IranIran (actualité)Iran-élection: pourquoi cette morosité ?

Iran-élection: pourquoi cette morosité ?

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ImageIran focus: La morosité de la campagne électorale en Iran fait couler beaucoup d’encre dans les médias iraniens. Rarement une telle apathie pour l’enjeu présidentielle n’a été enregistrée en Iran, notent les observateurs. Tant dans leurs programmes politiques que dans leurs lignes idéologiques, l’absence de démarcation sensible entre les divers candidats, y est pour quelque chose. Que ce soit Mahmoud Ahmadinejad, probablement candidat à sa succession, Mir Hussein Moussavi, Mehdi Karoubi ou Mohsen Rezaï comme président, pour l’homme de la rue ils représentent du pareils au mêmes. Qu’ils soient étiquetés  « conservateur » ou « conservateur modéré », rien ne semble émouvoir un électorat blasé par l’absence d’un réel enjeu démocratique.

Cependant, on note avec étonnement qu’il existe des voix au sein des démocraties occidentales  pour venter les vertus « démocratiques » du système politique iranien. Des centres d’intérêts  semblent se complaire avec l’invention biscornue par les iranologues intentionnées du spécimen : « modéré-conservateur ». Nombreux sont les « spécialistes de l’Iran » qui persistent à vouloir continuer à miser dans l’existence d’un « débat  démocratique » en Iran.  Leur enthousiasme s’est toutefois refroidi après le retrait de la candidature pseudo-modéré de Khatami.

Faut-il prendre au sérieux la présidentielle iranienne ?

D’aucun sont d’avis que de l’issue de la présidentielle iranienne dépendra le sort des négociations avec les États-Unis sur le dossier nucléaire et la question du rôle déstabilisateur de l’Iran au Moyen-Orient. Ils prennent ce scrutin très au sérieux et espère l’émergence d’un président à la hauteur du bras tendu par le président Barak Obama.

Cependant, les observateurs avisés de la scène politiques iranienne juge imprudent de miser sur le jeu électorale en Iran, en notant qu’après la mise à l’écart de Mohammad Khatami, la course présidentiel s’est dépouillé du seul élément  qui pouvait lui conférer une quelconque importance politique. En effet le seul élément présumé « sérieux » de la course présidentielle a été écarté le plus simplement du monde par Ali Khamenei, le guide suprême, qui a signifié à l’intéressé de se retirer. Ce tour de force sans conteste de l’autorité omnipotent du guide suprême religieux est révélateur de la nature réel de l’exercice « démocratique » en Iran.

En effet, le système politique iranien se caractérise par sa spécificité religieuse. Cette « légitimité divine » confère au guide suprême le dernier mot sur toutes les affaires du pays ainsi que dans les manœuvres électorales. Selon la constitution iranienne, le candidat à la présidence doit non seulement être un « homme » et un « musulman pratiquant », mais il doit également prêter serment de loyauté au guide suprême qui règne à vie. Le système théocratique iranien est unique en son genre et se distingue d’une dictature de type « classique » par son extrême rigidité politique. 

En réalité les élections iraniennes doivent être vues comme un règlement de compte entre les factions au pouvoir.  Car qui dit élection, dit participation de l’opposition et la possibilité de la participation libre des candidats. Or, les candidats en Iran sont filtrés par le Conseil des Gardiens de la constitution qui empêche tout réel opposant et toute personne étrangère au sérail de prendre part aux élections. Il serait donc illusoire d’attendre à un changement à travers une présidentielle qui ne présage point de surprise politique sur le fond de la problématique iranienne. Des solutions autrement plus fondamentales s’imposent.

L’ensemble des courants internes du régime semble plutôt dépassé par les bouleversements en profondeur de la société iranienne, dont les universités sont les thermomètres. L’enjeu des présidentielle n’est pas l’élection lui-même mais l’étendu de l’abstention par les Iraniens.

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