Iran and its NeighboursIrakLondres blâme l'Iran et espère se retirer d'Irak

Londres blâme l’Iran et espère se retirer d’Irak

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Le Figaro, 28 novembre – par Renaud Girard – Le ministre britannique de la Défense ne veut pas qu’« un seul soldat reste en Irak plus longtemps que nécessaire ».

Durant la seconde moitié de l’année 2002, la politique étrangère du Royaume-Uni fut entièrement tournée vers la préparation de l’intervention en Irak aux côtés des Américains, dont le principe avait été arrêté lors du sommet Bush-Blair du mois d’avril, au ranch de Crawford. Pour la seconde moitié de l’année 2006, c’est la démarche inverse qui agite Whitehall : comment réussir à quitter l’Irak au plus vite ? C’est dans le cadre de cette nouvelle stratégie du blairisme finissant que s’inscrit le discours qu’a prononcé hier, devant le Royal Institute of International Affairs (RIIA), le ministre britannique de la Défense, Des Browne. « Je peux vous dire que, d’ici à la fin de l’année prochaine, je m’attends à ce que nos troupes soient réduites de manière significative, de plusieurs milliers d’hommes », a déclaré le ministre.

Quelque 7 100 militaires britanniques sont déployés en Irak, principalement dans le sud du pays, région très majoritairement peuplée d’Arabes musulmans chiites. Au total 126 soldats de Sa Majesté sont morts en Irak depuis le début de l’invasion, le 20 mars 2003. La coalition occidentale est désormais en guerre entre le Tigre et l’Euphrate depuis plus longtemps que les États-Unis ne le furent contre l’Allemagne pendant le second conflit mondial (11 décembre 1941-8 mai 1945).

Le patron de l’armée britannique a indiqué que la planification de ce retrait espéré avait commencé « il y a quelques mois déjà », et il a insisté sur le fait qu’il ne voulait pas qu’« un seul soldat reste en Irak plus longtemps que nécessaire ». Par ailleurs, Des Browne a estimé que la « stratégie de la coalition faisait des progrès en Irak », sans toutefois apporter de preuves matérielles de ce qu’il avançait. Le ministre a imputé le haut niveau de violence dans le pays premièrement à al-Qaida, puis a affirmé que les Anglo-Américains avaient compris « comment répondre à ce très sérieux défi ».

LE REGIME DE TEHERAN ACCUSE

Mais le chef des soldats de la Couronne a quand même reconnu que l’Organisation inspirée par Oussama ben Laden et, de manière générale, les insurgés irakiens sunnites, n’étaient pas les seuls responsables de ces violences. En ne quittant jamais le champ de la litote, afin de ne pas prononcer le redoutable mot de « guerre civile », le ministre a abordé le conflit chiites-sunnites interne à l’Irak par le biais du rôle qu’y joue l’Iran voisin. Il a accusé le régime islamiste chiite de Téhéran d’alimenter la guerre civile en Irak – jamais nommée pour cause d’understatement britannique -, attitude qu’il a jugée « inacceptable ». « L’Iran a une influence en Irak : le pouvoir d’abaisser ou d’augmenter la tension, d’ouvrir ou de fermer le dialogue, a dit M. Browne. Il n’use pas bien de cette influence. Le soutien, de l’intérieur, va à des groupes qui attaquent nos forces, mais aussi à des groupes qui alimentent la violence communautaire. C’est inacceptable. » Le ministre n’a toutefois rien proposé de concret pour ramener le régime des mollahs de Téhéran à la raison, qu’il a menacé d’un simple « isolement croissant », au cas où il ne répondrait pas à l’offre de la coalition de devenir un « partenaire constructif ».

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