien et les taliban afghans

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La mort d’un chef des taliban lors de la frappe d’un drone américain a attiré les attentions sur l’alliance existante entre le régime iranien et les taliban afghans

 

Londres, le 23 mai – La mort du chef des taliban, Mollah Akhtar Mohammed Mansour, lors de la frappe d’un drone américain a attiré les attentions sur l’alliance existante entre le régime iranien et les taliban afghans.

Mansour et son chauffeur ont été tués alors qu’il se déplaçaient sur la route principale entre l’Iran et Quetta (la capitale d’une province située au sud-ouest du Pakistan). Mansour venait juste de rentrer d’Iran lorsqu’un drone l’a frappé.

Cela a été confirmé par un agent d’immigration dans la ville frontalière de Taftan. Selon lui, Mansour avait sur lui des euros qu’il a échangés contre des roupies pakistanaises. Cependant, le ministère iranien des Affaires étrangères a nié que Mansour soit entré au Pakistan en venant d’Iran.

The Guardian précise que le Pakistan est généralement soupçonné de soutenir les talibans ; l’Iran, pour sa part, leur fournit des armes et de l’argent et constitue un sanctuaire pour eux. Le régime iranien est chiite et a des différences confessionnelles avec ce groupe sunnite, mais le régime iranien et les taliban ont des intérêts communs et coopèrent ensemble contre des ennemis communs.

Le but du déplacement de Mansour en Iran est inconnu, mais on soupçonne qu’il a rencontré en Iran les Gardiens de la Révolution du régime iranien, ainsi que des Afghans vivant dans l’est de l’Iran.

Michael Semple, un spécialiste de cette région, estime que les voyages de Mansour en Iran auraient provoqué l’indignation parmi les talibans.

Une source afghane a déclaré que l’approfondissement des coopérations entre l’Iran et les taliban serait dû à la menace que constitue Daech en Afghanistan.

La source a déclaré : « L’émergence de Daech est la principale raison [de leur coopération]. Par ailleurs, l’Iran a des intérêts en Afghanistan, et si les talibans peuvent servir les intérêts de l’Iran pourquoi ce dernier ne les utiliserait pas ? »

Cette source dit que Téhéran veut empêcher que les talibans s’allient avec l’Arabie Saoudite.

Selon les médias pakistanais, dans la voiture détruit par la frappe du drone américain, il y a eu aussi un passager au nom de Wali Muhammad dont le passeport a été trouvé sur place.

Les sources afghanes disent pour leurs parts que « Wali Muhammad » était un nom d’empreinte utilisé par Mansour et que la photo du passeport trouvé sur place lui ressemble. Sur ce passeport, il y a des tampons montrant une entrée en Iran à la fin de mars 2016 et un retour au Pakistan à la date du 21 mai 2016.

Le ministère des Affaires étrangère du Pakistan a publié un communiqué dans lequel il a déclaré : « Un individu nommé Wali Muhammad – fils de Shah Muhammad, portant une carte d’identité et un passeport pakistanais – est entré au Pakistan [en provenance de l’Iran], en passant par la frontière Taftan. Son passeport portait un visa iranien valide. »

Les services pakistanais enquêtent sur ce passeport et sur l’identité du conducteur et du passager dans le véhicule visé par le drone. Selon un reportage d’ARY News (une chaîne télévisée pakistanaise), le conducteur a été identifié comme Mohammed Azam, un chauffeur de taxi.

Selon Gandhara, les États-Unis ont été informé par le Service de sécurité du Pakistan sur la présence de Mansour dans ce pays. Les services de sécurité pakistanais protègent souvent les taliban dans le but de protéger les intérêts du Pakistan dans d’autres pays du Moyen-Orient, mais ces services auraient décidé de donner cette information aux services américains pour atténuer d’autres frappes de drones dans la région.

Leur source a déclaré : « Les services de renseignements pakistanais semblent avoir livré cette information aux américains en échange de promesses de recevoir des avions de chasse F-16 et d’autres aides, et pour que Washington réduise les pressions qu’il exerce contre le Pakistan sur d’autres sujets. »

Au début de ce mois-ci, le Sénat des Etats-Unis a décrit le Pakistan comme un « ami-ennemi » et a bloqué un accord d’un montant de 700 millions de dollars avec Lockheed Martin concernant la vente au Pakistan de huit F-16 et d’autres équipements militaires.

Par ailleurs, le Congrès des Etats-Unis a adopté un budget de la défense octroyant une aide de 450 millions de dollars à Islamabad afin de lutter contre Haqqani (une branche des talibans).

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