IranIran (actualité)André Glucksmann, un ami du peuple iranien

André Glucksmann, un ami du peuple iranien

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André Glucksmann, un ami du peuple iranien

André Glucksmann était l’ami du peuple iranien. Quand le camp d’Achraf, qui abritait les résistants iraniens en Irak, a été la cible des attaques sauvages du régime iranien, le philosophe français n’a pas hésité à les soutenir et dénoncer leurs assassins.

 

Avant de nous quitter, il venait de signer une déclaration avec une quarantaine d’autres intellectuelles français contre la frénésie des exécutions en Iran à la veille de la visite du président des mollahs, Hassan Rohani.

Le 20 janvier 2012, lors d’une conférence à l’invitation du Comité français pour un Iran démocratique, où de grandes personnalités européennes et américaines ont lancé une mise en garde contre le déplacement forcé des habitants d’Achraf au camp Liberty que le gouvernement irakien cherchait à transformer en prison, le membre des « Nouveaux Philosophes Français » a déclaré :

« Je suis quelqu’un qui est extrêmement inquiet actuellement, parce que je sens que le nœud coulant autour d’Achraf est en train de se resserrer. Je suis peu de choses, je suis, comme on dit, un philosophe. Je me suis occupé beaucoup de la guerre.

Et je me suis aperçu que l’important dans la guerre ce n’était pas uniquement les batailles, excusez-moi Messieurs les Généraux, mais c’était souvent la manière dont on terminait les guerres. Et là-dessus, Achraf est un bel exemple. Est-ce que les États-Unis ont gagné la guerre d’Irak ou est-ce qu’ils l’ont perdue ? Eh bien, une des réponses, ça sera Achraf. Alors, je ne me suis pas seulement occupé intellectuellement de la guerre, mais je suis allé voir ce qui se passait dans ces guerres.

Et, quand Ingrid Bétancourt a dit qu’il nous fallait nous préparer à accueillir les gens d’Achraf, j’ai pensé que oui, c’était vraiment fondamental. Et je me suis souvenu d’être allé avec des ennemis idéologiques de 25 ans, Raymond Aron de droite antitotalitaire, Sartre de gauche anticolonialiste, d’être allé avec les deux voir le président de la République pour demander des visas pour les boat-people qui fuyaient le communisme vietnamien après la guerre du Vietnam.

Et je me suis aussi souvenu qu’étant allé voir comment les gens s’en sortaient, ils mourraient probablement un sur deux ou deux sur trois dans la Mer de Chine qui n’est pas une mer tranquille. Et quand ils arrivaient, ils arrivaient dans des îles où ils étaient extrêmement maltraités par des gens qui n’étaient pas les Vietnamiens, qui étaient les Malaisiens, qui étaient officiellement anti-communistes mais qui avaient un sentiment national énormément développé et très xénophobe.

Eh bien, j’ai rencontré, pour protéger ces gens qui étaient sans visa sans rien, j’ai rencontré beaucoup d’Américains, et parmi ces Américains, ces jeunes Américains, il y avait d’un côté d’anciens GI du Vietnam qui étaient assez contents de ce qu’ils avaient combattu pour la liberté au Vietnam, c’était leur idée, et aussi beaucoup d’étudiants qui avaient combattu contre la guerre du Vietnam.

Et ils s’entendaient parfaitement, parce que lorsqu’une guerre finit, les dégâts commencent, et ces dégâts, ils étaient ensemble pour lutter contre, pour essayer de sauver des vies et pour accueillir les rescapés du communisme vietnamien. Alors je dis une guerre qui se finit ne se finit pas, elle a des résultats qui la prolongent. Alors, pour uniquement parler du Vietnam, je dirai : rappelez-vous qu’après le Vietnam, il y a eu un génocide au Cambodge.

Il y a eu un Prix Nobel de la Paix pour Kissinger, mais il y a eu en même temps un génocide au Cambodge. Et pour prendre des guerres, moins cruelles, mais une guerre est toujours extrêmement cruelle, rappelez-vous qu’au cœur de l’Europe, à Srebrenica, il y a eu aussi un massacre avec la complicité silencieuse de l’ONU et des puissances européennes dont la France. Donc, la fin d’une guerre, c’est un moment essentiel, même si ce n’est pas les images des livres d’Histoire.

Alors, merci, merci à Madame Maryam Radjavi qui a montré que ce n’était plus une question de partisans, mais que c’était une question humanitaire, et qu’il fallait, quelles que soient nos idées au sujet de Saddam Hussein ou même au sujet des Moudjahidine du Peuple, il fallait s’unir pour sauver des victimes possibles, des civils, qui avaient fait confiance aux Américains, qui avaient rendu leurs armes, qui étaient donc des civils, et essayer de tenir les engagements qu’a pris l’Amérique à ce moment-là.

Donc c’est une question absolument humanitaire, et merci à Madame Radjavi d’avoir élargi cette question à l’échelle de l’humain. Merci aux Américains qui sont ici, parce que c’est toujours extrêmement dur de prendre position contre son propre gouvernement et contre ses actes. Et là je trouve qu’ils nous donnent un bel exemple de responsabilité morale, de responsabilité philosophique, en montrant que, au-dessus de l’intérêt ou plus exactement du respect de l’État, il y avait le respect de l’humain. Et que quand un gouvernement se trompe, il faut le dire.

Et quand un gouvernement se découvre assez lâche, il détourne les yeux, il laisse faire, il faut le dire. Et je suis très ému de voir des Généraux américains oser prendre ces positions. Je suis Français, et franchement, du temps de la guerre d’Algérie, il y a très très peu de Généraux qui ont eu votre courage. Il y en a eu d’autres qui ont eu un courage inverse, et qui voulaient le pire. Et ça, malheureusement, ils étaient assez nombreux. Merci donc aux Américains, et merci quand même aux Européens qui sont là. Il est important, que pour une fois, l’Europe ne se laisse pas endormir par l’adjectif terroriste. Oui, il y a des terroristes. Mais enfin, en l’occurrence les terroristes, ils sont plutôt en train de diriger en Iran (…)

 

Lire aussi: 

Achraf : Un risque d’indifférence criminelle – André Glucksmann

INTERVENTION D’ANDRE GLUCKSMANN

Un colloque international a été organisé à Paris à l’invitation du Comité français pour un Iran démocratique

 

 

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