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Iran: fortes pressions de Paris pour de nouvelles sanctions européennes

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PARIS, 3 janvier 2012 (AFP):  Par Philippe RATER avec les bureaux européens de l’AFP – La France a exhorté mardi une Union européenne divisée à suivre les Etats-Unis et à adopter de nouvelles sanctions financières et pétrolières contre l’Iran, accusé de continuer à vouloir acquérir l’arme nucléaire.

« La France, sans fermer la voie de la négociation et du dialogue avec l’Iran, souhaite que nous durcissions les sanctions » contre l’Iran, a déclaré le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, à une chaîne de télévision française, I-télé.

« L’Iran poursuit la mise au point de son arme nucléaire » et « il n’y a pas de doute là-dessus », a-t-il assuré, en rappelant que le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) est « assez explicite ».

Les Occidentaux accusent Téhéran depuis la relance en 2005 de ses activités nucléaires de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme civil. L’Iran, qui fait déjà l’objet de multiples sanctions internationales, dément avoir une telle intention.

En fin d’année dernière, les Etats-Unis ont renforcé leurs sanctions contre le secteur financier de l’Iran, via le gel des avoirs de toute institution financière étrangère qui commercerait avec la Banque centrale iranienne dans le secteur du pétrole.

Paris aimerait bien que l’UE suive cette direction coercitive. « Nous souhaitons que les Européens, d’ici le 30 janvier, prennent une mesure équivalente pour bien montrer notre détermination », a dit mardi Alain Juppé.

Fin 2011, le président français Nicolas Sarkozy avait appelé à un gel des avoirs de la Banque centrale iranienne et à un embargo sur les exportations de pétrole iranien.

Au sein de l’Union européenne, les discussions sont cependant plutôt ardues et la recherche d’un consensus apparaît difficile, même si le ministère français des Affaires étrangères a fait part mardi de son « bon espoir d’aboutir sur ces deux éléments » en fin de mois.

Le porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron, s’est montré plus circonspect. « La question d’un embargo sur le pétrole et le gaz sera étudiée et discutée par les ministres des Affaires étrangères » de l’UE le 30 janvier, a-t-il déclaré mardi.

De facto, la Grande-Bretagne a une bonne longueur d’avance sur ses homologues européens, avec la rupture décidée en novembre par Londres des liens avec les banques iraniennes, dont la banque centrale.

Selon une source diplomatique européenne, Berlin refuse de viser trop directement la Banque centrale iranienne. Le 1er décembre, Alain Juppé avait reconnu de son côté que la Grèce avait « émis un certain nombre de réserves » sur des sanctions touchant le pétrole.

En 2010, l’UE avait acheté 18% du pétrole iranien vendu dans le monde, le reste allant principalement en Asie.

La Grèce est assez dépendante du pétrole iranien qui couvre environ un tiers de ses besoins, confirme-t-on de source diplomatique grecque.

Outre la Grèce, le pétrole iranien va notamment à l’Italie, l’Espagne et la Belgique, et dans une faible mesure à la France (2% de ses importations). Via une activité trading (négoce), à Genève, le groupe français Total a acheté en 2010 à Téhéran environ 5,5% des exportations de pétrole iranien.

Il y a un mois environ, le PDG de Total, Christophe de Margerie, estimait qu’en tout état de cause un éventuel embargo de l’UE n’aurait pas « un impact majeur sur l’Iran », dont l’or noir se vendrait rapidement ailleurs.

Favorable à de nouvelles sanctions, l’Italie, qui importe d’Iran 13% de son brut, demande pour sa part qu’un éventuel embargo n’inclue pas le pétrole livré par l’Iran comme moyen de paiement au groupe pétrolier italien ENI. Le nouveau chef du gouvernement italien, Mario Monti, a très récemment justifié cette requête par le fait que ces livraisons ne donnent pas à Téhéran, selon lui, « davantage de ressources financières ».

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