IranIran (actualité)La Russie déclare que les rebelles syriens peuvent gagner

La Russie déclare que les rebelles syriens peuvent gagner

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Asharq Al-Awsat, Beyrouth (Reuters), 13 septembre – Les rebelles syriens gagnent du terrain et peuvent l’emporter, le vice-ministre russe des Affaires étrangères a déclaré jeudi, dans un aveu on ne peut plus cru de la part d’un allié majeur du président Bachar el-Assad.

« On doit regarder les faits en face », reconnait Mikhail Bogdanov cité par l’agence russe RIA affiliée à l’État. « Malheureusement, la victoire de l’opposition syrienne ne peut pas être exclue. »

Bogdanov, qui est l’envoyé spécial du Kremlin pour les affaires du Moyen-Orient, a admis que la gouvernement syrien « perdait le contrôle de plus en plus de territoire » et que Moscou préparait des plans pour évacuer les citoyens russes si nécessaire.

En progressant, les rebelles détiennent désormais presque un arc du territoire de l’est au sud-est de Damas, malgré les bombardements acharnés de l’armée destinés à les faire reculer.

Un attentat à la voiture piégée a tué au moins 16 hommes, femmes et enfants à Qatana, une ville située à environ 25 km au sud-ouest de Damas où vivent de nombreux soldats, ont rapporté des militants et les médias officiels.

L’explosion s’est produite dans une zone résidentielle réservée aux soldats à Qatana, qui se trouve proche de plusieurs bases militaires, a précisé Rami Abdelrahman, chef de l’Observatoire Syrien pour les Droits de l’Homme pro-opposition.

Il a estimé le nombre de morts à 17 personnes, dont sept enfants et deux femmes. L’agence de presse gouvernementale SANA a affirmé que 16 personnes étaient mortes.

La télévision gouvernementale a imputé l’explosion aux « terroristes » – son terme pour les rebelles – et a diffusé des images des soldats passant devant un immeuble partiellement effondré, avec des décombres et du métal tordu sur la route.

L’attaque fait suite à trois attentats à la bombe au ministère de l’Intérieur mercredi soir, lors desquelles l’agence de presse gouvernementale SANA a affirmé que cinq personnes avaient été tuées, dont Adbullah Kayrouz, un député du Parti social nationaliste syrien.

En plus de gagner du terrain dans la périphérie de Damas ces dernières semaines, les rebelles ont également procédé à des attaques éclair ou ont posé des bombes dans la capitale, ciblant souvent des immeubles de la sécurité de l’État ou des zones vues comme loyales à Assad, telles que Jaramana, où des bombes ont tué 34 personnes en novembre.

Dos au mur

Les insurgés ont lancé une offensive sur Damas après un un attentat à la bombe le 18 juillet qui a tué quatre des plus proches collaborateurs d’Assad, dont son redouté beau-frère Assef Shawkat, mais ils ont ensuite été repoussés.

Dos au mur, on estime qu’Assad pourrait même recourir à des armes plus meurtrières contre ses adversaires.

Des responsables américains de l’OTAN ont déclaré mercredi que l’armée syrienne avait tiré des missiles balistiques de type scud, qui sont puissants mais pas très précis, contre les rebelles ces derniers jours.

Human Rights Watch a affirmé que des zones peuplées avaient été frappées par des bombes incendiaires, contenant des matériaux inflammables tels que du napalm, de l’aluminothermique et du phosphore blanc, qui peuvent mettre le feu à des bâtiments ou causer de graves brûlures et des dommages respiratoires.

L’Observatoire syrien basé en Grande-Bretagne a affirmé que des avions de guerre avaient bombardé jeudi les banlieues à l’est de Damas tenues par les rebelles et que l’artillerie avait frappé Daraya et Moadamiyeh, des zones du sud-ouest près du centre où les rebelles combattent pour prendre pied.

Au moins 40 000 personnes ont été tuées dans le soulèvement de la Syrie, commencé en mars 2011 avec des protestations de rue qui ont essuyé des tirs de feu des forces de sécurité d’Assad, et qui se sont transformées en la plus longue et la plus destructive des révoltes arabes.

Les États-Unis, les puissances européennes ainsi que les États arabes ont accordé mercredi leur bénédiction officielle à la coalition de l’opposition nouvellement formée de la Syrie, malgré des signes croissants du malaise occidental devant la montée des militants islamistes dans les rangs rebelles.

Les nations occidentales aux pourparlers des « Amis de la Syrie » à Marrakech au Maroc se sont ralliées autour d’une Coalition nationale de la nouvelle opposition formée le mois dernier sous la houlette du religieux islamique modéré Mouaz Alkhatib.

 

La Russie, qui avec la Chine bloquent toute mesure du Conseil de Sécurité de l’ONU contre Assad, a critiqué la décision de Washington d’accorder à la coalition une reconnaissance officielle, déclarant qu’il paraissait avoir abandonné tout effort d’atteindre une solution politique.

Les propos de Bogdanov constituaient pourtant le signe le plus évident que la Russie se prépare à une possible défaite du gouvernement d’Assad.

« Nous nous occupons des questions de préparations pour une évacuation. Nous avons des plans de mobilisation et nous clarifions où sont situés nos citoyens », a déclaré Bogdanov.

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