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Iran : Des familles affirment que des militants étudiants iraniens ont été torturés en prison

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The Guardian, Téhéran, 27 juillet – par Robert Tait – Les craintes que l’Iran maltraite systématiquement les prisonniers politiques et les opposants ont été ravivées après que les parents de trois militants étudiants emprisonnés aient affirmé que leurs fils avaient été torturés.

Dans une lettre au chef de pouvoir judiciaire, l’ayatollah Mahmoud Hachemi Chahroudi, les parents ont affirmé que les étudiants avaient subi des violences physiques et psychologiques depuis de leur incarcération à la prison d’Evine de Téhéran en mai.

Les étudiants – Majid Tavakoli, Ahmad Ghassaban et Ehsan Mansouri – se trouvent parmi les huit de l’Université Amir Kabir arrêtés pour avoir publié des articles prétendument anti-islamiques. Les arrestations ont suivi une série de mesures de répression contre des militants à l’université, où les étudiants avaient organisé des protestations en décembre dernier contre le président Mahmoud Ahmadinejad.

Les étudiants arrêtés disent que ces articles avaient été falsifiés dans le but de discréditer les partisans de la démocratie. Mais leurs parents disent qu’ils ont subi des pressions pour faire de confessions fausses et ont appelé M. Chahroudi à garantir leur libération.

La lettre – publiée sur quelques sites Web d’opposition – affirme que les étudiants ont été soumis à des interrogatoires prolongés, des passages à tabac violents, des privations de sommeil et des menaces contre leurs familles lorsqu’ils étaient dans la funeste section 209 de la prison, où les détenus politiques sont sous la surveillance du ministère des Renseignements. Elle énumère 15 différentes sortes de violences physiques, y compris être forcé de se tenir debout sur un pied pendant des périodes prolongées, des coups sur les menottes pour causer de graves gonflements et être fouetté avec des câbles.

On dit aussi que les interrogateurs ont faussement déclaré aux étudiants que leurs parents avaient été victimes de crises cardiaques ou qu’ils avaient perdu leur emploi en raison de leur emprisonnement.

« Combien de tolérance montre une personne de 22 ans face à ce supplice? » demande la lettre. « Ce qui est arrivé est supprimé depuis longtemps des droits civils, constitutionnels et légaux et des principes moraux et religieux. Ce qui soutiré de force à nos enfants sous le nom de « confession » l’a été fait sous des pressions psychologiques et physiques les plus sévères. »

Les revendications de la lettre sont apparemment basées sur le témoignage de cinq étudiants qui ont été libérés. Elle dit que les étudiants ont été alternativement détenus dans des cellules pour une personne à l’étroit et forcés de la partager avec des criminels dangereux. Les responsables iraniens ont nié les affirmations et insistent pour dire que la torture n’est pas pratiquée dans les prisons du pays.

Les accusations interviennent au moment où s’aggrave l’inquiétude pour les droits de l’homme face au gouvernement qui prétend que des éléments de l’opposition ont cherché à renverser le système islamique par une « révolution douce » soutenue par les Etats-Unis.

La semaine dernière la télévision officielle a diffusé une émission dans laquelle deux universitaires irano-américains Haleh Esfandiari et Kian Tajbakhch, semblaient reconnaître leur participation à des activités visant à saper le système. Les deux, des spécialistes de deux think-tanks basés aux Etats-Unis, sont en prison depuis deux mois. Le ministre des Renseignements de l’Iran, Gholamhossein Mohseni Eje’i, a annoncé que de nouvelles arrestations avaient été effectuées dans le cadre de cette affaire.

Cependant, les militants disent que la menace supposée est une feuille de vigne pour justifier une répression générale, qui cette semaine a pris la forme de patrouilles intensifiées de police pour arrêter les femmes dont on considère la robe et le voile insuffisamment islamiques. Les autorités ont aussi annoncé que 12 kidnappeurs, violeurs et trafiquants de drogue avaient été pendus.

« Nous n’avons aucun crime nommé révolution douce ou de velours dans notre code pénal » a dit Shirin Ebadi, l’avocate de droits de l’homme prix Nobel de la paix. « La liberté de se réunir est en public est bien moindre qu’auparavant, il y a des restrictions plus dures pour les organisations non gouvernementales et des étudiants ont été mis en isolement cellulaire pendant 60 jours. Ce sont toutes des violations des droits de l’homme et les choses empirent. »

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