L’Institut de recherche Alma, en Israël, a publié un rapport analysant les activités du régime iranien en Jordanie, par l’intermédiaire de la Force Al-Qods du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) et du Hezbollah libanais. Ce rapport examine les objectifs et les implications régionales de ces opérations.
Selon le rapport, la Jordanie a été pendant des années le principal théâtre d’opérations du régime iranien et du Hezbollah. Cette situation a eu un impact direct sur l’évolution de la situation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.
L’Institut Alma note que le régime iranien et le Hezbollah sont actifs en Jordanie depuis plus de vingt-cinq ans. Leurs efforts se sont intensifiés en mai 2000, coïncidant avec le retrait de l’armée israélienne du Sud-Liban.
Objectif : Déstabiliser la Jordanie et lancer des attaques contre Israël
Le rapport Alma indique que ces opérations poursuivent deux objectifs principaux : premièrement, déstabiliser la souveraineté de la Jordanie par des opérations terroristes à l’intérieur du pays afin de créer une base pour l’axe chiite ; deuxièmement, mener des opérations terroristes directes contre Israël depuis le territoire jordanien, ainsi que soutenir les activités terroristes en Cisjordanie. Dans ce contexte, la Jordanie sert de pays de transit, notamment pour la contrebande d’armes en Cisjordanie, avec pour objectif ultime de nuire gravement aux relations entre Amman et Tel-Aviv.
Selon le rapport, le régime iranien et le Hezbollah mènent ces activités en établissant des liens directs avec divers groupes en Jordanie, notamment les Frères musulmans et les Palestiniens vivant dans des camps de réfugiés. Ces liens sont également entretenus indirectement par l’intermédiaire d’organisations palestiniennes basées au Liban, ainsi que par des chiites se rendant en Jordanie à des fins commerciales ou pour se rendre en pèlerinage sur des lieux saints chiites.
L’Institut Alma indique que l’Unité 3900 est une force conjointe composée d’agents du Hezbollah et de la branche palestinienne de la Force Qods du CGRI. Elle est commandée par Mohammad Saeed Izadi, alias « Haj Ramadan ». Sa mission principale est de collaborer avec les groupes terroristes palestiniens pour mener des opérations contre des cibles et des intérêts israéliens dans le monde entier. Cette coopération comprend un soutien financier, le transfert d’expertise technique et la fourniture d’équipements.
Le rapport ajoute que le 1er avril dernier, un immeuble de neuf étages dans le quartier de Dahiyeh à Beyrouth a été la cible d’une frappe aérienne. La cible de l’attaque était Hassan Bdeir, alias « Haj Rabih », un haut responsable de l’Unité 3900. Il était l’un des principaux agents coordonnant les éléments du Hamas et aurait tenté d’orchestrer une attaque de grande envergure contre des civils israéliens dans un avenir proche.
Selon le rapport, « Le 15 avril, il a été signalé que les services de renseignement jordaniens avaient réussi à déjouer et à démasquer une importante infrastructure terroriste dont les activités avaient débuté en 2021 et qui était sur le point de mettre à exécution certains de ses plans. Seize agents impliqués ont été arrêtés. Ces agents, qui semblent appartenir au mouvement des Frères musulmans en Jordanie, ont suivi une formation au Liban et ont bénéficié du soutien financier et des compétences professionnelles d’agents libanais du Hamas-Liban.»
L’institut a également souligné qu’aucun lien direct n’avait été établi entre l’assassinat d’Hassan Bdeir – « qui dirigeait les agents du Hamas et les a aidés à mener une attaque sérieuse à court terme contre des civils israéliens » – et l’infrastructure terroriste découverte en Jordanie. La branche palestinienne de la Force Al-Qods et l’Unité 3900 opèrent simultanément sur plusieurs fronts, et il est possible que Bdeir ait été ciblé en raison d’autres activités.
L’Institut Alma conclut son rapport en affirmant que la Jordanie a toujours occupé une place particulière dans les plans stratégiques du régime iranien et qu’elle est redevenue un théâtre alternatif de premier plan au vu des récents développements. L’effondrement du pouvoir de Bachar el-Assad en Syrie et les conséquences de la récente guerre au Liban ont
réduit l’accès direct de l’Iran au front syrien contre Israël. Au Liban, Téhéran a réorienté ses efforts vers la reconstruction et le renforcement des capacités militaires du Hezbollah, même si cet effort se heurte à de nombreux défis en raison du conflit en cours. Dans ce contexte, les caractéristiques géographiques et politiques de la Jordanie en font une alternative viable dans la stratégie régionale du régime iranien.

