IranIran (actualité)Iran : Le nouveau favori de l’élection présidentielle

Iran : Le nouveau favori de l’élection présidentielle

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Iran Focus, 14 juin – Par Philippe Azad – Si le conseil des gardiens n’a laissé passer que huit candidats sur les mille qui se bousculaient aux portillons de la présidentielle, la population en a choisi un autre qui caracole en tête des sondages et pour qui bat le cœur de tous les Iraniens. On le retrouve barbouillant les affiches officielles qui n’ont pas encore été réduites à l’état de confettis, ou sur les seuls tracts qui se lisent et se distribuent sous le manteau : le boycott.

Les Iraniens qui sont passés maîtres dans l’art de s’exprimer au travers des multiples dictatures qui ont pavé leur histoire, affichent par cette anti-élection, leur souveraineté populaire. Cette remise sur les rails d’un processus démocratique détourné par une théocratie absolue, qui a inscrit en bonne place dans sa constitution que le guide suprême peut annuler d’un revers de la main un vote populaire parce qu’il est le tuteur d’un peuple mineur, et bien la théocratie et ses « candidats » ne l’avaient pas prévue. Les voilà fort embarrassés. Leur faut-il retourner à la bonne vieille violence répressive pour pousser tout le monde vers les urnes ? « Le vote ou un coup sur la tête », pour reprendre le mot d’ordre à l’arrivée de Khomeiny pour imposer le voile aux femmes ?

Or dans le bourbier où s’est enfoncé le régime de Téhéran, entre la crise nucléaire, les luttes intestines et un climat explosif où le moindre prétexte est bon pour une manifestation, la manière forte est le plus sûr moyen de s’enfoncer la tête dans la boue. Du coup, le sourire figé pour la vitrine extérieure et les contrats mirobolants distribués à tir larigot en Europe pour s’assurer une carte blanche dans les violations des droits de l’homme et une répression cruelle, virerait rapidement au jaune.

Alors à la question cruciale « que faire ? », les méninges sous les turbans ont réfléchi rapidement. Si la répression n’est pas indiquée, on allait recourir au deuxième pilier du système : le terrorisme. Les deux méthodes clés qui fonctionnent depuis un quart de siècle, simples et pratiques.

La résistance iranienne lance une campagne de boycott du scrutin du 17 juin qui trouve un large écho dans une population exaspérée par la tyrannie intégriste. On répond à quelques jours du suffrage par des explosions dans le sud du pays et dans la capitale, pour tuer des innocents. Et le pouvoir accuse immédiatement l’opposition, bien ciblée, les Moudjahidine du peuple. Ainsi donc si personne n’aura voté, ce sera la faute des terroristes. La ficelle est un peu grosse

Une opposition bien ciblée puisqu’il s’agit du mouvement le plus large, le mieux organisé à l’intérieur, et qui a un impact impressionnant dans la diaspora iranienne à l’étranger – on assiste depuis quelques temps à des manifestations de dizaines de milliers de personnes. Mais surtout, il demande des élections vraiment libres et sous la supervision de l’ONU. En deux mots, la démocratie.

Le régime tente ainsi de diaboliser ce mouvement qui appelle en toute légitimité à une logique démocratique garantie par la communauté internationale, et qui est suivi par la majorité de la population, dans le pays comme à l’étranger.

Ces méthodes auront peu de chance de masquer l’exceptionnelle volonté des Iraniens de voter en faveur du boycott qui est le nouveau mot en persan pour « résister ».

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