IranNucléaireLe conseil de l'AIEA s'interroge sur l'Iran

Le conseil de l’AIEA s’interroge sur l’Iran

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AFP, Vienne, 19 septembre – L’exécutif de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’est réuni lundi à Vienne pour réagir au refus iranien de renoncer à ses activités nucléaires sensibles, mais paraît divisé sur une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU.

Si l’Iran va être au centre des travaux du conseil des gouverneurs cette semaine, le directeur général de l’AIEA Mohamed ElBaradei s’est d’abord félicité lundi de la « bonne nouvelle du jour », l’annonce selon laquelle la Corée du Nord entend renoncer à l’arme atomique.
Il a réclamé que les inspecteurs de l’agence onusienne de sûreté nucléaire, chassés début 2003 par le régime communiste, puissent « retourner le plus tôt possible » en Corée du Nord pour y faire un état des lieux.

Sur l’Iran, les Européens (Allemagne, France, Grande-Bretagne – UE3) et les Américains n’ont pas l’accord des 35 membres, dont la Chine et la Russie, pour demander la saisine du Conseil de sécurité, et plus tard, de possibles sanctions commerciales.

Les Européens vont « bâtir un consensus international pour mettre en garde les Iraniens » sur son programme nucléaire et « monter au Conseil de Sécurité » s’il le faut, a déclaré lundi le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy.

A Vienne, Mohamed ElBaradei a réclamé « davantage de transparence et de mesures de confiance » de la part de l’Iran qui doit, selon lui, rassurer la communauté internationale sur son programme nucléaire, notamment en ouvrant aux inspecteurs des sites potentiellement suspects.

Or, l’Iran, placé sous contrôle dans ce domaine début 2003, refuse toujours de renoncer à la conversion d’uranium, première étape de l’enrichissement de l’uranium, bien que le conseil des gouverneurs ait réclamé la suspension de ces activités le mois dernier, tout comme l’Union européenne (UE).

L’Iran, a souligné le week-end dernier son président Mahmoud Ahmadinejad, campe sur le « droit légitime » de tout Etat à se doter d’énergie nucléaire à des fins civiles, en conformité avec le traité de non-prolifération (TNP). Mais les Etats-Unis et Israël craignent que cela ne conduise à l’arme atomique.

Le chef de l’agence a, pour sa part, regretté « une période de confrontation et de prise de risques politiques » sur le dossier iranien, en estimant que, comme pour la Corée du Nord, « la négociation est payante ».

L’Iran « ne recherche pas la confrontation. Ses buts sont uniquement pacifiques » et fondés sur la négociation, a répondu l’ambassadeur iranien à Vienne, Mohammad Akhondzadeh.

Il a rappelé la proposition de son président de permettre à des compagnies privées étrangères « de participer à nos activités ».
M. Ahmadinejad avait proposé samedi à l’Assemblée générale des Nations unies à New York une telle participation étrangère, qui reviendrait à une « supervision internationale » garantissant que le programme d’enrichissement ne serait pas détourné pour fabriquer la bombe nucléaire.

D’une manière générale, M. ElBaradei a rappelé à la presse qu’il proposait un mécanisme international pour garantir, sous contrôle, la fourniture de combustible nucléaire civil aux Etats qui en ont besoin, afin d’empêcher la prolifération à des fins militaires.
Traditionnellement, le conseil de l’AIEA prend ses décisions à l’unanimité.

Selon des diplomates à Vienne, les Occidentaux pourraient, de préférence à un vote, ajourner la demande de saisine du Conseil de sécurité d’autant que les Etats-Unis soutiennent, faute de mieux, de nouveaux efforts diplomatiques.

L’UE3 donnerait alors un dernier délai aux Iraniens pour respecter les résolutions de l’AIEA.

Le débat officiel sur l’Iran ne devrait pas intervenir avant mercredi, selon le secrétariat de l’AIEA.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé dimanche que Téhéran coopérait « suffisamment » avec les organisations internationales et que d’éventuelles sanctions de l’ONU susciteraient de nouveaux « problèmes ».

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