IranNucléaireNucléaire : Téhéran proche d'une "avancée majeure" pour Israël

Nucléaire : Téhéran proche d’une « avancée majeure » pour Israël

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L’Iran doit donner sa réponse, samedi 2 août, à une offre de coopération des grandes puissances contre la suspension de ses activités nucléaires les plus sensibles. En déplacement vendredi à Washington, le vice-premier ministre israélien Shaul Mofaz a averti que l’Iran s’achemine progressivement vers une avancée majeure de ses capacités en armement nucléaire.

"Supprimer la menace iranienne"

"L’Iran continue d’avancer vers une capacité en armement nucléaire et s’achemine vers une avancée majeure", a déclaré Shaul Mofaz devant un centre de réflexion américain, après des discussions officielles à Washington.

"Pour nous, une situation où l’Iran serait doté d’un pouvoir nucléaire est une menace existentielle et du point de vue de l’Etat d’Israël, c’est inacceptable", a-t-il affirmé devant le Washington Institute for Near East Policy.

"Nous estimons que d’ici (2009), l’Iran aura atteint une capacité d’enrichissement et que dès 2010 il aura la possibilité d’atteindre (une production d’uranium) à des fins militaires", a déclaré Shaul Mofaz, lui-même natif d’Iran.

Il a accusé Téhéran de jouer la montre dans les négociations internationales visant à le forcer à suspendre son enrichissement d’uranium.

"Une chose est claire, les Iraniens poursuivent leur politique destinée à gagner du temps et jusqu’à présent ils ont réussi", a-t-il encore estimé.

"Nous savons tous que le temps est un élément décisif dans notre capacité (…) à supprimer la menace iranienne".

"Et la marge de manœuvre s’est réduite et, je pense, est prête à se refermer", a-t-il dit. "C’est une course contre la montre", a-t-il ajouté, se disant favorable à une solution diplomatique, tout en se refusant à écarter toutes les options, y compris l’option militaire.

Date butoir

Le délai imparti à la république islamique court mathématiquement jusqu’à samedi mais pourrait cependant bénéficier de plus de flexibilité. "Il n’y a pas de limite véritablement. On a dit que c’était quinze jours. Mais ce n’est pas à 24 heures près" pour les européens, premiers instigateurs de cette offre de coopération.

"Nous espérons avoir une réponse claire, que ce soit aujourd’hui ou demain. Mais si elle vient lundi, quelle différence ?", a ajouté un de leurs diplomates.

L’important paraît en effet résider dans la réponse elle-même et dans sa clarté.

Les Iraniens "vont au-devant de conséquences négatives s’ils ne donnent pas une réponse positive à l’ensemble de nos très généreuses mesures incitatives, et cela pourrait être sous la forme de sanctions", a prévenu la porte-parole de la Maison Blanche.
Elle a admis qu’il était "très difficile" de discerner les intentions iraniennes. Elle a fait valoir que les Iraniens étaient "un peu imprévisibles" et qu’au cours des derniers jours, ils avaient émis des signaux "brouillés".

"Double gel"

Après une rencontre avec le négociateur iranien à Genève le 19 juillet, les cinq membres du Conseil de sécurité et l’Allemagne avaient accordé deux semaines à Téhéran pour donner une réponse claire aux mesures de coopération économique et politique qu’ils avaient présentées à l’Iran, contre la suspension de l’enrichissement d’uranium.

Les "P5+1" s’inquiètent que l’Iran ne détourne l’enrichissement pour avoir la bombe atomique. Le régime islamique dit vouloir produire de l’électricité et défie depuis des années les pressions internationales, trois trains de sanctions du Conseil de sécurité et des mesures de rétorsion américaines et européennes.

"Evoquer une date-butoir n’a pas de sens pour nous", a déclaré jeudi le ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki, expliquant que son pays avait déjà répondu.

Devant le blocage de la situation, le diplomate en chef de l’Union européenne, Javier Solana, propose un "double gel": dans une phase de pré-négociations, l’Iran accepterait de maintenir son programme d’enrichissement à son niveau actuel; les Six renonceraient à durcir les sanctions existantes. Ensuite, l’Iran devrait suspendre l’enrichissement d’uranium pour que commencent de véritables négociations.

Pour, dit-elle, montrer son "sérieux" et sa volonté de résoudre la querelle par des moyens diplomatiques, l’administration Bush a rompu avec ses pratiques antérieures et a envoyé un diplomate de haut rang, William Burns, à la réunion de Genève.

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