La campagne des mardis contre les exécutions — un mouvement de protestation contre les exécutions initié par des détenus dans plusieurs prisons iraniennes — est entrée dans sa 127e semaine ce mardi 30 juin. Ce mouvement, qui constitue la plus longue action de protestation et grève de la faim menée par des prisonniers en Iran, a ainsi atteint une phase critique. À cette occasion, les détenus participant à la campagne ont publié une déclaration ; tout en passant en revue les crimes les plus marquants commis en Iran au cours de la semaine écoulée, ils ont appelé à une réaction mondiale face à ces exécutions.
Poursuite de La campagne des mardis contre les exécutions dans 57 prisons différentes pour sa 127e semaine
La machine d’exécution et de répression du gouvernement autoritaire au pouvoir continue de fonctionner ; chaque jour, des prisonniers politiques ainsi que des condamnés de droit commun sont exécutés à travers le pays.
Le pouvoir judiciaire du régime iranien a annoncé que, depuis le début du conflit récent, 3 292 personnes ont été arrêtées pour « collaboration avec l’ennemi ». Ce chiffre s’inscrit dans une nouvelle phase de répression visant les manifestants, faisant suite à la répression des soulèvements nationaux de janvier 2026 par les forces militaires et de sécurité ; de nombreux détenus risquent désormais la peine de mort ou de lourdes peines de prison. Le procureur de Sari, ville du nord de l’Iran, a indiqué que 700 dossiers avaient été ouverts à l’encontre de manifestants ayant pris part au soulèvement de janvier. Ahmad Alamolhoda, l’imam de la prière du vendredi à Machhad, a également fait état de milliers de dossiers visant des personnes arrêtées lors de ce même soulèvement.
Le nombre d’exécutions recensées entre le 22 mai et le 21 juin s’élève à environ 140.
Le bilan de ce régime est marqué par des violations généralisées et flagrantes des droits humains, ainsi que par l’usage des exécutions comme instrument de répression et d’intimidation. En Iran, des milliers de familles pleurent des proches victimes de la volonté répressive du régime et de procédures inhumaines. C’est dans ce contexte que s’élève, depuis les profondeurs de la douleur et de l’injustice, la voix d’un père demandant : « Où se trouve la tombe de mon fils ? » Il s’agit du père de Vahid Bani Amirian, un prisonnier politique exécuté en avril à la prison de Qezel Hesar en compagnie de cinq autres détenus politiques. D’autres familles, à qui les corps de leurs enfants n’ont même pas été restitués, expriment non seulement une revendication personnelle, mais aussi le cri collectif de nombreuses personnes en quête de justice, privées du droit fondamental de connaître le lieu de sépulture de leurs proches. Cette privation constitue une prolongation du châtiment au-delà de la mort et une violation manifeste de la dignité humaine ; la souffrance ne connaît pas de fin et le deuil lui-même est rendu impossible.
Face à cette répression et à cette brutalité d’un autre âge, la voix des prisonniers participant à la campagne « des mardis contre les exécutions » continue de s’élever. Chaque mardi, sans relâche, ils rappellent la nécessité d’abolir la peine de mort et d’instaurer la liberté et l’égalité en Iran.
Ce mardi 30 juin, marquant la 127e semaine de mobilisation, les membres de la campagne « des mardis contre les exécutions » observent une grève de la faim dans 57 prisons à travers l’Iran.

