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Iran : L’approche négociée européenne sur le nucléaire iranien au bord de l’échec

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AFP, Vienne, 6 août – Les Européens, dont l’Iran récuse les propositions d’accord au nom du droit à produire son propre combustible nucléaire, semblent en passe d’échouer dans leur entreprise de négociation, avec la menace imminente d’une réunion extraordinaire de l’AIEA.
La crise s’est aiguisée samedi entre l’UE et le régime iranien qui a jugé comme « inacceptables » les propositions européennes, vendredi, pour un accord de coopération, le nouveau président Mahmoud Ahmadinejad ayant même dénoncé la « tyrannie » de l’étranger.
Téhéran persiste dans sa décision de reprendre les activités nucléaires ultra-sensibles de conversion, ce qui pour l’Union européenne est la porte ouverte à l’enrichissement de l’uranium, ensuite potentiellement militaire.
La troïka de l’Union européenne (UE3) – Allemagne, France, Grande-Bretagne – a suscité la convocation mardi d’une session extraordinaire du Conseil des gouverneurs, l’exécutif politique de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), après l’annonce de la relance imminente des activités de conversion à Ispahan.
Dans ses propositions vendredi, elle se dit prête à y renoncer si l’Iran s’engage à renoncer à relancer prochainement l’usine d’Ispahan.
Mais l’annonce de la réunion pourrait avoir un effet contreproductif. Selon un diplomate occidental samedi, Téhéran a été « très irrité » que l’UE3 – qui négocie avec l’Iran depuis novembre 2004 – ait annoncé cette réunion du Conseil des gouverneurs avant que les Iraniens n’aient transmis leur réponse officielle aux propositions de l’UE.
Le Conseil des gouverneurs peut éventuellement traîner Téhéran devant le Conseil de sécurité de l’Onu en vue de sanctions éventuelles.
En colère, les dirigeants iraniens sont tentés du coup de rompre eux-mêmes les scellés, sans attendre l’arrivée des inspecteurs, selon cette source.
Mais l’AIEA veut auparavant envoyer des techniciens afin d’installer « d’ici au milieu de la semaine prochaine » des caméras de surveillance sur les installations nucléaires clés d’Ispahan, a annoncé une porte-parole samedi à Vienne.
Les Européens ont demandé vendredi à l’Iran de s’engager formellement à renoncer à la fabrication de combustible nucléaire, tout en lui garantissant un accès sûr à l’énergie nucléaire civile, selon un résumé dont l’AFP a eu connaissance.
Ils s’engagent aussi à promouvoir le commerce, l’investissement et les transferts de technologie, et à garantir la sécurité d’un Iran qui n’aurait pas d’armes atomiques.
Mais selon un des négociateurs iraniens, Hossein Moussavian, ces propositions sont « inacceptables », car elles « nient le droit inaliénable de l’Iran » à produire le combustible nucléaire pour ses centrales.
Les Européens ne sont pas isolés au conseil de l’AIEA dans leur volonté de négocier jusqu’au bout, mais sans avoir complètement les coudées franches.
Les Etats-Unis – qui ont plaidé pour un recours au Conseil de sécurité en soupçonnant l’UE de faiblesse – ont publiquement renouvelé vendredi leur soutien à cette démarche des Européens.
Un haut responsable français a certes noté vendredi soir que le changement d’attitude du président George W. Bush au printemps « nous a facilité la tâche et nous a permis de montrer aux Iraniens que nous avions, non pas l’appui des Américains, mais une compréhension pour notre travail ».
« Cela n’empêche pas que les Américains continuent de nous suivre avec (…) scepticisme », a noté cette source diplomatique à Paris qui a requis l’anonymat.
Il a aussi reconnu que la troïka de l’UE recevait « beaucoup de critiques d’un certain nombre de pays qui estiment que nous allons trop loin avec un pays qui n’est pas rassurant sur le plan de la prolifération et qui sur la question du Proche-Orient n’a pas été considéré comme très aidant ».
Cependant, l’UE « travaille en étroite liaison depuis le début avec les Russes » qui ont conclu un accord de fourniture de combustible avec l’Iran et qui ont une relation de confiance avec Téhéran
A ce stade, selon ce responsable, la question des sanctions « n’est pas à l’ordre du jour » mais elle est possible si l’affaire doit être amenée au Conseil de sécurité.
Un expert en non-prolifération à Washington, Joe Cirincione, a estimé que Téhéran faisait « un pari risqué » en estimant qu’il pourrait toujours compter sur le partenariat de la Russie et de la Chine si le dossier allait à New York.

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