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Deux divergences majeures subsistent dans les négociations nucléaire avec l’Iran

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La négociation d’un accord historique sur le programme nucléaire iranien a pris, vendredi à Vienne, l’allure d’un face-à-face haletant entre l’Iran et les Etats-Unis.Après avoir tous deux envisagé de quitter la capitale autrichienne, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif ont décidé, au terme d’une journée riche en rebondissements, de rester pour poursuivre leur marathon de discussions.

M. Kerry, qui avait déjà retardé vendredi après-midi son départ pour Paris, a finalement choisi de « poursuivre les consultations » avec M. Zarif, a précisé sa porte-parole Jennifer Psaki.
Leur rencontre dans la soirée était la troisième en moins de 24 heures. Mais selon la partie iranienne, ces « discussions importantes » n’ont toujours pas accouché d’une « proposition notable méritant d’être apportée à Téhéran ». Et M. Zarif, qui avait lui aussi prévu un aller-retour en Iran pour présenter le résultat de ces discussions à ses hauts dirigeants, a décidé de rester à Vienne.
Après des mois de discussions techniques, la négociation est dans sa phase la plus cruciale, et la plus politique.

Les grandes puissances du « 5+1 » (Chine, Etats-Unis, France, Russie, Royaume-Uni et Allemagne) et l’Iran ont jusqu’à lundi 24 novembre au soir pour conclure un accord qui mettrait fin à 12 ans de controverses et de tensions internationales. Et le dialogue entre MM. Kerry et Zarif est de plus en plus la clé de cette négociation.
A trois jours de la date-butoir du 24 novembre, les désaccords sont aplanis sur de nombreux points entre l’Iran et le « 5+1 ». Mais deux divergences majeures subsistent.
Les grandes puissances veulent que la République islamique réduise fortement sa capacité d’enrichissement d’uranium, afin qu’elle soit privée durablement de la possibilité d’obtenir l’arme atomique. L’Iran veut à l’inverse conserver, et plus tard amplifier cette capacité, dont le pays dit avoir besoin pour alimenter ses futures centrales nucléaires.
Selon des sources occidentales, l’Iran réclame par ailleurs une levée immédiate de toutes les sanctions qui lui ont été infligées au long d’une décennie de controverses sur son programme atomique.
– « Tous les ingrédients sur la table » –

Téhéran a toujours nié que ce programme ait des visées militaires, et dénonce comme une injustice les sanctions qui asphyxient son économie. Le « 5+1 » juge pour sa part irréaliste de les lever immédiatement.
Seule une impulsion politique paraissait à même d’éviter l’impasse, alors que les deux camps ont reconnu que le climat des négociations était tendu.
« Tous les ingrédients pour un accord sont sur la table », a assuré depuis Moscou le ministre russe Sergueï Lavrov: « Peut-être existe-t-il une tentation, à ce stade avancé des négociations, de lancer quelques idées supplémentaires afin d’obtenir un peu plus que ce dont on a besoin. »
C’est dans ce contexte que Laurent Fabius et Philip Hammond, les ministres des Affaires étrangères français et britannique, sont arrivés à la mi-journée pour jeter leur poids dans la balance, l’espace de quelques heures de présence à Vienne.
M. Fabius a invité l’Iran à « saisir l’opportunité » d’un accord. La République islamique aurait « énormément à y gagner, a renchéri M. Hammond : l’accès à des montants très importants d’avoirs gelés, la capacité de commercer de nouveau librement avec le monde, et de faire redémarrer les relations avec la communauté internationale. »

– La chance « très rare » d’un accord –
Un accord redonnerait du souffle à l’économie iranienne, en particulier grâce à la levée de l’embargo occidental sur le pétrole iranien. Il ouvrirait aussi la voie à une normalisation des relations entre l’Iran et l’Occident, rendant possible des coopérations, notamment dans les crises en Irak et en Syrie.
Les difficultés restant à surmonter amènent de nombreux experts à envisager un nouvel accord intérimaire faute d’entente définitive lundi 24 novembre. Mais cette formule pourrait faire le jeu de ceux qui dans les deux camps, occidental et iranien, sont opposés à un accord.
« C’est un moment crucial, et le laisser passer serait une grave erreur, avec d’assez lourdes conséquences », a averti le négociateur russe Sergueï Riabkov.
A partir de janvier, les opposants républicains à Barack Obama contrôleront l’ensemble du Congrès américain, alors que jusqu’à présent, le président a eu les mains libres pour négocier sans interférence des parlementaires à Washington.
Un échec de la négociation de Vienne fragiliserait aussi le président iranien modéré Hassan Rohani. Celui-ci joue une grande partie de sa crédibilité dans le succès de cette ouverture vers les grandes puissances, menée à bien afin de relancer l’économie iranienne en crise.

 

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