Iran and its NeighboursIrakRevirement de la Maison Blanche qui refuse maintenant de...

Revirement de la Maison Blanche qui refuse maintenant de négocier directement avec l’Iran

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The Guardian, 25 mai

• Le durcissement de la politique de Bush repousse la démarche opérée par Téhéran

• Cette initiative semble étonner l’ambassadeur américain en Irak

Julian Borger à Washington et Ewen MacAskill

– Hier, la Maison Blanche a rejeté l’idée de pourparlers directs entre Téhéran et l’ambassadeur américain à Bagdad au sujet de la situation en Irak pour lesquels elle avait précédemment donné son autorisation. Cette initiative indique un durcissement de la position de l’administration Bush, malgré la pression de la communauté internationale pour que les USA mènent un dialogue direct avec l’Iran.

Un haut responsable à la Maison Blanche a déclaré que bien que l’ambassadeur américain avait reçu la permission pour des discussions avec l’Iran, « nous avons décidé de ne pas l’appliquer ».

Les diplomates occidentaux espéraient que les négociations sur l’Irak puissent s’élargir à une discussion sur le programme d’armes nucléaires présumé de l’Iran. Ces dernières semaines, l’Iran a réclamé des pourparlers directs avec Washington sur la question nucléaire et Kofi Annan, secrétaire général des Nations Unies, ainsi que d’autres pays tels que l’Allemagne, ont fait pression sur l’administration Bush pour qu’elle mène ces négociations directes.

La décision de Washington de ne pas mener de négociations avec l’Iran au sujet de l’Irak, qui auraient été conduites par l’ambassadeur américain Zalmay Khalilzad, survient au moment de la réunion des Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, la Russie et la Chine hier soir à Londres pour discuter d’une nouvelle offre à l’Iran. Le bureau des Affaires étrangères a rapporté les progrès réalisés vers l’adoption d’une stratégie alternant bâtons et carottes afin d’inciter l’Iran à suspendre son programme d’enrichissement d’uranium, considéré par l’Occident comme un pas vers l’accession à la capacité nucléaire.

Ces progrès réalisés au meeting contrastent avec une discussion animée le 8 mai entre les ministres des Affaires étrangères des six pays à New York.

La décision de ne pas mener de négociations expose les failles au sein de l’administration Bush concernant la façon de gérer la crise iranienne. M. Khalilzad avait déclaré à la presse dimanche que la formation du gouvernement irakien avait déblayé le terrain pour des négociations directes avec les dirigeants iraniens. « Nous avons un grand nombre de sujets à traiter avec eux concernant nos préoccupations et ce que nous envisageons pour l’Irak et nous sommes prêts à écouter leurs propres inquiétudes », a-t-il dit à Associated Press.

Cependant, Frederick Jones, porte-parole du Conseil de la sécurité nationale, a déclaré hier qu’il n’y avait plus aucun projet de négociations. « Nous allons analyser la situation et déterminer quand des pourparlers avec les Iraniens au sujet de la situation en Irak seraient utiles », a-t-il dit, indiquant que les Etats-Unis avaient discuté avec l’Iran de l’Afghanistan et du trafic de drogue. « Si cela est utile pour l’Irak, nous le ferons. Mais nous allons faire une évaluation en nous basant sur ce qui est utile. »

Les USA n’ont aucun contact officiel avec le gouvernement iranien depuis que des étudiants ont pris 52 Américains en otages en 1979 à Téhéran.

La ligne de conduite sévère de la Maison Blanche semble prendre le bureau de M. Khalilzad par surprise. Un haut responsable américain à Bagdad a affirmé que les hauts responsables, dont la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, avaient antérieurement expliqué à M. Khalilzad que les discussions avec les Iraniens pourraient avoir lieu une fois que le gouvernement à Bagdad sera formé.

Les avis divergeaient également sur la façon de réagir à la lettre du président Mahmoud Ahmadinejad à George Bush. Le Washington Post a rapporté que certains experts du renseignement voyaient en la lettre une ouverture diplomatique significative et que les experts du gouvernement américain avaient « exercé une pression croissante » sur la Maison Blanche pour qu’elle y réponde.

Toutefois, Tony Snow, porte-parole de la Maison Blanche, a exclu hier toute réponse de la sorte. « L’Iran, qui répond à la pression, tente de changer de sujet, mais nous ne les laisserons pas changer de sujet » », a-t-il dit. Il a ajouté que la condition préalable à des négociations bilatérales serait que l’Iran cesse l’enrichissement d’uranium et ne fasse « rien qui mène le pays à la capacité de développer des armes nucléaires ».

Au meeting de Londres, les hauts responsables ont discuté en détails de l’offre de construction d’un réacteur à eau légère pour l’Iran, considéré comme une menace moins importante que son programme d’enrichissement d’uranium. Mais cette série de mesures comprend aussi une menace de sanction contre l’Iran s’il refusait de suspendre l’enrichissement d’uranium.

Ces sanctions incluent un embargo sur la vente d’armes, aucun transfert de technologie, aucun visa pour les dirigeants et les officiels iraniens et le gel de leurs capitaux.

Il y aurait également un embargo sur la livraison de produits raffinés du pétrole en Iran. Bien que l’Iran soit un pays leader dans la production de pétrole brut, il manque d’essence et d’autres produits dérivés.

Les diplomates occidentaux se préparent à un refus des Iraniens. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, reviendraient alors au Conseil de Sécurité de l’ONU pour définir une résolution imposant un délai à l’Iran pour qu’il suspende son programme d’enrichissement d’uranium ou fasse face à des sanctions.

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