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Iran : 15 ans après, le lieu de sépulture de Farzad Kamangar et d’autres reste inconnu

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Quinze ans après l’exécution secrète de Farzad Kamangar, enseignant et militant des droits humains, et de quatre autres prisonniers politiques, Ali Heydarian, Shirin Alam-Houli, Farhad Vakili et Mehdi Eslamian, on ignore toujours leurs restes ni leur lieu de sépulture. Ils ont été pendus le 9 mai 2010 à la prison d’Evin, à Téhéran.

Les autorités judiciaires et les services de sécurité du régime iranien ont empêché la restitution des corps de ces cinq prisonniers politiques exécutés à leurs familles et ont refusé de divulguer leurs lieux de sépulture.

Au cours des quatre dernières décennies, le régime iranien a violé à maintes reprises les droits fondamentaux des familles des personnes tuées ou exécutées pour des raisons politiques, en retenant les corps et en refusant de les restituer à leurs proches.

La disparition forcée constitue une violation de l’article 6 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui affirme que « Toute personne a droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique ».

Arrestation et exécution
Kamangar, Heydarian, Alam-Houli, Vakili et Eslamian ont été arrêtés par les forces de sécurité du régime iranien entre août 2006 et mai 2010. Après des mois de torture physique et psychologique, ils ont été condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire dans trois affaires distinctes.

Le 9 mai 2010, ils ont été pendus lors d’une exécution secrète sur le parking de la prison d’Evin, sans procédure régulière et sans que leurs avocats ni leurs familles n’en soient informés.

Le prononcé et l’exécution des peines de mort de ces cinq prisonniers politiques ont déclenché une vague de protestations nationales et internationales. L’avocat de Kamangar a accusé le système judiciaire iranien de manquer d’indépendance et d’agir politiquement dans le traitement de l’affaire de son client, déclarant : « Le tribunal n’a pas entendu les arguments, et mon client est innocent. »

Les organisations de défense des droits humains ont déclaré à plusieurs reprises que les procédures judiciaires dans ces affaires étaient entachées de violations flagrantes, notamment d’arrestations illégales, d’isolement cellulaire prolongé, de manque d’accès à un avocat pendant la détention, de tortures physiques et psychologiques, et de nombreuses violations des garanties procédurales.

À l’époque, il a été rapporté que Kamangar, Vakili et Heydarian avaient été reconnus coupables de « mohareb » (ennemis de Dieu) et condamnés à mort à l’issue d’un procès de sept minutes, sans aucune possibilité de se défendre.

« Journée des enseignants libres »
À l’occasion du premier anniversaire de l’exécution de ces prisonniers politiques, plusieurs associations d’enseignants en Iran ont commémoré l’héritage de Farzad Kamangar, enseignant, militant syndical et défenseur des droits humains, et, à l’occasion de la Semaine de reconnaissance des enseignants en Iran, ont déclaré le 9 mai « Journée des enseignants libres ».

Dans une de ses lettres de prison, Kamangar se présentait comme un enseignant du public de la ville de Kamyaran, fort de douze ans d’expérience dans l’enseignement. Il a été membre du conseil d’administration du syndicat des enseignants de Kamyaran, du comité de rédaction du mensuel éducatif et culturel « Ruyan », du conseil d’administration de la Société environnementale de Kamyaran (ASAK) et de l’organisation des Militants des droits de l’homme en Iran (HRANA).

Iran : 15 ans après, le lieu de sépulture de Farzad Kamangar et d’autres reste inconnuCe passage de la lettre de Kamangar, écrite en prison en mars 2008, est resté gravé dans la mémoire collective du peuple iranien : « N’oubliez pas de ne pas tourner le dos à la poésie, au chant et à vos rêves. Apprenez à vos enfants à être, pour leur patrie, aujourd’hui et pour les jours à venir, un enfant fait de poésie et de pluie. »

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