Au neuvième jour des manifestations nationales en Iran, les rassemblements et les grèves des commerçants des bazars se sont poursuivis, et le régime iranien a une nouvelle fois tenté de réprimer les protestations par la violence. De nombreuses personnalités publiques, organisations et athlètes, en Iran et à l’étranger, ont apporté leur soutien aux manifestants.
Selon des informations publiées sur les réseaux sociaux, des magasins dans plusieurs villes iraniennes, notamment dans certains quartiers de Téhéran (la capitale), de Karaj (près de Téhéran), de Marvdasht, de Kazerun et dans la ville portuaire de Bandar Ganaveh, sont restés fermés le lundi 5 janvier en raison d’une grève des commerçants.
Dans la capitale iranienne, les forces de répression et les unités spéciales du régime iranien étaient en état d’alerte dans plusieurs zones, notamment devant l’université de Téhéran, l’une des principales universités publiques du pays.
Parallèlement, les commerçants du quartier de Cheragh Bargh, dans le bazar de Téhéran, et les négociants du marché du fer de la ville ont rejoint le mouvement de grève nationale en fermant leurs boutiques. Par la suite, des commerçants de bazars se sont confrontés aux forces de sécurité du régime iranien.
Manifestation à Yasuj
À Yasuj, capitale de la province de Kohgiluyeh-et-Boyer-Ahmad, des manifestants ont organisé une manifestation de rue. Des vidéos diffusées montrent des agents de la répression s’en prenant aux familles de détenus de Yasuj devant le bâtiment du gouvernorat.
Arrestation de centaines d’adolescents, menaces du pouvoir judiciaire et coupures d’internet
Alors que les manifestations se poursuivaient dans différentes régions du pays, des dizaines de citoyens, adolescents et adultes, ont été arrêtés dans plusieurs villes. Ces arrestations ont principalement eu lieu lors de manifestations et de rassemblements publics et, dans de nombreux cas, ont été accompagnées de violences. Les forces de sécurité ont procédé à des arrestations massives lors de raids nocturnes, frappant les manifestants, pénétrant dans des domiciles privés et confisquant leurs effets personnels.
Nombre de personnes détenues, notamment des écoliers, des étudiants, des enseignants, des femmes et des citoyens ordinaires, ont été transférées vers des lieux inconnus sans mandat judiciaire ni notification officielle. Des rapports de terrain indiquent que la plupart des familles ignorent toujours le sort de leurs enfants et proches détenus, et qu’aucun contact ni visite n’est possible. Les services de sécurité n’ont jusqu’à présent publié aucune information officielle concernant les charges retenues contre les détenus, et l’absence d’informations sur leur état de santé, leur lieu de détention et leur accès à un avocat a exacerbé les inquiétudes. Ces circonstances ont incité les organisations de défense des droits humains à alerter sur l’aggravation des violations systématiques des droits fondamentaux des citoyens.
Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire du régime iranien, a déclaré lundi : « Il ne saurait y avoir la moindre indulgence envers les émeutiers. Si des concessions ont été faites par le passé, nous n’en ferons aucune cette fois-ci, car le régime israélien et le président américain, insensé et irrationnel, ont officiellement soutenu les émeutes. »
Sattar Hashemi, ministre iranien des Communications et des Technologies de l’information, a déclaré, concernant les restrictions et coupures d’internet, que cette politique n’est ni « absolue ni permanente » et dépend de conditions spécifiques et de décisions prises en tenant compte de la sécurité, des moyens de subsistance et de la « protection de la vie des citoyens ».
Ces derniers jours, parallèlement à la propagation des manifestations à travers le pays, l’accès à internet a été restreint ou coupé dans certaines régions d’Iran.
Selon le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), 18 citoyens ont été tués par les forces de sécurité du régime iranien.
D’après des vidéos et des témoignages de terrain, les districts de Sonqor et de Kolyai, dans la province de Kermanshah, ont été parmi les premiers à connaître une forte présence de manifestants. Sur la rue principale de Sonqor et sur la place Moallem, une foule importante s’est rassemblée en scandant « Ni Gaza ni le Liban, je sacrifie ma vie pour l’Iran » et « Mort au dictateur ».
À Yasuj, les familles des personnes détenues lors du soulèvement national ont organisé un rassemblement pour exiger la libération immédiate de leurs proches. Le rassemblement s’est déroulé au son des slogans « Liberté, liberté, liberté » et reflétait la colère généralisée face aux arrestations massives et à la répression brutale du régime clérical.

