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Jacques Chirac s’est rétracté quant à ses déclarations sur le nucléaire iranien

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Le Monde, 1 février – Le président français, Jacques Chirac, a légèrement dérapé sur l’épineuse question du nucléare iranien lors d’une interview, accordée lundi 29 janvier, à trois grands journaux et qui devait porter, à la base, sur le réchauffement climatique. Il a déclaré que ce n’était pas tant le fait que l’Iran possède « une bombe nucléaire » qui serait « très dangereux, une, peut-être une deuxième un peu plus tard », mais la possibilité de prolifération dans la région. « Où l’Iran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée »‘, a estimé le chef de l’Etat.

Le lendemain, Jacques Chirac a fait revenir au palais de l’Elysée les journalistes du New York Times , de l’International Herald Tribune et du Nouvel Observateur à qui il avait accordé l’interview la veille, se rétractant sur un certain nombre de déclarations. Revenant sur la destruction de la capitale iranienne, il a déclaré que « c’était un raccourci schématique, extrêmement schématique. Plus encore, c’est une formule que je retire ». Il a, de plus, insisté sur le fait qu’il pensait s’exprimer en off.

En revanche, Jacques Chirac a maintenu que « si l’Iran possédait et lançait une bombe nucléaire, elle serait détruite avant de quitter le ciel iranien. Il y aurait inévitablement des mesures de rétorsion et de coercition. C’est tout le système de la dissuasion nucléaire ».

ÉVITER LA PROLIFÉRATION

M. Chirac a estimé que le gouvernement du président Ahmadinejad était « un peu fragile ». Il a qualifié la République islamique iranienne de « grand pays » avec « une très vieille culture » qui « a un rôle important à jouer dans la région » qui pouvait « favoriser la stabilité ». Il a insisté sur les dangereuses conséquences qu’une politique trop dure à l’égard de l’Iran pouvait avoir sur Israël et sur le Liban tout en rappelant qu’il avait refusé de rencontrer le président Ahmadinejad, à New York, en raison de ses « propos totalement inacceptables sur la Shoah et Israël ».

Son principal souci, a t-il dit, c’est d’éviter « la prolifération » et de voir les sanctions appliquées. Ce qui nous inquiète, a t-il précisé, « c’est le refus de l’Iran d’accepter les contraintes de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique »> et donc d’arrêter d’enrichir l’uranium. C’est dangereux, très dangereux, il faut faire très attention ». M. Chirac s’est cependant rétracté de sa prédiction que l’Iran pourrait encourager l’Arabie saoudite et l’Egypte à se doter également de la bombe nucléaire.

Ces déclarations de Jacques Chirac tranchent avec la politique défendue jusque-là par la France. Alors que le président plaide depuis longtemps pour une solution qui passe d’abord par le dialogue avec les autorités iraniennes, il semblait ces dernières semaines avoir quelque peu durci le ton, semble-t-il, sous la pression des Etats-Unis.

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