Le journal britannique The Telegraph a fait état de discordes croissantes au sein du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) suite à la chute de Bachar al-Assad.
Selon le journal, les commandants du CGRI sont en colère contre l’effondrement du gouvernement de Bachar al-Assad et se rejettent mutuellement la responsabilité de sa chute et de la perte d’influence du régime iranien dans la région.
Deux responsables du CGRI, cités par le journal, ont déclaré que personne n’était prêt à assumer la responsabilité de cette affaire.
Un responsable du CGRI a déclaré au Telegraph : « Personne ne s’attendait à ce qu’Assad s’enfuie, et la raison de leur intérêt pour lui n’était pas personnelle mais de maintenir une proximité avec Israël et le Hezbollah. »
En plus d’intervenir dans la guerre civile syrienne, le régime iranien a dépensé des milliards de dollars pour soutenir le régime d’Assad.
Bahram Parsaei, ancien membre du parlement iranien, avait écrit sur X : « Quand j’étais au parlement, la dette de la Syrie et de Bachar al-Assad envers l’Iran s’élevait à 30 milliards de dollars, ce qui n’avait pas été approuvé par le parlement, contrairement à l’article 80 de la Constitution. »
Le Telegraph a souligné dans son rapport que sous le régime de Bachar al-Assad, la Syrie était la principale voie par laquelle l’Iran fournissait des armes au Hezbollah au Liban.
Un autre responsable du CGRI a déclaré au Telegraph que les responsables militaires du régime iranien se concentraient désormais sur la façon de sortir de cette impasse.
Il a ajouté : « Certains au sein du CGRI accusent Esmail Qaani, le commandant de la Force Qods. »
Le responsable du CGRI a déclaré : « Personne n’ose l’admettre, mais il n’a rien fait pour empêcher la perte des intérêts de l’Iran et s’est contenté d’observer les événements depuis Téhéran. »
Le premier responsable du CGRI a fait référence aux rumeurs selon lesquelles le chef du régime iranien Ali Khamenei aurait ordonné le remplacement de Qaain, affirmant que « beaucoup réclament son remplacement ».
Il a ajouté que « Khamenei a récemment convoqué les commandants du CGRI à plusieurs reprises alors que les forces rebelles opposées à Assad avançaient vers Damas ».
Le régime d’Assad était un élément central de ce que l’Iran appelle « l’Axe de la Résistance » au Moyen-Orient, et sa chute a considérablement affaibli l’influence régionale du régime iranien.
L’agence de presse française AFP, dans une analyse, a fait référence aux images « inimaginables » des opposants d’Assad entrant dans l’ambassade du régime iranien à Damas, évoquant la destruction de ce « lien clé de l’Axe de la Résistance », et a ajouté que le régime iranien tente de s’adapter à la nouvelle réalité de la Syrie.
La chaîne française Channel 24 a également diffusé des images montrant des opposants à Assad dans l’ambassade du régime iranien à Damas, notamment des images déchirées de Ruhollah Khomeini, Ali Khamenei, Qassem Soleimani et Hassan Nasrallah, décrivant cet événement comme un « tournant ».

