IranIran (actualité)Iran après la mort de l'ayatollah Montazeri

Iran après la mort de l’ayatollah Montazeri

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Reuters: Le grand ayatollah Hossein Ali Montazeri, haut dignitaire religieux opposé au pouvoir en place en Iran, est mort dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 87 ans, et selon le camp réformateur, des milliers d’Iraniens se rassemblent pour lui rendre hommage.

Ce décès du père spirituel des réformistes, qui n’avait jamais renoncé à faire entendre sa voix, pourrait raviver la contestation des autorités en place.

"Mon grand-père est mort la nuit dernière dans son sommeil. Des gens, des amis viennent faire part de leurs condoléances mais il n’y a pas de mesures de sécurité particulières autour de notre maison", a déclaré Nasser Montazeri, joint au téléphone à Qom par Reuters.

Les obsèques, qui doivent avoir lieu lundi à partir de 09h00 (05h30 GMT,) pourraient devenir un point de ralliement pour les opposants au régime, a estimé un analyste iranien installé à Londres, Baqer Moin.

Selon un site internet modéré, Parlemannews, des milliers d’Iraniens faisaient route vers Qom, la ville sainte chiite située à une centaine de kilomètres au sud de Téhéran où vivait cette figure historique de la Révolution islamique de 1979, afin d’assister lundi à ses obsèques.

"Des milliers de personnes venues d’Ispahan, de Nadjafabad et d’autres villes se dirigent vers Qom pour assister à l’enterrement de Montazeri", écrit le site.

Le site internet du religieux réformateur Mehdi Karoubi, Tagheer, a également indiqué que des partisans de l’opposition se rassemblaient dimanche sur plusieurs places de Téhéran pour rendre hommage à Montazeri.

Le réseau social du mouvement réformiste a appelé ses partisans à se rassembler sur la place Mohseni afin de se recueillir, (…) après avoir appris que des gens se sont déjà rassemblés sur d’autres places de Téhéran", écrit Tagheer.

Le site de Mehdi Karoubi, l’un des candidats du camp réformateur à la présidentielle du 12 juin, indique également que de nombreux renforts de police anti-émeute ont pris position en divers points de Qom.

Sur des vidéos mises en ligne sur Internet, on peut voir plusieurs centaines de personnes réunies devant les universités de la capitale iranienne, ainsi qu’un vaste rassemblement, filmé selon la personne l’ayant mis en ligne dans la ville natale de Montazeri, Nadjafabad.

DISCRÉTION DES MÉDIAS OFFICIELS

Un des artisans de la fondation de la République islamique, Montazeri qualifiait en août l’actuel régime de "dictature". Il a été assigné à résidence pendant cinq ans, entre 1997 et 2002.

Hossein Ali Montazeri avait été initialement nommé pour succéder au fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomei ni, dont il était proche depuis les années 1960. Mais il s’était disputé avec lui en 1989, protestant contre l’exécution en masse de prisonniers.

Ce fut finalement l’actuel guide suprême de la Révolution, Ali Khamenei, qui prit la succession de Khomeini, mort la même année.

"On se souviendra de lui comme d’un homme qui a sacrifié sa carrière politique au nom de ses convictions", a souligné l’analyste Baqer Moin.

Les médias officiels n’ont pas fait de gros titres à l’annonce de la mort de Montazeri, mais le sujet a dominé les programmes de l’après-midi sur les chaînes de télévision.

"Hossein Ali Montazeri s’est éteint la nuit dernière à son domicile", a initialement rapporté l’agence Irna dans une dépêche, sans mentionner son titre de grand ayatollah.

L’agence de presse officielle a déclaré que des "éléments problématiques" au sein de son foyer et des déclarations "appréciées par les ennemis de la République islamique" expliquaient sa brouille avec l’ayatollah Khomeini il y a vingt ans.

L’agence Fars a de son côté précisé que le grand ayatollah Yusof Saanei s’était rendu dimanche au domicile de Montazeri pour présenter ses condoléances à la famille.

Dans un message diffusé sur son site internet, Saanei a déploré "la disparition du pieux théologien, de l’infatigable combattant islamique et du juriste exceptionnel".

Hossein Ali Montazeri fut l’un des rédacteurs de la Constitution de la République islamique.

En août dernier, il avait estimé sur son site internet que la gestion par les autorités des troubles consécutifs à la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad en juin "pouvait aboutir à la chute du régime".

Hashem Kal antari, Fredrik Dahl, Parisa Hafezi, Ramin Mostafavi, version française Jean-Stéphane Brosse et Gregory Schwartz

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