Suite aux informations selon lesquelles Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, se rendrait en Allemagne pour assister à une session du Bundestag (Parlement fédéral allemand), le gouvernement allemand a annoncé qu’il ne le recevrait pas et qu’il ne voyait aucune raison de négocier avec lui.
Stefan Kornelius, porte-parole du gouvernement allemand, a déclaré que lors de la visite prévue jeudi à Berlin du fils du dernier Shah d’Iran, les représentants du gouvernement allemand ne le recevraient pas et que le gouvernement allemand ne voyait aucune raison de négocier avec lui.
Il a ajouté que le gouvernement allemand s’attend à ce que le peuple iranien ait le droit de choisir librement ses dirigeants.
Par ailleurs, 21 personnalités politiques allemandes ont adressé une lettre au président du Bundestag et aux chefs des groupes parlementaires, exprimant leur vive inquiétude quant à la visite du fils de l’ancien Shah à Berlin et soulignant que ce voyage serait une insulte aux millions d’Iraniens qui ont renversé la dictature du Shah.
Plus de 24 associations et groupes d’Iraniens résidant en Allemagne, répartis dans tout le pays, ont vivement critiqué le voyage prévu cette semaine à Berlin de Reza Pahlavi, fils du dernier Shah d’Iran, Mohammad Reza Pahlavi, et ont mis en garde contre ses conséquences. Ces groupes ont souligné que toute rencontre entre des membres du Parlement allemand et M. Pahlavi pourrait légitimer une figure qui, selon eux, ne représente ni la volonté ni les aspirations du peuple iranien et joue un rôle de division.
Plusieurs associations actives, notamment des organisations représentant différentes composantes des groupes ethniques iraniens, y compris les Kurdes, ont réitéré ces inquiétudes. Chez les Kurdes iraniens en particulier, les références au contexte historique et aux souvenirs douloureux de la répression sous le régime des Pahlavi ont intensifié ces critiques.
Press Portal (un média) rapporte que ces groupes, représentant un large éventail d’Iraniens vivant en Allemagne, estiment que les positions et les actions de Reza Pahlavi sont contraires aux principes de la démocratie, des droits de l’homme et de la coexistence pacifique entre les groupes ethniques. Selon des groupes iraniens en Allemagne, la notoriété de Reza Pahlavi découle du passé honteux de son père, un dictateur qui a régné pendant 37 ans grâce à un système de parti unique s’appuyant sur la tristement célèbre agence de renseignement SAVAK, et qui a perpétré des assassinats et des actes de torture contre des opposants politiques et des intellectuels.
Reza Pahlavi ne s’est pas distancié des crimes avérés de son père. La semaine dernière encore, en Suède, il a qualifié le bilan sanglant de son père de source de fierté.
Ces groupes ont également critiqué les positions de Reza Pahlavi concernant l’évolution de la situation en Iran, déclarant que ses appels à une intervention militaire étrangère contre l’Iran sont inacceptables. Selon eux, certains de ses proches collaborateurs ont également exprimé des opinions similaires concernant les infrastructures du pays.
Sania Kohansal, porte-parole de l’association Voix de la jeunesse, a également déclaré : « Reza Pahlavi ne bénéficie d’aucun mandat clair de la société iranienne. Ses déclarations concernant ses liens avec certains éléments du pouvoir en Iran, ainsi que ses prises de position qui ont exacerbé les divisions au sein des groupes d’opposition, sont préoccupantes. En tant que jeunes Iraniens vivant en Allemagne, nous ne voyons aucune raison pour que les représentants du Bundestag le rencontrent.»
Selon ce rapport, les récents voyages de Reza Pahlavi dans des pays européens, notamment en Suède et en Italie, ont également suscité des réactions et des critiques de la part de certains Iraniens de l’étranger, ainsi que dans certains milieux politiques et universitaires.

