Soheil Arabi, un ancien prisonnier politique récemment libéré de la prison de Ghezel Hesar à Karaj, a décrit les conditions de détention des opposants au régime iranien dans le « Quartier 35, Unité 3 » de l’établissement, dans une lettre intitulée « Emprisonnement en temps de guerre : lutter pour survivre à la prison de Ghezel Hesar ».
Dans cette lettre, il évoque la présence de détenus condamnés à mort, l’atmosphère funeste qui règne dans le quartier, les restrictions sévères en matière de communication — notamment la privation d’appels téléphoniques et de visites — ainsi que les comportements violents et les actes de torture perpétrés par les responsables pénitentiaires.
Arabi raconte avoir vu plusieurs jeunes codétenus, nés dans la seconde moitié des années 2000 et âgés de moins de 20 ans, faire bouger leur cou de haut en bas et de gauche à droite pour préparer leurs muscles à la corde du bourreau.
Il fait également référence aux exécutions de Hamzeh, Saeed, Pouya Ghobadi et plusieurs autres de ses codétenus en mars et avril de cette année, ajoutant : « Ce n’est pas seulement une prison ; c’est un lieu où l’on brise les gens avant de les exécuter. Le bruit des tuyaux frappant les corps des détenus, les rires des gardiens et des phrases telles que « Les gars, préparez-vous à accueillir un opposant au régime » font partie du quotidien. »
Selon ce prisonnier politique, les conditions de détention déplorables — cellules exiguës, surpopulation, absence d’accès à des espaces de promenade en plein air, nourriture insuffisante et de mauvaise qualité, manque d’installations sanitaires, entassement de dix détenus dans une cellule de 12 mètres carrés, un gobelet unique partagé par tous, du thé servi dans une bouteille en plastique écrasée, et l’impossibilité imposée à de nombreux détenus de contacter leur famille — ne sont que quelques-unes des épreuves endurées dans le Quartier 35 de la prison de Ghezel Hesar.

