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Les forces américaines en Irak exposent les preuves de l’existence d’armes iraniennes

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Reuters, Bagdad, 11 février – Par Ibon Villelabeitia – Les forces américaines en Irak ont affirmé dimanche qu’un « nombre croissant » de preuves indiquaient que des armes iraniennes étaient utilisées pour tuer leurs soldats, l’Amérique reprochant à Téhéran son rôle dans l’aggravation du conflit.

Un haut responsable à la défense de la Force multinationale menée par les USA à Bagdad a déclaré à la presse que 170 soldats de la coalition avaient été tués par des bombes de bord de route de fabrication iranienne, connues sous le nom de explosively formed penetrators (EFP), qui seraient entrées clandestinement en Irak.

De hauts responsables ont montré aux journalistes des fragments de ces armes dites de fabrication iranienne, dont une pièce d’EFP, arme suffisamment puissante pour percer le blindage des chars Abrams.

« Ces armes ont la caractéristique unique d’être fabriquées en Iran… L’Iran est le seul pays de la région qui produise ce type d’arme », a affirmé le haut responsable à la défense depuis Bagdad, qui a divulgué ces informations à la presse sous couvert de l’anonymat.

Ces hauts dirigeants ont annoncé qu’ils détenaient maintenant les preuves de « l’importante augmentation » du nombre d’armes sophistiquées utilisées par des militants irakiens contre les forces américaines en 2006.

Washington accuse l’Iran depuis un certain temps de fomenter les troubles en Irak en fournissant de la technologie de fabrication de bombes sophistiquées, des fonds et un entraînement aux groupes chiites, dont certains ont des liens avec le gouvernement irakien chiite.

« Nous estimons que la source des activités vient des plus hautes sphères du gouvernement iranien », a affirmé un des hauts responsables, expert à la défense, en référence à l’entraînement et au financement de groupes
militants irakiens.

Téhéran nie ces accusations et porte la responsabilité des violences et de la flambée des tensions entre chiites et Arabes sunnites, autrefois en position de domination, sur les soldats américains.

« Nous sommes amis avec l’Irak. Nous avons une culture et une histoire en commun ; la stabilité, la sécurité et l’intégrité de l’Irak et celles de l’Iran sont liées », a déclaré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors d’un rassemblement dimanche à Téhéran, à l’occasion du 28e anniversaire de la révolution islamique de 1979.

« Vous nous appelez à l’aide en Irak, mais vous n’avez pas tenu compte de nos conseils et avez préféré arrêter plusieurs personnes », a-t-il dit en référence à la capture par les forces américaines de plusieurs Iraniens en Irak ces deux derniers mois.

Le briefing du haut responsable à la défense et des autres officiers de la coalition a lieu sur fond de montée en puissance des tensions au sujet des ambitions nucléaires de Téhéran.

DES GROUPES ALLIÉS

Ces dirigeants ont également affirmé que l’Iran avait plusieurs groupes
alliés sous ses ordres, opérant en Irak et utilisant des EFP, parmi eux des éléments de l’armée Mehdi du religieux radical chiite Moqtada al-Sadr, à qui l’Iran fournit des armes, ainsi qu’un entraînement à la guérilla.

Le Pentagone considère l’armée Mahdi comme la pire menace à la paix en Irak. Al Sadr, allié politique clé du Premier ministre irakien, nie tout
implication dans les attaques contre les troupes.

L’Iran chiite, non arabe, a renoué ses relations diplomatiques avec l’Irak après la chute de Saddam Hussein lors de l’invasion menée par l’Amérique en 2003.

Washington, qui affirme que Téhéran cherche à développer la bombe nucléaire sous couvert d’un programme d’énergie nucléaire, a averti l’Iran à plusieurs reprises de ne pas fomenter la violence en Irak.

Deux porte-avions américains sont stationnés dans le Golfe, comme un
avertissement destiné à l’Iran, bien que le président George W. Bush ait assuré qu’il n’avait pas l’intention d’envahir la République islamique.

Certains opposants à la guerre affirment que le discours de l’administration Bush sur l’Iran rappelle les commentaires antérieurs à l’invasion de 2003.

La justification principale donnée à cette invasion était que l’Irak
détenait des armes de destruction massive, mais celles-ci n’ont jamais été trouvées ; Washington a ensuite mis cela sur le dos de renseignements erronés.

Au vu des critiques qui poursuivent Bush concernant sa réaction à ces
informations, les hauts responsables américains ont travaillé avec beaucoup plus de soin le dossier servant à justifier le fait que l’Iran intervient en Irak.

Les dirigeants américains ne veulent pas être accusés d’avoir exagéré les faits reprochés à l’Iran, ni de présenter des informations dont l’exactitude semble peu fiable.

(Article rédigé en coopération avec Ross Colvin à Bagdad et Edmund Blair à Téhéran)

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