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L’Iran abandonne ses projets de gaz liquéfié au profit de gazoducs

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AFP, 13 octobre – L’Iran a décidé de privilégier l’exportation du gaz par gazoduc plutôt que sous forme de gaz liquéfié (GNL), plusieurs de ses projets n’étant toujours pas signés, a annoncé lundi un responsable du ministère du Pétrole.

"Les projets de GNL dont les contrats ont été signés seront appliqués, mais nous préférons étendre nos capacités d’exportation de gaz par gazoduc", a dit le vice-ministre du Pétrole, chargé de la planification, Akbar Torkan, cité par l’agence de presse de son ministère, Shana.

"Nous préférons transformer les projets de GNL non signés en projets d’exportation par gazoduc", a-t-il ajouté.

Cette décision reflète les difficultés que rencontre l’Iran pour développer son secteur énergétique à cause des sanctions qui frappent le pays en raison de son programme nucléaire.

L’Iran envisageait d’exporter jusqu’à 83 millions de tonnes de GNL par an, grâce à ses deuxièmes réserves de gaz au monde.

Mais la technologie du GNL nécessite un investissement considérable et un savoir-faire que maîtrisent seulement quelques sociétés occidentales. Elles rechignent à s’engager en Iran à cause notamment des risques politiques et des pressions américaines.

Le projet de contrat conclu avec le français Total en 2004 n’est toujours pas finalisé. Il concernait, en partenariat avec le malaisien Petronas, le développement de la phase 11 du champ gazier de South Pars et la production de GNL.

Un autre projet en sommeil est celui conclu, mais non signé, en 2007 avec l’anglo-néerlandais Shell et l’espagnol Repsol pour la production de GNL à partir des phases 13 et 14 de South-Pars.

Le seul projet de production de GNL signé l’a été avec la société iranienne Iran LNG, mais le ministère du Pétrole a fait savoir qu’il lui faudrait un partenaire étranger pour mener l’opération à bien.

L’Iran est actuellement un importateur net de gaz, à cause d’un manque d’investissement dans la production et d’une hausse constante et forte de sa consommation interne.

Les projets de GNL devaient permettre à l’Iran d’élargir le nombre de ses clients à l’exportation, notamment vers la Chine et le Japon.

Le champ gazier de South Pars est réputé détenir environ 14.000 milliards de m3, soit 8% des réserves mondiales de gaz.

L’Iran pousse maintenant à la construction d’un gazoduc d’une capacité de 110 millions de m3 par jour afin d’alimenter l’Europe. D’une longueur de 1.800 kilomètres, il relierait le port iranien d’Assalouyeh (sud), sur les rives du Golfe, et la ville de Bazargan (nord-ouest), à la frontière avec la Turquie.

Mais son alimentation en gaz dépend de la capacité du pays à dégager un excédent de production.

L’Iran a connu l’hiver dernier des coupures de gaz dans le nord du pays, à cause d’une météo peu clémente et de l’interruption des livraisons par son voisin turkmène. Les autorités ont prévenu la population que de nouvelles coupures pourraient intervenir l’hiver prochain.

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