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Iran : Qui est Ahmad Vahidi, ministre de la défense proposé par Ahmadinejad?

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ImageIran Focus: Ahmadinejad, a présenté son cabinet composé de 21 ministres qui devra être approuvé par le Majlis le 30 août prochain. 14 des ministres sont affiliés aux Pasdarans, ces gardiens de la révolution qui sont responsables de la répression au service de Khamenei, le Guide suprême du régime. Le plus controversé est Ahmad Vahidi qui a été proposé au ministère de la défense, avec un long parcours versé dans le terrorisme et le programme nucléaire du régime.

Sa désignation a soulevé les vives protestations de l’Argentine pour avoir dirigé l’attentat meurtrière de 1994 dans ce pays, faisant 85 morts et 300 blessés. Vahidi est sous le coup d’un mandat d’arrêt international et activement recherché par Interpol, qui a émis en 2007 des avis de recherche internationaux en vue de l’extradition de cinq dirigeants iraniens, dont Ahmad Vahidi, accusés par la justice argentine d’avoir joué un rôle dans l’attentat contre l’AMIA (Association mutuelle israélite argentine).

"Vahidi est non seulement sous le coup d’un mandat d’arrêt de la justice argentine, mais il est aussi l’une de ces personnes dont la recherche fait l’objet d’une priorité maximale, approuvée par Interpol lors d’un vote à la majorité de ses membres en Assemblée générale au Maroc en novembre 2007", a déclaré le procureur argentin Alberto Nisman.

Vahidi n’est pas une figure méconnue pour les iraniens. C’est lui qui a planifié les nombreux attentats terroristes à travers le monde en sa qualité de commandant en chef de la force Qods des Gardiens de la révolution de 1990 à 1997. Cette force à qui on avait confié la mission «vitale » d’« exporter la révolution islamique », constitue le fer de lance de la stratégie de survie du régime. L’exportation de la révolution, dans le jargon du régime signifie soutenir les mouvements intégristes et terroristes à travers le monde qui lui servent de leviers de pression et de chantage contre les pays occidentaux et la communauté internationale en général. Elle s’inscrit dans une doctrine promue par des théoriciens du régime visant  à « l’essor du mouvement islamiste » pour servir les intérêts du Guide suprême religieux Ali Khameneï et s’imposer en puissance incontournable sur la scène internationale.

Vahidi, un vétéran des Pasdaran, est un des artisans de cette politique. Dès 1981 il s’est vu confié le poste sensible du renseignement au sein des Pasdaran. De plus, à la tête du centre de commandement « Balal » et ensuite celui de « Ramazan », ancêtres de la force Qods,  Vahidi a également été en charge des opérations (terroristes) extraterritoriales en Asie et en Europe. C’est sous ses commandes que les opérations de prise d’otages occidentaux au Liban et les attentats meurtriers contre les cibles occidentaux dans ce pays ont été réalisées. A cet égard, les pays occidentaux auraient bien plus de raison de s’indigner de la désignation de Vahidi que l’Argentine.

Au lendemain de la guerre avec l’Irak, le régime iranien se lance dans des opérations terroristes d’une envergure inédite.  Khamenei, le Guide suprême du régime, confie à Vahidi le commandement de la Force Qods qui vient d’être créer (1990).
Le mouvement de résistance des Moudjahidines du Peuple (OMPI) a été le premier à alerter l’opinion publique internationale sur l’aventurisme meurtrière des Pasdaran mise en œuvre par la force Qods.

La mission générale de la force Qods, conformément à son statut interne, est décrite de la façon suivante dans un document confidentiel révélé par Mehdi Abrichamtchi, auteur de «Les gardiens de la révolution, l’armée intégriste et terroristes » (Edition Jean Picollec 2008) :

1- « Collecter des renseignements militaires et stratégiques des pays environnants ;
2- « Soutenir les mouvements de libération dans les pays islamiques et non islamiques
3- « Contrer et supprimer les dissidents et les opposants de la république islamique d’Iran
4- « Entraîner, organiser, mener la propagande et diriger le mouvement ‘révolutionnaire’ dans les pays musulmans pour y instaurer un pouvoir islamique »

Vahidi a été particulièrement actif dans l’assassinat des opposants à l’étranger dans les années 90. Des dizaines d’opposants ont ainsi été assassiné à Rome, Genève, Paris, Berlin, Vienne, Istanbul, Karatchi, Bagdad… Au terme de 10 ans d’enquête sur l’assassinat à Rome de Mohamad Naghdi, représentant du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), en 1993,  la Cour d’assise de Rome a conclu dans son verdict du 13 décembre 2006 : « Ces crimes démontrent la volonté du régime de Téhéran de mener une bataille sans limite et sans frontières, par tous les moyens contre ses opposants afin de les éliminer. (…) On peut comprendre que l’assassinat de Naghdi avait pour objectif de faire taire une autorité importante de la résistance, un opposant fier qui ne pardonnait pas les dérives du régime de Téhéran (…) ».

L’opération de Buenos Aires en 1994
Le 18 juillet 1994, à Buenos Aires, le centre juif d’AMIA est détruit par une explosion spectaculaire faisant des dizaines de morts et de blessés. Selon Mehdi Abrichamtchi, qui se base sur le réseau d’information des Moudjahidines du peuple (OMPI) au sein du l’état iranien, l’opération avait été fomentée un an plus tôt lors d’une réunion du Conseil suprême de Sécurité nationale de l’Iran, dirigée par l’ancien président Rafsandjani, le 14 août 1993. La stratégie a adopté pour soutenir le Hezbollah libanais était à l’ordre du jour. Il a été décidé en réponse aux rapts des dirigeants du Hezbollah au Liban, des représailles devaient être organisées. Le choix s’est porté sur un objectif israélien en Argentine, nommé « petit Israël » en raison de la présence d’une forte communauté juive dans ce pays.

La mise en œuvre de l’opération a été confiée à Ahmad Vahidi, patron de la force Qods. Le 10 août 1994, la Résistance iranienne révélait dans une conférence de presse à Washington le rôle de la force Qods et du Vevak (renseignements) ainsi que le MAE iranien dans l’explosion de Buenos Aires. A la suite de l’enquête du juge argentin, un mandat d’arrêt a été lancé contre neuf responsables du régime, dont Vahidi, commandant de la force Qods.

En 2006, le gouvernement argentin a demandé à Interpol de lancer des mandats d’arrêt internationaux contre ces personnes, dont Vahidi qui avait alors été promu vice-ministre de la défense dans le domaine du nucléaire.

Que signifie la désignation de Vahidi
La promotion de Vahidi au poste de ministre de la défense doit être vue comme un signe de la volonté d’Ahmadinejad et de Khamenei à poursuivre le programme d’armement nucléaire avec une détermination plus résolue que jamais. Vahidi a eu le contrôle du « Département de développement et de l’application des techniques avancées » au sein du ministère de la défense. L’existence de ce département secret a été révélée en avril 2007 par le Conseil national de la Résistance iranienne lors d’une conférence de presse organisée à Paris.

Mehdi Abrichamtchi annonçait alors, sur la base d’informations obtenues par le département social de l’OMPI en Iran, que le régime avait amorcé une « phase nouvelle » de son projet nucléaire et que pour la première fois un centre de commandement et de contrôle pour achever la production de la bombe atomique venait d’être mis en place. Ce centre, « Mojdeh », situé à Lavizan2 (banlieue nord-est de Téhéran) est placée sous la direction scientifique de Mohsen Fakhrizadeh, surnommé l’Abdolghader Khan iranien. Ce dernier rend compte directement au ministre de la défense. Vahidi en tant que vice-ministre de la défense dans le domaine nucléaire était en charge de superviser les activités de Fakhrizadeh au centre Mojdeh à un moment charnière des activités de ce centre : le passage du stade de « réparation » au stade d’«application » de son objectif militaire.

 Vahidi au poste de la défense en dit long sur l’avancé du programme nucléaire militaire du régime, mais témoigne également de sa radicalisation et son évolution vers un extrémisme plus aigue dans la répression à l’intérieur et le recours au terrorisme à l’étranger.

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