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Iran : des milliers d’étudiants scandent « Mort au Dictateur »

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Iran Focus, 8 décembre 2008 – Des heurts ont éclaté entre les forces de sécurité et les étudiants samedi 20 décembre dans la soirée. Les agents de renseignement ont opéré des descentes aux domiciles de plusieurs étudiants militants à Téhéran, avec perquisitions et saisies de biens, suivies d’arrestations. Samedi soir également dans la capitale, trois étudiants activistes ont été arrêtés par les services de renseignements à leur sortie de l’université.

Pour faire face aux manifestations étudiantes en faveur de la liberté, le régime a voulu organiser une contre manifestation de 5000 miliciens devant l’université. Cependant dimanche matin, il n’avait pas réussi à rassembler plus de 150 agents de renseignement et miliciens amenés en autobus depuis la province. Or, selon les informations reçues des sources de la résistance en Iran, ils n’ont rien pu faire face aux vagues d’étudiants protestataires.

Les agents de sécurité se sont opposés à l’entrée sur le campus d’étudiants venus toutes les facultés, en créant de multiples obstacles et contrôles. Les agents ont aussi empêché la population de se joindre aux manifestations étudiantes, en menaçant ouvertement de procéder à des arrestations et des emprisonnements.

Malgré tout, la manifestation étudiante a finalement eu lieu rythmée de retentissants « Mort au Dictateur », « Les étudiants préfèrent la mort à l’humiliation », « Nous sommes des hommes et des femmes de combat, venez vous battre et nous vous combattrons ». Les unités anti-émeutes ont alors encerclé l’université et déclenché des heurts.

Les forces de sécurité sont aussi entrées sur le terrain pour procéder à des matraquages et des arrestations. Les étudiants ont entonné le très populaire « mon camarade de classe » et l’hymne national interdit « Iran, terre de joyaux », tout en défilant. Cherchant à empêcher la population de les rejoindre, les forces de sécurité avaient stationné de nombreux bus devant l’université pour former une barrière de séparation. Les Téhéranais ne pouvaient qu’entendre les cris et les slogans des manifestants.

Une loi martiale officieuse est entrée en vigueur à l’université à 20h00. Le colonel Zamani, chargé de la répression des protestations ouvrières, et le colonel Motahari, deux criminels bien connus de la sécurité, marchaient de long en large devant l’université munis de portables et d’autres équipements, chargés du commandement d’innombrables agents. Des agents en civil et des forces de sécurité dans les avenues Karegar, 12-Favardine et 16 Azar menaçaient et arrêtaient les passants. Des agents du renseignement arrêtaient les passants munis d’appareils photo ou de téléphones portables pouvant photographier, leur mettant des menottes et les embarquant.

Des centaines d’étudiants protestants contre le couvre-feu à l’université, ont marché vers l’entrée de l’avenue du 16 Azar, et après avoir démoli le portail, ont permis aux autres étudiants de pénétrer sur le campus. A ce moment les étudiants se sont mis à crier « Canons, fusils, miliciens ne servent plus à rien », « eh peuple ! Pourquoi ce silence ? L’Iran est devenu une Palestine », « Mahmoud Ahmadinejad : Source de corruption et de discrimination », et « Libérez les étudiants emprisonnés ».

Le cortège s’est ensuite dirigé vers le lieu de détention de trois de leurs camarades. Ils ont menacé de briser les portes et de les libérer de force s’ils n’étaient pas relâchés. Craignant une confrontation, quelques minutes plus tard, les agents les ont libérés.

Outre l’ampleur des protestations à l’université de Téhéran, les étudiants courageux d’Ispahan, de Tabriz, d’Hamedan, de Babol et Babolsar, Oroumieh, Qazvine, Chiraz, Ilam, Birjand, Sanandaj et Bou-Ali Sina de Hamedan, ont commémoré la Journée des Etudiants par des protestations contre la politique de répression du pouvoir en Iran.

Face à la tension des protestations croissantes, les autorités du régime ont évité de se montrer aux réunions prévues à cette occasion dans diverses universités. Le guide suprême, Ali Khamenei, attendu à la faculté des Sciences et de l’Industrie, a annulé sa visite. L’ancien président iranien, Mohammad Khatami, qui avait annoncé un discours à l’université de Téhéran dimanche, a lui aussi annulé sa venue après des informations sur les vastes protestations contre le régime.

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